Parrot : "Nous lançons un drone dédié à l'agriculture"

Parrot : "Nous lançons un drone dédié à l'agriculture"

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TECHNOLOGIES - Connu pour son AR.Drone grand public, Parrot va profiter du salon de l'Agriculture pour proposer un drone dédié aux exploitants. Son fondateur Henri Seydoux explique à metronews les enjeux de cette nouvelle activité.

Au CES de Las Vegas en janvier dernier, vous aviez évoqué les projets de Parrot dans l'agriculture. Où en êtes-vous ?
Parrot présentera au salon de l'Agriculture son premier drone dédié à ce secteur sur le stand de l'INRA. Ce domaine est très important pour nous.

A quoi servira concrètement votre solution ?
Elle permet notamment de faire des photos aériennes de grande précision pour un coût dérisoire. On peut ainsi facilement observer un champ de colza à toutes les étapes de sa croissance. Son capteur photo peut réaliser des clichés en couleur normale, mais aussi en infrarouge. L'agriculteur peut de cette manière doser la quantité d'engrais pour chaque parcelle. C'est non seulement plus économique, mais aussi écologique puisqu'on réduit les quantités d'engrais utilisées.

Parrot est plutôt connu pour ses produits grand public. Cette arrivée sur le marché professionnel sera-t-elle difficile ?
En fait, nous sommes déjà présents sur ce marché. Il y a 18 mois, nous avons racheté la société suisse senseFly qui le connaît très bien puisqu'elle fabrique des drones dédiés aux géomètres. Ils permettent de réaliser des photos très précises en trois dimensions. C'est cette technologie que nous utiliserons sur le modèle dédié aux agriculteurs. Elle sera couplée à des logiciels développés par des partenaires.

Combien coûtera cette solution ?
Un prix raisonnable que je ne peux pas encore communiquer. A titre indicatif, une heure de vol coûte moins de 20 euros pour un drone. Les avions ou les hélicoptères qui réalisent actuellement des photos aériennes s'approchent plutôt du millier d'euros de l'heure. Les agriculteurs pourront donc utiliser ces drones directement ou faire appel à des entreprises qui proposent ce service.

Il existe déjà des solutions équivalentes dans le domaine agricole. N'avez-vous pas peur de cette concurrence sérieuse ?
La concurrence est toujours sérieuse, mais c'est un marché en devenir, ce n'est plus une simple hypothèse. Les facteurs de croissance sont difficiles à estimer, mais je suis persuadé que le marché va croître.

Un lycéen a récemment été convoqué au tribunal de Nancy pour avoir survolé l'agglomération avec un drone. La législation actuelle est-elle favorable à ces nouveaux usages ?
Le cadre légal reste à préciser, mais on ne peut évidemment pas tout faire avec son drone. Aux utilisateurs de respecter ce que la loi leur permet de faire. Sinon, ce serait comme interdire les pistolets en plastiques aux enfants sous prétexte qu'ils incitent à la violence. Actuellement on ne peut par exemple pas survoler un ministère ou une agglomération.

Vous vendez des accessoires Bluetooth, des drones, des enceintes, des capteurs pour plantes et maintenant des drones professionnels. N'avez-vous pas peur de vous éparpiller ?
Non, car nous suivons plusieurs règles. Depuis vingt ans, nous concevons des systèmes main-libre pour voiture. Dans cette logique, nous avons fabriqué d'autres accessoires pour téléphones, comme des systèmes audio ou des jouets tels que l' AR.Drone , toujours dans une optique grand public. Et quand nous voulons nous adresser un autre marché, nous procédons à une acquisition, comme avec senseFly.

Quel est votre fil conducteur ?
Notre principale motivation est de ne proposer que des produits uniques. Nous avons par exemple vu fleurir au dernier CES de nombreux bracelets connectés. Vous pouvez donc être sûr que Parrot n'en lancera jamais. On ne veut pas ne pas être innovateur, nous voulons faire des produits que les autres ne font pas, que ce soit Apple ou Google.

Aucune chance alors de voir un jour un smartphone Parrot ?
Aucune, c'est un sujet tabou chez nous.

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