Philae a repéré des molécules organiques sur la comète Tchouri

Philae a repéré des molécules organiques sur la comète Tchouri
High-tech

ROSETTA - Le flair de la sonde Philae, qui s'est posée la semaine dernière sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, a détecté la présence de molécules carbonées dans l'atmosphère.

Si la sonde Philae est désormais en hibernation, faute d'exposition suffisante aux rayons du Soleil pour recharger ses batteries, elle a eu le temps de transmettre tout un tas de données aux équipes scientifiques sur Terre peu après son atterrissage sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. Dans un rapport d'étape, l’Agence spatiale allemande (DLR) indique que l'atterrisseur a "reniflé" la présence de molécules organiques dans l'atmosphère de la comète. En l'occurrence, il s'agirait de carbone.

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L'atterrisseur Philae est en effet doté d'un "nez", qui a été développé en partie par des équipes françaises. Le module, prénommé COSAC, a été élaboré en collaboration avec l’université de Nice-Sophia Antipolis. Celui-ci est capable de détecter la présence - ou l'absence - de molécules organiques, même en concentration très faible, dans une atmosphère.

Et concernant "Tchouri", il y aurait donc des molécules carbonées basiques. Quel intérêt de rechercher ce type d'éléments ? Ils sont nécessaires à tout développement d'une vie - sous quelque forme que ce soit - sur une planète. Sans que cela signifie que cela ait eu lieu ou puisse avoir lieu un jour. La présence de ces molécules, dont les données envoyées par Philae nécessitent encore des analyses, n’est pas une surprise pour les scientifiques qui s'attendaient à en trouver. Reste à savoir s'il s'agit simplement de méthane (ou d'un dérivé) ou de composés plus élaborés - et donc plus intéressants - comme des acides aminés, que l'on trouve à l'origine du développement des protéines. A priori, il s'agirait ici de molécules complexes (plus d'un atome).

Philae pourrait sortir de son état végétatif au printemps 2015

En revanche, l'échantillon du sol de la comète, prélevé par Philae avant que la sonde ne plonge dans le "coma", ne donne rien pour l'heure. "Le signal est soit très faible, soit inexistant", explique Michel Cabane, chercheur au LATMOS (IPSL), membre de l'équipe de l'instrument COSAC, rapporte Le Figaro . Le prélèvement ne s'est pas correctement déroulé (le marteau de la sonde ne s'est enfoncé que de quelques millimètres) ? L'échantillon est-il sans intérêt ? Difficile de le dire depuis la Terre. "Tout cela se passe à 500 millions de kilomètres, ce n'est pas facile d'arriver comme cela à une conclusion catégorique. Nous saurons probablement en début de semaine prochaine à quoi nous en tenir", ajoute Michel Cabane.

Pour l'heure, Philae est en sommeil, sur une comète où la température se situe autour de - 150 °C. Elle pourrait éventuellement sortir de son état végétatif au printemps prochain, si elle parvient à accumuler suffisamment d'énergie là où elle se trouve. Patience est mère de sagesse.

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