PlayStation, Xbox, Twitch, Ubisoft, Pokémon GO… Les ténors du jeu vidéo s'unissent contre le changement climatique

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ACTIONS – Alors que le sommet sur le climat se tient actuellement à l’ONU, les principaux acteurs de l’industrie du jeu vidéo se sont engagés à leur tour contre le changement climatique. A travers les consoles, les jeux ou en plantant des arbres, ils ont annoncé des mesures pour réduire leurs émissions de CO2 et faire aussi bouger les mentalités.

A eux tous, ils peuvent potentiellement toucher plus de 900 millions de personnes avec un seul message. Celui d’agir ensemble contre le changement climatique et pour la planète. Les mots, c’est bien. Les actions, c’est mieux, surtout quand l'activité du jeu vidéo est basée sur du matériel, des serveurs ou du plastique. 

Un récent rapport estimait que les consoles de jeux émettaient autant de CO2 que 2,3 millions de voitures chaque année, soit 12 millions de tonnes. Une industrie vidéoludique accusée de contribuer à 2% de l’ensemble des émissions dans le monde en 2009. Et 10 ans plus tard, alors que le jeu vidéo est devenu l’un des principaux biens culturels sur la planète, le chiffre pourrait être encore plus affolant. Mais celui-ci a aussi des arguments pour ne pas se lancer à l’aveugle dans une cause qui tient désormais à cœur à une bonne partie de ses jeunes joueurs (un sur cinq à moins de 21 ans).

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Impliquer, inspirer, captiver face à l’urgence climatique

Lundi, les principaux acteurs du secteur du jeu vidéo, unis sous la bannière Playing for the Planet (Jouer pour la planète), ont donc pris l’engagement auprès de l’ONU d’agir pour la planète et de sensibiliser les joueurs à l’urgence climatique. Au total, on dénombre 21 ténors, de Sony à Microsoft en passant par Ubisoft, Google Stadia et d’autres éditeurs qui visent une réduction de 30 millions de tonnes de CO2 d’ici 2030. A noter que Nintendo ne fait pas partie des signataires.

Vidéo de présentation de Playing For The Planet (en anglais)

Une étude de Playing for the planet avait déjà montré que le jeu vidéo pouvait avoir "un impact réel sur les objectifs de développement durable et les besoins mondiaux urgents". "Cette industrie a la capacité d’impliquer, d’inspirer et de captiver l’imagination de millions de personnes dans le monde. Cela en fait un partenaire extrêmement important pour faire face à l'urgence climatique", explique Inger Andersen, directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). 

Réduction des émissions de carbone, changements des mentalités, des structures, apports dans la durabilité… les leaders de l’industrie vidéoludique ont annoncé chacun leurs actions à venir. La future console PlayStation 5 de Sony, attendue pour 2020, devrait ainsi bénéficier d’une technologie d’économie d’énergie en mode veille, faisant drastiquement diminuer son empreinte carbone. Son principal concurrent Microsoft a quant à lui annoncé l’élargissement de son engagement pris en 2012 en faveur de la neutralité carbone pour ses consoles et jeux. L’opération "Carbon Neutral" va faire en sorte que 825.000 consoles Xbox qui sortiront d’usines soient "sans émission de CO2". 

Plantation d'arbres, "idées vertes" et jeux écologiques

Certains signataires ont aussi prévu la plantation d’arbres et la restauration de forêts du monde pour compenser les émissions de leurs jeux. L’opération Build a Better World de Minecraft, le jeu aux centaines de millions de joueurs, incite ces derniers à utiliser les ressources naturelles dans le jeu pour leurs constructions. Fortnite avait aussi lancé une campagne similaire avec WWF à plusieurs reprises pour changer les mentalités des joueurs lors d’opérations spéciales.

Et il est aussi question d’"engagements verts". Google Stadia, le futur service de cloud gaming, veut par exemple opter pour la rédaction d’un guide et le développement de jeux durables, dans lesquels seront intégrées des "incitations vertes". Ubisoft (Assassin’s Creed, Just Dance…) va développer des "thèmes verts" dans ses jeux, mais aussi se procurer des matériaux auprès d’usines respectueuses de l’environnement. Sports Interactive (Football Manager) a pris la décision d’éliminer 20 tonnes d’emballages en optant pour du matériel recyclé pour ses boîtes.  Twitch, la plateforme de streaming vidéo, a prévu la diffusion de messages auprès de sa communauté quand lej eu Pokémon Go (Niantic) va multiplier les actions de jeu autour des questions de développement durable. 

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Quid des datacenters ?

"Le jeu vidéo peut sembler un allié improbable dans cette bataille, mais cette Alliance est une plate-forme essentielle où nous pouvons tous jouer les fervent partisans, susciter la curiosité et engager les conversations partout où les gens se trouvent," résume Mathias Gredal Norvig, PDG de Sybo (Subway Surfer). "Avec 2 milliards de personnes qui jouent à des jeux vidéo", le support "a une portée inégalée."

Des actions respectables, répondant à des interrogations du moment et à des questions sociétales autour des problèmes environnementaux, mais qui sont aussi pour beaucoup difficiles à quantifier. Et un problème ne semble pas forcément avoir trouvé de solution : à l’heure de la dématérialisation du jeu vidéo et avant l’avènement du jeu en streaming dans le cloud, les serveurs et autres datacenters sont de plus en plus puissants, de plus en plus sollicités. Et parmi aussi les plus gros émetteurs de CO2 sur la planète. Certains optent pour une mise au vert des installations, mais pas sûr que cela soit suffisant.

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