Presque trois ans après sa fermeture, la nostalgie Megaupload perdure

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EXCLU METRONEWS - Alors qu’il a fermé il y a bientôt trois ans, le site Megaupload est toujours aussi présent à l’esprit des internautes. D’après une étude réalisée par l’Hadopi et que metronews a pu consulter en avant-première, les adeptes du téléchargement illicite sont perdus parmi les offres actuelles. Un vide qui en a même incité certains à se tourner vers des offres de téléchargement légal.

Il y a bientôt trois ans, le site de téléchargement illégal Megaupload était fermé par le département de la justice américain. Tout le monde se souvient de ces images datant de janvier 2012 : la police débarquait en force dans la résidence néo-zélandaise de Kim Dotcom et arrêtait le fondateur de ce site. L’opération avait entraîné un vif débat à l’époque. Les adeptes de Megaupload criaient au scandale, tandis que les ayants droit se félicitaient de la fermeture de l’une des principales sources de piratage.

Mais personne n’imaginait forcément que cette fermeture allait perturber autant les internautes friands de séries et films gratuits. C’est ce que montre une étude qualitative réalisée par l’institut CSA pour l’Hadopi et que metronews a pu consulter en avant-première. Pour les personnes interrogées — des adeptes du téléchargement illicite de films, séries et musique âgés de 15 à 39 ans et répartis en six groupes de travail — la fermeture de Megaupload a été un choc dans leurs habitudes de consommation.

« J’avais l’impression que mes copines allaient pleurer »

« Quand ils ont fermé Megaupload, ça a été le désespoir », explique par exemple un internaute interrogé. Un autre renchérit : « Le deuil, le néant, l’abandon, le krach boursier, le Jeudi Noir ». Une autre témoigne : « On m’a dit ça quand je suis arrivée au collège, j’étais un peu indifférente mais j’avais l’impression que mes copines allaient pleurer ». Malgré l’émotion, Kim Dotcom garde tout de même une image contrastée : à la fois Robin des Bois qui met la culture à portée de tous et personnage n’ayant comme motivation que l’appât du gain.

Mais c’est surtout l’après Megaupload qui est difficile à gérer pour ses adeptes. Le vide laissé par la fermeture du site n’est toujours pas comblé à leurs yeux, malgré la multiplication des sites de téléchargement direct : « Depuis la fermeture de Megaupload, il n’y a pas un seul nom qui ressort, on ne s’en rappelle plus, je n’arrive pas à retenir un seul nom ! », s’étonne un internaute. Cette baisse de lisibilité de l’offre de téléchargement illicite inquiète ceux qui le pratiquent, notamment par peur des virus informatique qui peuvent traîner sur ce genre de sites.

De quoi en pousser certains à tester des offres légales : « L’autre jour, je me suis même surprise à acheter légalement un film à trois euros ; c'est vraiment plus facile qu’avant, les plateformes de téléchargement se sont démocratisées », s’étonne une internaute. « Dans les repas de famille, ça devient fun de dire qu’on télécharge légalement. Les gens disent que c'est bien », s’amuse même une autre personne interrogée. Mais si ce transfert vers les offres licites est réel, il reste encore limité : un mois après la fermeture de Megaupload, un sondage réalisé par l’Ifop montrait que seuls 32 % des utilisateurs du site avaient abandonné les services de téléchargement illicites.

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