Reed Hastings (PDG de Netflix) : "Nous sommes un outil de lutte contre le piratage"

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VIDÉO À LA DEMANDE – Netflix arrivera en France le 15 septembre prochain. En attendant son lancement, metronews s'est entretenu avec le PDG et fondateur de la société américaine. Il répond aux nombreuses interrogations que suscite la disponiblité de son service en France.

Êtes-vous confiant quant à votre lancement en France ?
Je pense que ce sera un succès, mais nous ne réfléchissons pas à court terme. Nous sommes un service disponible dans le monde entier pour encore quelques décennies, donc nous ne nous focalisons pas seulement sur les trois premiers mois de la première année. Nous cherchons avant tout à avoir une bonne réputation, faire en sorte que notre plateforme fonctionne bien, que le service client soit à la hauteur, qu'il soit facile de s'inscrire. Nous veillons à ce que notre contenu soit meilleur d'année en année en apprenant au fur et à mesure ce que les gens regardent.

Combien de clients espérez-vous conquérir dans l'Hexagone ? 
Aux Etats-Unis nous avons séduit un tiers des ménages en sept ans. Nous réfléchissons donc sur le long terme, sur 5 ou 10 ans. Un tiers des foyers français serait donc un bon objectif. Sur la première année, notre seul but est d'acquérir une bonne réputation. Que chaque personne qui utilise Netflix aime le service, car avec de solides fondations, il est plus facile de grandir.

Pourquoi avoir choisi septembre 2014 pour lancer Netflix ici ? 
Elle correspond au moment où nous serons tout simplement prêts en termes de contenu. On aurait pu arriver avant, mais nous avons préféré d'abord apprendre avec les pays nordiques et les Pays-Bas pour être prêt et faire un bon travail.

Comment voyez-vous la concurrence en France ?
Avant que nous nous installions dans chaque pays, les diffuseurs existants sont habituellement effrayés par l'arrivée de Netflix. Et quand nous arrivons, les gens réalisent que cela ne change pas grand-chose. Deux exemples : aux Etats-Unis où nous avons 35 millions d'abonnés sur une centaine de millions de ménages, le nombre d'abonnés au câble ou au satellite n'a pas changé. Au Canada, où il y avait beaucoup de nervosité avant l'arrivée de Netflix, quand nous nous nous sommes lancés il y a trois ans, cela n'a pas chamboulé le nombre d'abonnés des fournisseurs d'accès locaux comme Rogers ou Bell. Nous ne sommes qu'un canal de distribution supplémentaire, nous sommes surtout en concurrence avec le piratage. Au Canada il était très important et depuis le lancement de Netflix, il baisse.
 
Comment comptez-vous faire la différence par rapport aux services de vidéo à la demande par abonnement qui existent déjà chez nous ? 
Internet nous amène dans une compétition qui permet plus de choix pour les consommateurs. C'est vrai pour Amazon et Netflix, mais aussi Spotify ou Deezer. Il y a maintenant de nombreux nouveaux modèles, que ce soit pour la musique, les livres et donc les séries et les films. Mais nous comptons nous différencier sur deux choses en particulier. Tout d'abord sur notre contenu exclusif comme nos séries originales, mais aussi notre savoir-faire technique qui permet de rendre le streaming et la personnalisation plus performants. Pour faire un parallèle, c'est un peu ce qui différencie Gmail des comptes e-mail des fournisseurs d'accès de chaque pays.
 
Comment allez-vous communiquer dans notre pays ? 
La majorité de notre budget sera dépensée pour le contenu et non pas la communication. Nous pensons que les premiers utilisateurs connaissent déjà Netflix. Après, nous comptons sur le bouche-à-oreille.

En dehors des films et des séries, prévoyez-vous de proposer d'autres types de contenu ?
Nous proposons aussi des documentaires et des spectacles, mais pas de sport, pas de clips. C'est un choix de notre part, nous préférons investir à fond sur les séries et le cinéma. Nous n'avons pas d'argent à dépenser pour d'autres choses.

Prévoyez-vous l'ouverture d'une filiale en France ?
Notre siège européen est à Amsterdam. Nous aurons certainement un petit bureau en France, mais le principal sera au Pays-Bas. Le contenu y est géré, car nos accords sont passés à l'échelle européenne. Il n'y aura par exemple pas de directeur général pour la France, car nous n'en possédons dans aucun pays. L'investissement principal en France sera donc une série locale, la distribution de contenu en provenance de studios comme Gaumont et des investissements marketing et publicitaire.

On connaît encore mal l'entreprise Netflix en France. Combien d'employés avez-vous à votre siège de Los Gatos en Californie ?
Environ 1 300 employés entre Los Gatos et nos bureaux à Beverly Hills où y travaille environ un tiers d'entre eux. A Beverly Hills nous gérons notamment les accords de contenu et le marketing.

Pour tout savoir sur Netflix :

- Netflix en France en 10 questions
- Netflix : "Les séries repésentent deux tiers des contenus visionnés"
- "Netflix a diffusé 6,5 milliards d'heures de programmes au premier trimestre"

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