RGPD : l'Europe ouvre une enquête après le piratage de Facebook

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JUSTICE – Facebook pourrait devenir la première entreprise à faire les frais de l’application du règlement européen de protection des données (RGPD). La Commission irlandaise de protection des données, régulateur européen du web, a en effet décidé d’ouvrir une enquête après le piratage de 50 millions de comptes d’utilisateurs, dont cinq millions d’Européens.

On ne badine pas avec les données personnelles des Européens. Facebook pourrait l’apprendre à ses dépens. Quelques jours après avoir reconnu le piratage de 50 millions de comptes utilisateurs -dont 5 millions en Europe- en raison d’une faille de sécurité, le réseau social va devoir répondre de ses pratiques devant la Commission irlandaise de protection des données (DPC). 


Cette dernière, qui agit en tant qu'interlocuteur européen de Facebook, a en effet décidé d’ouvrir mercredi soir une enquête pour non-respect du règlement européen sur la protection des données (RGPD).  Son objectif : "Vérifier si Facebook a rempli ses obligations (...) de protection des données". Rappelons  que des pirates sont parvenus à s’emparer des clés numériques d’identification des utilisateurs qui permettent de rester connecté en permanence. Facebook a assuré avoir colmaté cette brèche sécurité.

Facebook assure collaborer à l'enquête

Après avoir perdu des millions d'utilisateurs après son entrée en vigueur en mai dernier, la firme de Mark Zuckerberg pourrait donc devenir la première à faire les frais de l’application du RGPD. La DPC avait  notamment fait état en début de semaine du manque d’informations reçues après l’annonce du piratage et du fait aussi qu’elle avait dû en faire la demande alors que le RGPD impose justement aux entreprises de signaler tous soucis dans les 72 heures.


Facebook, dont le siège européen se trouve en Irlande, a précisé avoir "informé la DPC que son enquête interne se poursuivait et que l'entreprise continuait à prendre des mesures correctives pour atténuer les risques potentiels sur les utilisateurs". Le groupe indique coopérer à l’enquête du régulateur européen. Ce dernier veille à la protection des données personnelles des Européens, au contrôle et à l’application d’obligations pour les entreprises dans le traitement des données. Il peut sanctionner en cas d’infractions constatées.


En cas d’infraction aux exigences de sécurité imposées par le RGPD, Facebook risque d'écoper d’une très grosse amende pouvant représenter jusqu’à 4% de son chiffres d’affaires, mais dans une limite plutôt possible de 20 millions d’euros, à moins de circonstances exceptionnelles. En 2017, les revenus de Facebook se sont montés à plus de 40,6 milliards de dollars.   

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