Runkeeper et Happn épinglées pour non-respect de la vie privée

Runkeeper et Happn épinglées pour non-respect de la vie privée
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GEOLOCALISATION - Le Conseil Norvégien des consommateurs vient de déposer une plainte contre la société à l’origine de RunKeeper, une application très prisée des adeptes du running. Elle serait notamment pointée du doigt, parmi d'autres applications, pour avoir revendu abusivement les données de géolocalisation d’usagers à des entreprises basées aux États-Unis.

Capable de fournir un suivi de vos activités sportives, avec tracé GPS à l’appui, comptage des calories brûlées, cumul des kilomètres parcourus et vitesse moyenne par km/h, l’application RunKeeper, développée par la société FitnessKeeper, fait partie des plate-formes les plus utilisées par les coureurs. Elle comptabilise plus de 10 millions de téléchargements sur le Google Play Store et près de 30 millions depuis la bibliothèque iTunes, sur iOS.

Objet d’un dépôt de plainte récent de la part du Conseil Norvégien des consommateurs, l'application a été condamnée après avoir subi un test mené sur 48 heures. A l'issue de celui-ci, il s'est avéré que des informations de géolocalisation continuaient d'être transmises tandis que l'application était inactive. Elle conservait également les données des usagers à durée indéterminée. Et ce, même en cas de clôture du compte. Des agissements similaires ont été remarqués de la part des applications de rencontre Tinder et Happn.

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 Un avertissement, mais aucune sanction possible
Aucune sanction ne risque de venir menacer la société en Europe, car, ne disposant pas de filiale française, elle tombe sous le joug des autorités américaines. Mais l'avertissement de la Norvège reste fort et la CNIL, saisie du dossier, pourrait exiger qu'elle se conforme aux directives européennes, pour assurer la protection des utilisateurs. Ou qu'elle sollicite leur consentement. Concernant l'application Happn, une commission a été ouverte en février dernier auprès de la CNIL à l'initiative de l'UFC-Que Choisir. (Edit : ce qui n'est pas le cas de Tinder pour le moment).

Car les données ainsi transmises sont récoltées par des entreprises tierces aux Etats-Unis, intéressées par l'exploitation et la revente de ces informations à forte valeur ajoutée, car révélatrice des "routines" des usagers. Ce qui est étonnant, c'est que RunKeeper ne faisait pas partie du Safe Harbor. Cet accord passé entre les principaux grands groupes et multinationales de la sphère high-tech (Microsoft, Facebook, Amazon, Google) permettait à un panel de plus de 4000 entreprises de revendre vos données personnelles aux Etats-Unis. Un accord invalidé en 2015 mais qui, semble-t-il, a inspiré des pratiques qui ont toujours cours. 

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 Comment se prémunir contre l'exploitation de vos données ?
Ces applications fonctionnant exclusivement sur ce mode de géolocalisation, en l'absence de positionnement formel des autorités administratives telles que la CNIL en France, il vaut donc mieux envisager de s'en passer (et de s'en tenir aux podomètres intégrés dans vos smartphones, tout en désactivant les options de position géographique), si vous ne souhaitez pas être suivi en dehors de vos usages et de la publication de vos succès sur les réseaux sociaux (ce que permet l'application).

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