Ecrans et enfants : pour éviter la passivité, la technologie mise sur le réel et la créativité

Tori
High-tech

EDUTECH – Les écrans sont désormais omniprésents dans notre quotidien et les enfants n’y échappent pas. Amis ou ennemis, tout est une question de philosophie. Au CES de Las Vegas, l’éducation numérique était ainsi au cœur des réflexions. Avec la volonté de rendre l’enfant moins passif face à des écrans qui peuvent s’avérer de précieux compagnons dans son développement.

Les enfants les adorent, les parents aiment moins les voir devant. Pourtant, les écrans sont désormais omniprésents dans le quotidien des familles. On ne cesse de répéter que leur usage doit être limité, jamais avant trois ans et à bon escient.

 

Et avec les possibilités offertes par les technologies, le téléviseur n’est plus le seul à avoir la préférence des enfants. La tablette ou le smartphone sont aussi désormais des solutions de repli pour les parents, souvent par facilité. Une étude parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France (SpF) a même démontré que l’enfant multipliait par six ses risques d’avoir des troubles du langage. Alors, il faut savoir en faire bon usage et, surtout, éviter de les laisser être passifs face aux écrans. 

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Ce n’est sans doute pas sans raison qu’au milieu de l’espace famille du salon CES des nouvelles technologies à Las Vegas, l’Association américaine des orthophonistes et spécialistes de la parole avait la semaine dernière son propre stand pour alerter les visiteurs sur l’importance des interactions familiales en parallèle de l’usage de la technologie.  L’écran sait en effet aussi se muer en allié moderne des apprentissages. Sur le CES, les produits en lien avec l’éducation des enfants étaient ainsi légion, s’appuyant majoritairement, et avec intelligence, sur la tablette. Pour amuser l’enfant, mais aussi le faire progresser dans différents domaines, nourrir sa créativité, enrichir son développement.

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Enfants : écrans le matin, attention danger

Booster la créativité sur et loin de l'écran

Parmi les exposants, Tori a attiré les regards. Ou plutôt ses petits jouets posés à côté d’un iPad dévoilant une application colorée et animée. L’ensemble a été élaboré par la branche européenne de Bandai Namco, spécialiste japonais du jeu vidéo et des jeux basé à Lyon. L’entreprise a reçu le soutien d’experts du développement de l’enfant et de la startup grenobloise Iskn, qui a conçu une tablette-support. Leur but : concevoir un produit qui réponde aux besoins cognitifs et de développement de l’enfant. Tori se compose de trois jouets (une catapulte, un avion et une baguette) qui embarquent un aimant et un Tag RFID pour être reconnus par une tablette au format A4 sur laquelle ils seront posés. Car Tori est avant tout un jouet vidéo qui mise sur la créativité de l’enfant.

La tablette embarque des capteurs qui vont pouvoir numériser le jouet et le faire prendre vie dans le jeu (sur iPad ou smartphone). L’enfant peut aussi fixer des formes cartonnées qu’il aura préalablement coloriées ou bien scanner des photos, de la matière et l’ajouter aux éléments du décor. Tout sera identique à l’écran et dans les quatre jeux proposés. Outre sa créativité, l’enfant va travailler, au fil des jeux, sa dextérité (virtuelle) avec la catapulte, sa logique à travers plusieurs puzzles, la représentation dans l’espace ou encore la compréhension des formes. Le jeu Supreme Builder est une sorte de Minecraft qui plaira aux enfants avec ses modes histoire et construction libre. Un mélange de physique et de digital qui oblige aussi les enfants à ne pas tout miser sur l’écran.

 (Prix : 169 euros – Compatible avec iOS et Android - Dès 6 ans.)

Intégrer du réel dans le virtuel

Mêler jouets en bois et tablette, c’est aussi le but de Marbotic. La startup de Nouvelle-Aquitaine a misé sur les jeux éducatifs pour apprendre à lire et à compter en s’appuyant sur la manipulation des supports physiques sur l’écran. Et pourtant, les pièces en bois ne possèdent aucun composant électronique pour être détectées par la tablette. Cela fonctionne grâce à l’électricité statique produite par le corps humain. Un concept qui a su séduire Apple. Le géant américain promeut Marbotic à l’international.

Voisin bordelais, Dipongo (Prix : gratuit - Disponible sur iOS - Dès 4 ans) veut mettre en valeur la créativité de l’enfant sur support numérique. Pour cela, c’est l’enfant lui-même qui va concevoir son histoire sur tablette ou smartphone, la personnaliser en dessinant les personnages, modelant leurs aventures pour les faire progresser. Un mélange de monde virtuel et de monde réel. La volonté est d'éviter que l’enfant ne soit passif face à l’écran. Il est ainsi incité à s’éloigner de la tablette pour imaginer une solution à son histoire en la dessinant sur une feuille et en la prenant en photo pour l’ajouter ensuite virtuellement. Et les enfants peuvent aller regarder les autres histoires créées via Dipongo.

Une TV spécialement destinée aux enfants

Son concept fera un peu débat. LG a dévoilé lors du CES un téléviseur qui semble destiné aux enfants. Et pour cause : il se mue en table de jeu numérique en basculant de la verticale à l’horizontale. Assez bas en position standard, il arrive à hauteur d’un jeune enfant par la suite. L’écran devient tactile et les enfants ont de nombreuses applications à leur disposition, de dessin, d’écriture, etc. 

Toujours à l'état de prototype, aucun prix ni date de disponibilité n’ont été communiqués pour ce téléviseur. Le modèle devrait être commercialisé dans un premier temps en Corée du Sud.

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