Surdité, dyslexie, rééducation : quand l'innovation combat le handicap

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C'EST POUR DEMAIN - Des capteurs qui transforment la rééducation des enfants en jeu vidéo, une lampe qui aide les dyslexiques à lire et une appli qui permet aux sourds de suivre des conversations à plusieurs. Autant d'innovations françaises qui arrivent à point nommé, alors que se déroule la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées.

Pour rendre de la mobilité à des patients handicapés ou pour se remettre d'un accident ou d'une opération lourde, nombreux sont ceux qui passent par l'étape de la rééducation. Des séances d'ergothérapie astreignantes, répétitives, où les progrès sont souvent lents. De quoi expliquer que les plus jeunes n'aillent parfois pas au bout d'un cycle de rééducation. 

À cela, Ubique, une startup française, a peut-être trouvé une solution. Elle tient dans deux capteurs de mouvement, banals, du genre de ceux que l'on trouve dans votre smartphone ou dans un bracelet connecté. Deux capteurs que l'on peut attacher au membre de son choix, qui vont le transformer en un accessoire de jeu vidéo. Sur smartphone, sur tablette ou sur un écran de télévision, le jeune patient pourra choisir un jeu adapté à son niveau et que chacun de ses mouvements pourra contrôler. De quoi rester concentré dans des séances où chaque mouvement a désormais un résultat immédiat. Le système coûte 120 euros environ, avec un abonnement d'une douzaine d'euros par mois.

Ava, l'app qui entend tout pour vous

Autre handicap, l'un des plus courants: les problèmes d’ouïe,  de la petite difficulté liée à l'âge, à la surdité profonde. Si les sourds de naissance apprennent souvent à lire sur les lèvres, cela ne les aide que dans une conversation en face à face. Dès que trois personnes ou plus se trouvent autour d'une table, difficile de suivre la conversation. Idem pour les simples malentendants, victimes de "l'effet cocktail", quand les conversations se chevauchent et deviennent incompréhensibles.

La solution tient dans un smartphone : elle s'appelle Ava, une application capable de transcrire la conversation, une personne à la fois. Distribuez l'application à chaque participant, qui n'aura qu'à laisser son smartphone devant lui, et la personne sourde ou malentendante pourra voir la conversation transcrite en temps réel sur son écran à elle, chaque phrase étant identifiée avec le nom de celui qui l'a prononcée. De quoi permettre aux sourds de revenir dans la discussion, tant en famille que dans un cadre professionnel. L'application offre gratuitement cinq heures de conversations décodées par mois, comptez une quinzaine d'euros d'abonnement au-delà.

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Une lampe pour aider les dyslexiques à décoder l'écrit

L'innovation la plus surprenante est bretonne. On dirait une lampe de bureau parfaitement normale. Mais elle a été pensée pour un public très précis, les dyslexiques. Si la dyslexie peut prendre plusieurs formes, à des degrés de sévérité divers, beaucoup ont en commun une difficulté à décoder certains mots, un effet miroir où un 'p' devient un 'q', un 'a' devient un 'e', par exemple. Pour les chercheurs, ce serait lié au fait que les dyslexiques n'ont pas un oeil, mais deux, dont les informations sont parfois contradictoires.

L'idée de Lexilight, le nom de la lampe, c'est d'arriver à faire varier plusieurs paramètres de ses diodes LED, principalement leur fréquence de rafraîchissement, assez pour qu'un oeil prenne le pas sur l'autre, et éviter cette confusion. Le procédé semble fonctionner chez près de neuf dyslexiques sur dix. Un investissement, quand même, vu le prix de la lampe, 529 euros. Elle devrait arriver dans le commerce très bientôt.

Rappel : la semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées se déroule cette année du lundi 18 au dimanche 24 novembre.

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