Ses nouveaux smartphones Mate 30 devront s'en passer : Huawei va-t-il pouvoir survivre sans Google ?

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ESPOIR – Malgré le différend entre la Chine et les Etats-Unis et des liens de fait rompus avec Google, Huawei a dévoilé ce jeudi à Munich (Allemagne) ses nouveaux smartphones haut de gamme Mate 30. Des appareils privés donc des services de la firme de Mountain View et sans date de sortie annoncée. Mais le géant chinois continue de croire à une alternative.

Un seul être vous manque et votre smartphone est-il dépeuplé ? Pas forcément, veut convaincre Huawei, malgré les inquiétudes récentes des opérateurs et autres observateurs. Des mois après le début du différend entre Donald Trump et la Chine, tous les yeux étaient tournés ce jeudi vers la keynote du numéro deux mondial du marché des smartphones, pris en otage dans un bras de fer entre les deux superpuissances. Sommé par le président américain de ne plus commercer avec une entreprise chinoise placée sur liste noire pour atteinte à la sécurité de l’Etat, Google a en effet coupé les liens avec Huawei, privant ce dernier de ses services.

Seulement, en mettant son système d’exploitation Android à disposition des principaux fabricants, Google tient aussi une partie de leurs destinées entre ses mains. Et quand le couperet tombe comme pour Huawei, quelles peuvent être les conséquences pour un produit phare ? "Il faut accepter qu’aujourd’hui, c’est différent. Pour la Chine, cela ne change rien. Car les utilisateurs ont l’habitude d’avoir un smartphone sans la suite Google", nous explique-t-on chez Huawei. "Pour l’Europe, nos futurs smartphones ne proposeront pas également la suite Google. Mais il peut néanmoins être envisagé de les sortir sans cela."

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Ce jeudi, Huawei a donc tenu à Munich (Allemagne) sa conférence de présentation de ses nouveaux appareils très haut de gamme, à savoir les Mate 30 et Mate 30 Pro. Le tout sur fond de mystère autour de la présence ou non des applications Google (Maps, Gmail, Docs, Chrome, etc.) ainsi que d’autres applications d’éditeurs américains comme Facebook, Netflix ou encore Twitter, toutes issues du Play Store. 

Mais cela n’inquiète nullement le géant asiatique. "Nous disposons de notre surcouche EMUI 10 qui fait tourner nos smartphones," souligne un porte-parole de la firme de Shenzhen.  "Sur les Mate 30, c’est basé sur Android open source (AOSP, la version libre de droits, ndlr). Il est possible ensuite de télécharger les applis sur internet ou depuis notre galerie". Et le constructeur promet que toutes les mises à jour seront basées sur les toutes dernières disponibles sur AOSP.

Un milliard de dollars pour séduire les développeurs tout autant que les utilisateurs

Et c’est là-dessus que compte Huawei. Les smartphones maison bénéficient déjà des services HMS (Huawei Mobile Services). A l'instar de Google Mobile Services, ceux-ci proposent une suite d’applications vidéo ou musique, un navigateur et un store d’application baptisé AppGalerie qui compte plus de 11.000 applis intégrées. "Nous estimons que 45.000 autres peuvent y être intégrées. Il faut que nous discutions avec les développeurs pour qu’ils acceptent de les basculer aussi sur notre store", souligne Huawei. Pour booster son HMS, Huawei va donc lancer une opération séduction à destination des développeurs en débloquant un milliard de dollars dans une sorte de programme de financement d’applications pour doper son offre, la faire connaître et attirer des partenaires.

Malgré toutes les prouesses technologiques embarquées (5G, quadruple capteur photo, batterie boostée, ultra ralenti…) par les deux nouveaux fleurons, il semble néanmoins difficile d’imaginer que des appareils sans applications Google ni les plus populaires du Play Store puissent trouver preneur en Europe où l’offre est pléthorique et la concurrence féroce, mais avec Android et les services Google compris. 

Certes, Huawei avance que plus de 500 millions de clients utilisent HMS. Mais ils vivent majoritairement en Chine où les Facebook et autres services Google sont inexistants et donc inutilisés. Pas sûr que cela soit donc un argument suffisant pour reconquérir l’Europe. Il reste à espérer que les Etats-Unis lèvent le pied sur les sanctions pour permettre à Huawei d'équiper ses futurs appareils d'Android, dont le smartphone flexible Mate X. Encore plus difficile que d’atteindre la place de numéro un mondial, séduire avec une offre 100% Huawei serait un challenge d’un tout autre niveau.

HUAWEI MATE 30 – Prix : 799 euros – Disponibilité : inconnue

HUAWEI MATE 30 Pro – Prix : 1.099 euros (1.199 euros pour la version 5G) – Disponibilité : inconnue

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