Sledgehammer Games, le nouveau visage de Call of Duty

Sledgehammer Games, le nouveau visage de Call of Duty

REPORTAGE - A la barre du prochain Call of Duty Advanced Warfare, les équipes de Sledgehammer Games ont reçu MYTF1News dans leurs studios de Foster City en Californie. L'occasion de découvrir les hommes derrière l'une des franchises les plus célèbres du jeu vidéo.

A un peu plus de deux mois de la sortie de Call of Duty Advanced Warfare (COD AW), c'est l'effervescence chez Sledgehammer Games à Forster City, au sud de San Francisco (Californie). Dans le studio américain, on effectue les derniers réglages du jeu, on intègre les derniers éléments. Certains peaufinent graphiquement la dernière scène du jeu tandis qu'au studio son, on cale les dialogues et les effets sonores. Le tableau des debugs finit d'égrener les jours avant la date fatidique du zéro défaut qui approche à grands pas.

Mais si l'on ne savait pas l'échéance aussi proche, le calme ambiant laisserait de marbre. Pourtant, c'est la fin imminente de trois ans de travail intense qui se profile à l'horizon. "Tout le monde ici a quelque peu mis sa vie en suspens pour bosser sur Call of Duty. Trois années en voyant peu sa famille, en prenant peu de vacances… Dans quelques mois, on va tous pouvoir se rattraper", explique Glen Schofield, co-fondateur du studio auquel Activision a confié la réalisation du prochain opus d'une saga à succès. En ce lumineux jour d'août, MYTF1News a été convié à visiter les coulisses de fabrication du 11e numéro de Call of Duty.

Si vous vous attendiez à une usine remplie de geeks à lunettes tapotant à toute vitesse sur les écrans, détrompez-vous. Ici, l'open space divisé en pools de travail ressemble à celui de n'importe quelle autre entreprise, les manettes de consoles en plus sur le bureau et des écrans à gogo. Si les femmes sont peu nombreuses, elles apportent elles aussi leur pierre à l'édifice Call of Duty en dessinant les éléments de customisation ou en concoctant ce splendide ciel irisé qui illumine tout un pan de la campagne solo du jeu. "L'ambiance semble plutôt cool là, mais ils sont tous débordés, nous explique Brian Miggels responsable de la communication du studio. Tout le monde y met du cœur pour que le produit soit parfait. Ils s'investissent beaucoup". Tout est d'ailleurs fait pour rationnaliser le temps de présence et même le repas du soir sera livré au sein d'une imposante cuisine toute équipée, avec ses diverses machines à café qui semblent tourner sans jamais s'arrêter.

De deux à 250 personnes en 5 ans

Chez Sledgehammer, ce sont près de 250 personnes qui travaillent à la réussite du projet sous les ordres de Michael Condrey et Glen Schofield, qui déambule dans les locaux sur sa trottinette à moteur, conséquence avant tout d'une récente opération à un genou qui l'handicape encore un peu.

Que l'on aime ou pas les jeux de tir ou la franchise Call of Duty, il faut reconnaître à ces deux-là une véritable passion. Il y a cinq ans, ils ont tout quitté pour créer leur studio avec pour tout projet un Call of Duty qui leur trottait en tête. Ces deux-là auxquels on doit la saga Dead Space forment un tandem efficace, l'un en charge du développement, l'autre du design et de la créativité. Un duo qu'on sent complémentaire, entre le blond Michael Condrey les pieds sur terre, rationnel, et le brun Glen Schofield qui se décrit lui-même comme toujours prompt à s'emballer pour tout, à avoir 1000 idées à la seconde. "Michael est droit et structuré, c'est ça que j'admire chez lui", reconnaît Schofield. "Glen est entier et un peu chien fou, mais avec toujours un temps d'avance créatif sur tout le monde", répond Condre.

De l'humour, mais beaucoup de travail aussi. Car les deux hommes savent la pression qui pèse sur leurs épaules avec ce Call of Duty. Trois ans après avoir été appelé pour soutenir Infinity Ward dans le développement de Call of Duty Modern Warfare 3, Sledgehammer Games a désormais le contrôle total de Advanced Warfare. "C'est un honneur qu'Activision nous ait accordé trois ans pour faire le jeu. On a conscience qu'un délai aussi long est une chance", reconnaît Michael Condrey. Les deux hommes ont investi du temps et de la passion dans le projet avec la confiance totale d'Activision.

Leur idée ? Repenser Call of Duty, en faire quelque chose de différents. Pour les épauler, ils ont rassemblé des fidèles dont plusieurs avaient déjà travaillé avec eux chez Visceral Games. "Nous avons débuté à deux. Nous pensions au mieux attirer deux top ingénieurs avec lesquels nous avions déjà travaillé. Au moins huit ont frappé à la porte ainsi que d'autres créatifs de génie", explique Michael Condrey. Parmi eux, Aaron Halon en charge du développement créatif. "J'étais un gros fan du jeu. Je suis arrivé pour collaborer sur Modern Warfare 3. C'est unique de bosser sur un titre comme Call of Duty et très excitant. Car c'est un jeu que les joueurs attendent. Il y a de la passion, besoin d'être créatif et de se renouveler. Les joueurs sont sensibles à ça. "

En vidéo

Call of Duty Advanced Warfare : les coulisses de la motion-capture

"L'exosquelette, on y avait pensé avant Edge of Tomorrow"

Le cœur de CODAW, c'est l'"advanced soldier", ce soldat du futur équipé d'un exosquelette et de multiples armes. Un homme qui peut bondir plus haut, courir plus vite. Et tout cela a demandé des développements différents. "Cette fois, nous avons voulu un jeu vraiment next-gen (pensé pour PS4 et Xbox One, ndlr) avec une nouvelle expérience de gameplay, plus verticale et diversifiée. On est content d'entendre la comparaison avec Elyseum ou Edge of Tomorrow, mais on y avait pensé avant que ces films ne sortent", martèle Glen Schofield.

Si le jeu fourmille d'idées, c'est aussi parce que les dirigeants ont mis les équipes à contribution lors d'une "game jam" – concours de projets- ouverte à tous les employés de Sledgehammer avec pour mot d'ordre : "Ne vous fixez aucune limite". "On a eu tout et n'importe quoi, s'amuse Aaron Halon. Mais nous voulions que tout le monde réfléchisse au jeu, se sente impliqué. Cela a été très bénéfique et a influencé d'autres éléments du jeu." 

Kevin Spacey, star du jeu et collaborateur

 "On a cherché ce qui n'avait pas encore été fait dans la franchise, les lieux qui n'avaient pas encore été utilisés, tout en voulant un conflit qui soit réaliste 40 ans dans le futur. L'idée nous est venue que l'ennemi soit cette fois une entreprise militaire. Ca nous semblait crédible et suffisamment international", nous explique Bret Robbins, le directeur artistique de COD AW en charge du design du jeu et des niveaux de la campagne solo.

Mais derrière les prouesses graphiques et techniques, Sledgehammer a aussi voulu mettre l'accent sur le "storytelling", l'art de raconter une histoire. Trop souvent, les jeux de tir à la première personne (FPS) sont considérés comme une succession de scènes de guerre où l'on dégaine à tout-va sans lien entre elles. Ici, ce n'est pas le cas. "Chaque cinématique de transition a été traité comme un véritable court-métrage", souligne Brian Miggels en nous montrant les storyboards et les photos des scènes à retravailler pour un objet manquant, un sourcil à peaufiner. "Nous avons travaillé très longtemps sur l'histoire et nous savions qu'elle était bonne. Chaque niveau est comme un épisode de série. Ca doit être une marche vers le suivant, que tout s'enchaîne logiquement", ajoute Bret Robbins qui a également été épaulé par un vrai scénariste.

Mais ce qu'il a préféré, c'est participer à l'élaboration du héros : "On voulait un personnage central mémorable, charismatique. Jonathan Irons l'est, tout comme celui qui l'interprète". Et il ne s'agit rien de moins que de Kevin Spacey (House of Cards). "Quand on a eu l'idée de COD AW, c'était avec Kevin Spacey en tête pour le rôle d'Irons. Ensuite, on a élaboré Mitchell (le personnage jouable que l'on va suivre sur 10 ans, ndlr)", explique Michael Condrey. "Kevin Spacey est un homme qui aime beaucoup les nouveaux challenges. Il accepté tout de suite et s'est beaucoup investi par la suite, même dans le script", ajoute Glen Schofield. L'acteur a dû s'essayer à la motion-capture. "Il a été extrêmement professionnel, à l'écoute et porteur d'idées", souligne Bret Robbins en charge de ce tournage particulier, mais essentiel à la réalisation du jeu. "Ce sont ses gestes, sa voix et ses mimiques qui ont été capturés et retranscrites dans le jeu".

Un atout de poids pour ce nouvel opus d'une franchise à succès. Sledgehammer Games espère que cela lui permettra de faire aussi bien que Call of Duty Modern Warfare 3, jeu multi-récompensé. Si les développeurs, game designers et autres collaborateurs mettent une dernière fois la main à la patte, du côté des têtes pensantes, on réfléchit déjà au prochain jeu. "Une nouvelle ère commence", clame COD AW. Et avec elle l'avènement très probablement d'un jeune studio dédié. "J'espère qu'un jour, parmi les studios qui auront marqué le jeu vidéo, on trouvera Sledgehammer," espère Michael Condrey. Réponse le 4 novembre prochain.

En vidéo

Call of Duty - Advanced Warfare : Kevin Spacey au pouvoir

Call of Duty Advanced Warfare - Un jeu Sledgehammer Games édité par Activision Disponible sur PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One, PC le 4 novembre 2014

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