L'ASTUCE GEEK - Privé d'ADSL, pas couvert par la 4G : faut-il tenter l'internet par satellite ?

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ZONES BLANCHES - La France affiche une couverture de 98% de la population en haut débit, mais des zones blanches ou grises persistent bel et bien. Pour ceux qui s'y trouvent, la solution peut être de passer par le satellite, un mode de connexion qui s'est amélioré et dont le prix a baissé.

Avec près de 100% de la population couverte en haut débit, la France peut se targuer d'être l'un des pays d'Europe où l'internet est le plus accessible, tant géographiquement qu'en terme de prix. Une réalité qui cache des exceptions par milliers, des villages entiers où le débit de l'ADSL fait penser au supplice de la goutte d'eau, des quartiers où la 4G n'a jamais mis les pieds. Or en vingt ans, disposer d'une connexion fiable n'est plus devenu un luxe, mais plutôt un atout indispensable pour les villes et les régions.

Si vous êtes dans une zone blanche, sans connexion, ou dans l'une de ces zones grises mal desservies, vous aurez du baume au coeur à vous dire que vous êtes probablement prioritaire pour la suite, pour le passage à la fibre, souvent déployée en premier dans les bourgs les moins bien connectés. Des informations à aller chercher dans le STDAN, le Schéma Directeur Territorial d'Aménagement Numérique, qui trace département par département la couverture numérique à 10 ou 20 ans. En attendant, il reste le satellite, des offres d'accès haut débit certes non sans défaut mais qui ont pour atout de fonctionner vraiment partout.

Une connexion comme les autres, ou presque

Comptez environ 400€ pour l'antenne et le boîtier de réception, que vous pourrez souvent choisir d'acheter (voire de louer) auprès du fournisseur d'accès. Un coût auquel il faudra probablement ajouter celui de l'installation par un antenniste. Une fois bien alignée, l'antenne sert tant à recevoir les données du réseau qu'à y envoyer les vôtres. Le tout fonctionne comme une vraie connexion bi-directionnelle, bien mieux que les premières offres des années 2000 quand il fallait un modem connecté à la ligne téléphonique pour assurer le canal de retour. 

En revanche, le satellite a un défaut, purement technique, et qu'il sera difficile de résorber : chaque échange de données va couvrir des dizaines de milliers de kilomètres entre vous, le satellite puis le réseau de l'opérateur. Ce délai immuable va ralentir chaque connexion, même si le débit proprement dit peut atteindre 40 megabits/seconde ou plus. Naviguer sur le web ou utiliser l'essentiel des applications de votre smartphone fonctionnera sans souci. Mais il n'en sera pas de même pour des usages comme le jeu en réseau, qui ne saura pas s'accommoder de temps de "ping" atteignant souvent 500 millisecondes ou plus.

NordNet, Skynet, Europasat, Numerisat, des offres à comparer

Le marché se distribue aujourd'hui entre une poignée d'opérateurs en France. Leurs offres commencent autour de 19,90€ par mois. Mais attention, elles seront à comparer à la loupe, avec presque plus d'attention encore qu'un abonnement mobile ou ADSL. Car le diable est vraiment dans les détails. 

Très peu d'offres illimitées en effet : ici le tarif dépend tant du débit maximum de votre connexion que du volume de données que vous pourrez consommer sans ralentissement. Le débit descendant est le plus important. Mais le débit montant, c'est-à-dire votre capacité à envoyer rapidement des fichiers, peut aussi faire varier la facture. Certains proposent également des tarifs réduits la nuit. Surtout, les débits affichés sont aussi fonction du nombre de connectés à un instant "T". On ne saurait donc trop vous conseiller d'aller lire les appréciations des clients de chaque opérateur avant de choisir le vôtre.

Des aides à déchiffrer

La bonne nouvelle, c'est que, fracture numérique oblige, la puissance publique pourrait bien vous donner un coup de pouce, le plus souvent par le biais de la région ou du département, avec un dispositif d'aides qui concerne l'essentiel du pays. Certains prennent en charge ou remboursent tout ou partie de l'installation de l'antenne et des matériels de connexion, sur des critères et dans des conditions qui varient grandement d'un cas à l'autre. 

Dans l'ensemble, il faut pouvoir démontrer que l'on habite dans une zone où l'ADSL n'apporte pas plus de 4, 8, ou 10 megabits/seconde. Bon point au comparateur Ariase, qui publie une carte des subventions département par département, et parfois ville par ville.

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Reste que l'internet par satellite d'aujourd'hui ressemble à une rustine dans le paysage des télecoms, un pis-aller en attendant que la fibre n'aille partout ou que la 5G ne se généralise. Sans compter l'arrivée des nouveaux réseaux de satellites à basse altitude et à haut débit, comme Starlink de SpaceX, le futur réseau Kuiper imaginé par Amazon ou la startup OneWeb qui travaille aussi à un réseau mondial de satellites à haut débit. De quoi combler définitivement les zones blanches.

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