Street View : comment Google photographie la planète au plus près

Street View : comment Google photographie la planète au plus près
High-tech

REPORTAGE – Le système est impressionnant d'ingéniosité et indispensable pour créer les Street View de lieux inaccessibles aux voitures. Metronews a pu tester le "trekker", ce sac à dos équipé de caméras et pas si facile à manier.

Sans eux vous ne pourriez pas admirer le Grand Canyon, les Galápagos ou les petites ruelles de Venise sur Street View. Federico Sattanino est l'un des employés de Google qui arpentent le monde pour le photographier à l'aide d'une technologie unique, le trekker, afin de permettre aux internautes de se balader virtuellement dans des endroits mythiques. Metronews l'a rencontré en Toscane, où il travaille à sillonner le vignoble de la région.

1. Définir le parcours
"Pour cela, on utilise tout simplement… Google Maps", nous explique ce "Googler" – le nom de code des employés de la société. "Nous avons un parcours déterminé à l'avance que nous suivons à pied", explique-t-il Les lieux choisis sont quant à eux choisis à l'avance au siège de l'entreprise, à Mountain View (Californie). Pour l'heure, ce sont généralement des lieux remarquables, le plus souvent touristiques.

2. S'équiper du "trekker"
Ce système a été mis au point par Luc Vincent, l'ingénieur français à l'origine de Street View. "L'équipement est composé de 15 caméras, placées sur un mât, d'un disque dur de plusieurs centaines de gigaoctets, d'un ordinateur et d'une importante batterie", détaille Federico Sattanino. Le tout pèse plus de 18 kg. En le portant, nous avons pu nous rendre compte de la difficulté de marcher avec un tel attirail qui nous entraîne facilement en arrière. Pas de doute, être trekker, c'est sportif.

3. Sillonner le paysage
C'est ensuite parti pour une balade qui n'en a que le nom. "Etant donné le poids de l'ensemble, on limite nos sorties à une durée de trois heures maximum", précise Federico Sattanino. Pendant cette étape, les caméras prendront des photos à 360° toutes les deux secondes. Autre contrainte, l'attitude de celui qui porte le "trekker" : "Il faut se tenir bien droit pour ne pas prendre de photos du sol, c'est physique". Une activité qui fait voyager Federico : "J'ai travaillé en Italie, en France, en Belgique ou encore en Espagne".

4. Rassurer les passants
L'équipement - très voyant - n'est pas sans éveiller la curiosité des passants : "Il arrive qu'on m'arrête pour me demander ce que je fais, certains connaissent l'objet et craignent d'être reconnus sur Street View, mais je les rassure en leur précisant que tous les visages sont floutés, tout comme les plaques d'immatriculation".

5. Récupérer et assembler les images
Une fois le parcours entièrement sillonné, il ne reste plus à Federico qu'à envoyer toutes les données au siège de Google où les images seront toutes assemblées pour recréer les paysages parcourus. Un vrai travail de fourmi qui prendra plusieurs semaines avant d'être consultable par les internautes du monde entier sur leur ordinateur, leur tablette ou leur smartphone.

Pas facile de se déplacer avec un "trekker"
Lorsqu'on le met sur le dos, la première impression que l'on ressent est forcément celle du poids très important de l'équipement. On est vite attiré vers l'arrière et le corps compense naturel en se penchant vers l'avant. Une attitude à ne pas adopter sous peine de photographier le sol ! Mais le plus difficile est encore de marcher. Dès que l'on fait un pas, on doit rapidement compenser avec l'autre jambe sous peine d'être déséquilibré par le centre de gravité assez haut de l'ensemble. Bref, on a l'impression de tanguer constamment et on ne s'imagine pas vraiment marcher pendant trois heures avec un "trekker" sur le dos.

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