Lunettes, lumières, vêtements... les innovations pour lutter contre le mal des transports

Lunettes, lumières, vêtements... les innovations pour lutter contre le mal des transports

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ROUTE DE LA TRANQUILLITÉ - La cinétose, nom savant du mal des transports, touche environ une personne sur trois. A l'heure des départs en vacances, petit tour d'horizon des innovations hi-tech pour mieux vivre ses longs trajets.

Dans de nombreuses familles, la route des vacances est bien souvent synonyme de joie et bonne humeur, voire d'excitation. Mais pour certaines d'entre elles, elle représente aussi invariablement, d'année en année, un mauvais moment à passer. En cause : le mal des transports. Un trouble qui peut aller jusqu'à transformer le chemin de la plage ou de la montagne en véritable cauchemar (fatigue, nausées, étourdissements, vomissements...). Pour (tenter d')y remédier, plusieurs nouvelles solutions high-tech sont apparues récemment. On vous les présente.

Les lunettes simulatrices d'horizon

La start-up varoise Boarding Ring a imaginé une solution aussi surprenante qu’intelligente : des lunettes simulatrices de ligne d’horizon. Ce dispositif médical breveté et testé, appelé "Boarding Glasses", est une monture de lunettes comportant quatre anneaux, emplis d’un liquide coloré. Réagissant aux mouvements du véhicule, ce liquide se déplace autour des yeux dans le sens frontal (droite-gauche) et dans le sens sagittal (avant-arrière). Sans perturber la vision centrale, il crée un horizon artificiel en périphérie du champ visuel. Le cerveau reçoit donc de l’œil et de l’oreille interne la même information sur les mouvements du véhicule. Le conflit sensoriel entre vision et équilibre disparaît instantanément et le mal des transports s’efface alors en quelques minutes.


Le constructeur automobile Citroën reprend cette technologie pour créer sa paire de lunettes "Seetroën". Toujours équipées de quatre anneaux et du même système, elles simulent un horizon artificiel pour resynchroniser la vue et l’oreille interne. Avec un nouveau design, pensé par le studio parisien 5.5, elles revêtent un look hi-tech en plastique blanc au toucher soft. Elles fonctionnent en avion, en train et en bateau. Si elles sont enfilées dès les premiers symptômes, elles agissent en moins de 10 minutes et dans 95% des cas. Les lunettes ne sont pas équipées de verre, elles peuvent donc être partagées par tous les membres de la famille, adultes et enfants à partir de 10 ans. Elles peuvent également être installées en sur-lunettes. Citroën les propose à 99 € dans sa boutique Lifestyle.

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"Boarding Glasses", des lunettes contre le mal des transports

L'éclairage intelligent

De la même entreprise française : le système "Boarding Light" permet de lutter contre le mal des transports de manière innovante. La start-up propose d'installer dans les moyens de transport (notamment voitures et bateaux) des colonnes lumineuses auto-modulables. Ce système embarqué composé de diodes produit un éclairage intelligent qui répond instantanément aux mouvements du véhicule. Quand le trajet est rectiligne, les colonnes sont éclairées à moitié. Mais si la voiture ou le bateau tangue à droite ou à gauche, le niveau lumineux bouge de façon à ce que notre vision périphérique prenne conscience du mouvement. En montant et descendant, les colonnes de lumière simulent un horizon et - de la même manière que les lunettes - resynchronisent la vision avec l’oreille interne. Cet horizon artificiel peut ainsi se créer dans n’importe quel habitacle, de voiture ou de bateau. Encore en phase de test, le but est de faire du véhicule un espace de vie réel, un poste de travail, ou encore un lieu de détente, avec une expérience inédite pour tous les passagers. 

Le cockpit stimulant

La compagnie Uber développe depuis plusieurs années des recherches sur les véhicules autonomes. Mais peu importe leur sophistication, les futurs robot-taxis ne pourront épargner aux passagers les secousses dues à la chaussée ou à la conduite des autres usagers de la route. Ce qui impliquerait nécessairement une situation propice au mal des transports pour les occupants du véhicule. D'où l'idée des ingénieurs de la firme VTC d'atténuer les effets de la cinétose en détournant l'attention du cerveau humain par des biais astucieux. 


Le magazine Challenges explique qu'Uber estime ses recherches suffisamment avancées pour vouloir déposer un brevet sous le titre de "système de stimulation sensorielle". Une série de flashs lumineux permettront de signifier simplement les intentions du robot-conducteur à ses passagers, y compris en cas de changement de cap brusque. Pour lutter contre les effets de la force centrifuge, les fauteuils s'inclineront dans les virages et des vibrations annonceront un freinage imminent. Enfin, de petits jets d'air comprimé assureront une stimulation constante de l'épiderme, pour tenter de gommer la perception du vertige.

Le siège attentionné

Le siège Active Wellness 2.0TM est, selon son concepteur, Faurecia, l’étoile montante du cockpit du futur. Encore à l'étape de concept, ce siège 2.0 - surtout pensé pour la place conducteur - réagit et s’adapte en fonction de l’analyse du comportement de son occupant. Un système de capteurs, intégrés à la planche de bord et au siège lui-même, permet de gérer un vaste éventail de données biologiques et comportementales : rythme cardiaque, inclinaison de la tête, fixité du regard, mouvements du corps, température et humidité, etc. Le traitement de ces données, collectées et analysées en temps réel, doit permettre d'offrir un niveau de confort et de sécurité optimal à travers différentes actions, en modifiant par exemple la position du siège, l’éclairage ambiant ou encore l’environnement audio. Le système peut donc aider le conducteur à lutter contre le mal des transports (entre autres) en déclenchant une action pour remédier à ses symptômes. 

Les vêtements thermo-régulants

Plutôt que de "guérir" les effets de la cinétose une fois qu’ils sont ressentis, la société Delta 10 s’est donné comme défi de retarder l’arrivée des symptômes. D’abord spécialisés dans les solutions contre le mal de mer, les fondateurs de Delta 10 se sont entourés d’experts du textile et de la santé pour développer des vêtements techniques destinés à soulager les personnes concernées. Le tissu utilisé pour ces vêtements est équipé d'une membrane, composée de minéraux, qui agit sur l'épiderme et les terminaisons nerveuses. Les vêtements renvoient les infrarouges émis par le corps vers le corps et sont ainsi thermo-régulants. Cela permet de réchauffer l’organisme, d’améliorer la tonicité musculaire et d’augmenter la stabilité.


En effet, les chercheurs ont constaté qu'avant d'être nauséeux, le corps se relâche et se refroidit, notamment à cause d'un état de passivité. Après plusieurs années de recherche, la société a commercialisé sa collection sous la marque "Wear is my boat", aujourd'hui disparue. Mais le principe pourrait être de nouveau utilisé dans le domaine textile du sport ou de la mode. Car si ces vêtements ne prétendent pas régler le conflit entre l'oreille interne et l’œil, ils aident à maintenir une sensation d’équilibre et de bien-être plus longtemps lors d’un voyage.

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