Tech for good : le numérique s’engage pour la planète

Viva Technology
Lutter contre le gaspillage numérique s’inscrit pleinement dans le combat contre le gaspillage dans son ensemble. Des solutions existent à condition que tous les acteurs économiques prennent conscience de l’impact de leur activité et se mobilisent pour faire converger transition numérique et transition écologique.

Le concept de Tech for Good était à l’honneur sur le salon Vivatech avec de nombreux exemples de bonnes pratiques, notamment pour éviter le gaspillage digital. Véronique di Benedetto, Vice-Présidente France d’Econocom nous explique ce concept. 


Qu’est-ce-que la Tech for good ? 

Véronique di Benedetto : La Tech for Good touche différents aspects de la société, afin d’agir pour le bien commun, tant sur le volet environnemental, qu’éthique, social, sociétal, éducatif, inclusif… Il s’agit par exemple de mettre la technologie au service des populations éloignées de l’emploi et les aider concrètement dans leur vie quotidienne. Le numérique peut aussi prévenir le décrochage scolaire en personnalisant l’accompagnement des élèves, avec des pratiques pédagogiques  nouvelles. 


La lutte pour l’environnement est un défi important de la Tech for Good. Le numérique peut à la fois augmenter notre empreinte écologique (pour rappel il contribue dans les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 3 %) mais aussi être force de proposition pour réduire et favoriser la transition. On ne le dit pas assez, les concepts de transition écologique et numérique sont très liés, les deux thèmes doivent converger. Le numérique doit en effet contribuer positivement à la préservation de la planète. Créons aujourd’hui le numérique que l’on veut pour demain. Un numérique responsable avec plus d’impacts positifs que négatifs. Il ne faut pas nier les risques, mais les prendre en considération et les traiter sans non plus diaboliser le numérique. Ce n’est pas simple d’arriver à une vision partagée par le plus grand nombre car les points de vues 

sont très différents dans le monde. La France peut prendre le leadership sur le sujet, car nous devons avancer sans attendre. 


Quelles sont les solutions pour lutter contre le gaspillage numérique aujourd’hui ? 

V. di B. :  Nous devons être vigilants à toutes les étapes, depuis la fabrication jusqu’à la fin de vie des équipements informatiques. Les impacts environnementaux se situent surtout lors de la fabrication des équipements. En effet, la construction d’un ordinateur est énergivore et consommateur de ressources naturelles rares. Cela implique de concevoir des chaines globales de fabrication de plus en plus écoresponsables. 


Côté utilisateurs l’enjeu pour chacun est de ne pas céder aux sirènes de la nouveauté, et ne pas changer d’ordinateur ou de smartphone trop rapidement. À la maison comme en entreprise, il faut favoriser l’allongement de la vie des équipements, savoir leur donner une seconde vie et contribuer ainsi à une économie circulaire pourvoyeuse aussi d’emplois nouveaux. Les entreprises travaillent en parallèle à réduire l’impact des datacenters. Leur chaleur peut aujourd’hui être récupérée et utilisée pour chauffer un bâtiment ou même une piscine ! 


Au-delà du matériel, les usages du quotidien sont importants, les « écogestes » : supprimer au maximum les impressions papier, éteindre son ordinateur, diminuer les emails et les envois de pièces jointes, en entreprise comme à la maison, sont quelques-unes des bonnes pratiques à mettre en place.


Enfin, la fin de vie des produits est également à considérer, à la maison pour donner ses vieux smartphones qui traînent dans les tiroirs, et en entreprise pour recycler les ordinateurs en interne ou en externe. Chez Econocom, nous avons par exemple mis en place un processus de recyclage via des entreprises adaptées qui vont reconditionner des matériels qui pourront être vendues au grand public. 

Comment Econocom agit-il contre le gaspillage numérique au quotidien ? 

V. di B. : Nous utilisons notre solution Watt‘s Green qui évalue la consommation énergétique et les émissions de Co² de l’entreprise à un instant « T ». Ce bilan énergétique et environnemental permet d’élaborer des préconisations pour ensuite diminuer les impacts. Nous nous sommes appliqués à nous-mêmes cette solution depuis trois ans, ce qui a permis de pointer des axes d’amélioration et de faire baisser sensiblement notre consommation électrique. 


Nous proposons également MarS, une nouvelle solution dynamique et agile pour comprendre les usages à partir des données issues de la vie des ressources digitales. Nous la testons chez Econocom afin de voir si les outils dont nous disposons (matériels et logiciels) sont adaptés à l’usage des utilisateurs, ni plus ni moins. Cela permet d’identifier les postes non ou mal utilisés dans l’entreprise et  d’assurer ainsi une satisfaction maximale tout en limitant les coûts et les impacts ! 


Quels sont les risques si l’Europe et le monde n’avancent pas dans ce sens ?

V. di B. : Le défi  de la Tech for Good est mondial. En tant qu’acteur du numérique nous devons montrer l’exemple si l’on veut éviter une crise majeure pour notre planète. Une prise de conscience forte se développe depuis ces dernières années. Je le constate au sein de toutes les sociétés du numérique et du grand public. 

Nous devons arriver à faire du numérique responsable un accélérateur de la transition écologique. C’est l’optimisme que je développe pour le futur. 

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