TEST - Google Stadia arrive mardi : que vaut le service de cloud gaming qui veut révolutionner le jeu vidéo ?

TEST - Google Stadia arrive mardi : que vaut le service de cloud gaming qui veut révolutionner le jeu vidéo ?
High-tech

MODE D’EMPLOI – Google s’apprête à lancer Stadia ce mardi, sa plateforme de cloud gaming, le jeu vidéo dématérialisé qui s’appuie sur des serveurs et se débarrasse du modèle de console de salon. Nous avons pu tester la technologie et la future plateforme de jeu. Qu’allez-vous y trouver ? Quels jeux seront-ils disponibles ? Faut-il se lancer ? Toutes nos réponses.

Avec Stadia, Google n’est pas le premier à s’essayer au cloud gaming, le jeu vidéo dématérialisé dans le nuage. Mais avec son concurrent Microsoft qui a fait entrer son offre Project xCloud en phase de test, la firme de Mountain View a la force de frappe pour démocratiser la technologie.

Ce mardi 19 novembre pourrait donc marquer un tournant dans la tech et dans le jeu vidéo. Adieu les consoles, tout se passe désormais entre votre manette, vous et un écran de votre choix. Nous avons pu passer quelques jours en compagnie de Stadia pour voir si l’innovation était bien au rendez-vous. Faut-il se laisser tenter et à quoi peut-on s’attendre ? On fait le tour de la/des question(s).

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Qu’est-ce que Stadia ?

Il faut déjà évacuer un fait : Stadia n’est pas un Netflix du jeu vidéo avec une large offre à avaler en streaming. Il s’agit d’une plateforme permettant de jouer à des titres achetés sur le store en ligne de Google, en haute définition, sans avoir besoin de console. Tout est dématérialisé. Une manette (et parfois un câble de connexion) suffit. Les jeux sont, quant à eux, stockés sur des serveurs distants et se lancent automatiquement –et surtout très rapidement- à la demande. Pour s'inscrire, il suffit de se rendre sur le site de Stadia.

Comment fonctionne Stadia ?

Pour le moment, Stadia ne fonctionne que via le wifi. Pour en profiter, il faut bénéficier d’une connexion internet d’au moins 5 Mbit/s. A cette vitesse-là, vous ne pourrez prétendre qu’à une résolution de jeu en qualité HD, mais en 60 images par seconde (ce qui offre malgré tout une image ultra-fluide) et avec son stéréo. Pour profiter d’un flux 4K, de la vidéo HDR et du son surround 5.1, il faut que votre débit se situe plutôt a minima autour des 30-35 Mbit/s, Google possédant un système qui ajuste automatiquement  la qualité du flux de jeu à votre installation. Le plus important reste d’avoir une connexion stable. A noter cependant que le surround 5.1 et le HDR promis ne seront pas déployés pour la version web avant 2020.

Il est possible de tester sa connexion internet ici.

Sur quel support jouer ?

Au lancement, Stadia ne sera accessible que sur une partie des supports prévus.

- Sur votre TV : il faut brancher sur un port HDMI le Chromecast Ultra de Google, un appareil connecté au réseau internet et qui permet de streamer des contenus sur son téléviseur depuis un smartphone iOS ou Android. C’est l’appli Stadia sur ce dernier (quelle que soit sa marque) qui permettra de lancer le jeu sur la TV. 

- Sur smartphone et tablette : seuls les Google Pixel 2 à Pixel 4 XL ainsi que les tablettes sous ChromeOS peuvent faire tourner Stadia en installant l’appli du même nom et en connectant une manette (pour le moment avec un câble).

- Sur un PC ou un Mac : il suffit d’aller sur www.stadia.com via le navigateur Chrome et de se connecter à son compte. Il est possible de jouer avec un clavier et une souris ou avec une manette reliée par un câble à l'ordinateur.

Si nous n’avons pu faire nos tests qu’avec la seule manette Stadia, les autres manettes du marché vont être compatibles ainsi qu’un clavier et une souris pour ceux qui préfèrent jouer sur ordinateur. Les manettes Xbox et PlayStation doivent l’être dès le jour du lancement.

Quels sont les jeux disponibles ?

C’est là le principal point faible de l’offre. Au démarrage de la plateforme, on ne compte que 22 jeux. Certes, il s'agit de blockbusters (Red Dead Redemption II, Assassin’s Creed Odyssey, la trilogie Tomb Raider…), de jeux familiaux et grand public (Just Dance 2020, NBA 2K20…) ou plus pointus (Mortal Kombat 11, Rage 2, Metro Exodus…). Mais ce sont globalement des tires qui ont quelques mois, voire plus, d’existence et que les joueurs possèdent souvent déjà sur consoles ou PC. Une seule exclusivité est à signaler : Gylt, jeu dans lequel une fillette part à la recherche de sa cousine disparue et dont l’inspiration est très clairement à aller chercher du côté de la série Stranger Things, avec la patte graphique façon animée très marquée. 

Destiny 2 : The Collection est quant à lui le premier jeu offert aux abonnés à Stadia Pro. Il devrait être accompagné de Samurai Shodown. Google a promis qu’une quinzaine de jeux supplémentaires arriveront d’ici fin 2019 et que les prochains gros jeux comme Cyberpunk 2077 ou Doom Eternal seront bien également disponibles à leur lancement.

A noter que les jeux ne peuvent pas être achetés ailleurs que sur le store de Google. Il n’est pas encore prévu de récupérer vos sauvegardes précédentes des jeux sur les autres consoles. Vous devrez tout recommencer (et donc tout racheter...), au moins dans un premier temps.

Des services complémentaires devraient cependant faire leur apparition, notamment Uplay+, l’offre sur abonnement mensuel d’Ubisoft (15 euros) qui permet d’accéder à une centaine de titres de l’éditeur français. Mais ce ne sera pas avant 2020.

Comment profiter de Stadia au lancement ?

Seuls ceux qui ont précommandé la Founder’s Edition à 129 euros (avec une manette exclusive, un Chromecast Ultra 4K, trois mois gratuits à Stadia Pro pour vous et un ami, votre nom de joueur enregistré et protégé) peuvent profiter du service au lancement. A condition qu’ils aient reçu leur kit, ce qui semble loin d’être le cas pour beaucoup… Google a d’ores et déjà annoncé que les livraisons pourraient nécessiter deux semaines supplémentaires.

Il est aussi désormais possible d’acheter la Premiere Edition à 129 euros également. Elle comporte une manette blanche classique, le Chromecast Ultra et trois mois de Stadia pro offerts seulement. Pour jouer à Stadia, il est aussi possible de ne commander que la manette (69 euros) puis de s’inscrire à l’offre de son choix et d’acheter ses jeux.

A quel prix ?

Google ne lance pour l'instant que l’offre Stadia Pro (9,99 euros par mois). Elle permet de jouer avec une résolution 4K HDR à 60 images par seconde. L’offre inclus une ristourne sur les jeux achetés sur le store et vous bénéficiez d’un titre gratuit chaque mois. Courant 2020, Google lancera une seconde offre, gratuite cette fois : Stadia Base. Elle peut être bénéfique à ceux qui n’entendent pas ou ne peuvent pas jouer avec un débit trop élevé. La résolution sera alors de 1080 p maximum. 

Les jeux sont vendus entre 20 et 100 euros (pour des titres phares en édition collector, mais il est possible de n’acheter que la version de base). Chaque jeu acheté reste votre propriété, même si vous basculez de Stadia Pro vers Stadia Base.

Notre avis

S’il y a une chose à applaudir des deux mains chez Stadia, c’est la technologie développée. Elle est assez bluffante. Tout est rapide et simple, la jouabilité facilitée et de qualité. Fini les temps de téléchargement, vive l’instantanéité ! Il se déroule moins d’une minute entre le début du processus d’achat du jeu et son lancement sur l’écran de votre choix. Le plus long sera peut-être d’attraper la manette pour jouer. C’est notamment un bonheur avec un jeu comme Red Dead Redemption II qui pèse près de 100 Go et nécessite un sacré temps d’attente si l’on ne possède pas le très haut débit pour télécharger sur console ou PC. 

Nous avons effectué nos tests avec une connexion de 100 Mbits/s sur un écran TV 4K. Des conditions optimales pour jouer et l’expérience est identique à celle de nos consoles. L’image est simplement magnifique (un peu moins waouh sur PC), le jeu n’a jamais saccadé. La manette brille par son temps de réponse aux commandes. La bascule d’une TV à un smartphone ou un ordinateur est immédiate, dans la continuité (votre partie est bloquée en l’état durant 5 minutes), tant que vous avez branché ce satané câble qui fait tout de même tache. Google promet que ce n’est que de courte durée et qu’il sera possible de jouer sans fil dès l’an prochain. 

Sur smartphone, la qualité est aussi au rendez-vous, même avec un débit moindre. Stadia s’adapte à la façon de Netflix pour éviter les déconnexions qui gâcheraient l’expérience. Si la possibilité de jouer sur son smartphone à des jeux de grande qualité est plutôt agréable, il faut néanmoins opter pour un appareil doté d'un maxi écran. Car celui-ci est réduit par l’ajout de bandes noires sur les côtés qui diminuent sérieusement la taille de l’image. 

Les principaux reproches que l’on peut faire à Stadia, hormis la faiblesse du catalogue, tient dans le déploiement. Au lancement, il manque des fonctionnalités promises comme le partage familial, la création de groupes, l’utilisation de l’assistant vocal sur la manette ou le partage de contenus en ligne. Le fait que Stadia ne démarre que par la seule offre payante laisse aussi perplexe. Aucune phase de beta n’a été lancée et les premiers joueurs risquent de payer les pots cassés. Et l’on sait que les gamers sont un public plutôt exigeant et intransigeant quand tout ne tourne pas rond…

On aime :

- La facilité d’installation

- Le lancement instantané même pour des jeux très lourds comme Red Dead Redemption II

- La bascule rapide d’un écran à l’autre

- La future compatibilité avec toutes les manettes du marché

On aime moins :

- Le câblage entre la manette et le smartphone ou l’ordinateur. Cela ne devrait durer qu’un temps

- L’assistant vocal n’est pas disponible au lancement

- Le compte familial n’est pas là

- Pas de son surround 5.1 ni de HDR sur ordinateur

- De nombreux joueurs ont fait part de leur mécontentement de ne pouvoir bénéficier du service au lancement, faute d’avoir reçu leur pack Edition Fondateur commandé parfois même le jour de l’annonce

- Appli Stadia minimaliste et aucun réglage graphique possible

- Le prix des jeux 

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