TEST - Le wifi se généralise dans l'avion : internet à bord, ça donne quoi ? On a essayé pour vous

Internet vous permet désormais de rester connecté dans les airs
High-tech

MODE D’EMPLOI – Depuis une dizaine d'années, petit à petit, les compagnies aériennes font entrer internet dans l'avion et le wifi se généralise à bord, moyennant souvent finances et beaucoup de patience. LCI a testé pour vous la connexion en haute altitude.

Après le métro, le train ou la campagne, l’avion ! Existe-t-il encore des endroits isolés sur Terre où l’on peut ne pas avoir la tentation de ne pas être connecté à internet en dehors du milieu de l’océan ou du fin fond de la savane ? L’accès à la connexion se développe de plus en plus à bord des avions, chez de nombreuses compagnies aériennes. On dénombre aujourd’hui plus de 6.500 avions à travers le monde dotés d’une connectivité -le dispositif existe en fait depuis 2008 et la première apparition d’internet sur des appareils de Virgin America.

Si les débits restent souvent un peu faibles, la technologie à bord avance à grands pas et l’on évoque des connexions à 70 Mbps (proche de la fibre) sous peu. En attendant, LCI a testé pour vous internet dans l’avion. Petit tour des avantages et inconvénients à 10.000 mètres d'altitude.

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Comment avoir accès à internet à bord ?

Avec des avions qui survolent la Terre à près de 900 km/h, il n’est pas évident d’assurer une couverture en continu. Lorsque l’appareil est au-dessus d'un continent, il peut profiter de la connexion terrestre via les antennes relais installées sur son trajet. En revanche, au-dessus des mers et océans, il doit s’en remettre aux connexions satellitaires beaucoup plus onéreuses (on parle de 450.000 euros pour équiper un avion avec une connexion wifi par satellite). 

Depuis un PC, un smartphone ou une tablette, il suffit généralement de se connecter à une adresse internet pour activer l’accès à bord. Cela peut passer par des fournisseurs partenaires (T-Mobile, Verizon, etc.) ou un système propre à la compagnie aérienne.

Il n’y a pas de gamme particulière d’avions proposant internet à bord. Et ce n’est pas parce que vous avez pu vous connecter en voyageant sur un Boeing 777 d’Air France entre Paris et New York qu'un appareil de la même gamme chez United vous le proposera au retour ou sur un vol vers Tokyo. Selon le cabinet Euroconsult, la moitié de la flotte mondiale devrait proposer un accès à internet en 2021, soit environ 20.000 appareils, toutes catégories confondues. Air France a déjà annoncé que, d’ici fin 2020, l’intégralité de sa flotte serait dotée de connectivité satellitaire.

Que peut-on faire ?

L’accès permet généralement de surfer sur le web, envoyer et recevoir des mails, chatter sur des messageries (WhatsApp, iMessage, Facebook Messenger, WeChat…). Mais rarement de pouvoir envoyer des photos ou vidéos, car il ne faut pas s'attendre pas à du très haut débit dans les airs. Pour des questions de coût et d’infrastructure, la connexion internet est plutôt lente. Elle est de plus liée au nombre de personnes qui vont l’utiliser. 

Sur un très gros porteur (300 personnes), même si seulement 10% des passagers tentent de se connecter, cela va réduire considérablement le flux à disposition. C’est pour cela qu’il est généralement interdit de passer des appels vidéo via FaceTime, Skype ou Google Hangout. Pour ne pas gêner son voisin bien sûr, mais aussi donc pour ne pas squatter toute la connexion. Pas plus que vous ne pourrez aisément regarder Netflix ou tout autre service de streaming vidéo, à moins de payer le prix fort quand l'option est proposée (voir plus bas).  Même si cela est généralement bloqué, rien ne vous empêche cependant d’essayer ou de passer derrière un VPN pour masquer votre activité.

Combien ça coûte ?

Cela varie d’une société à l’autre. Norwegian, Emirates ou encore Air France proposent par exemple un accès gratuit. Sur les deux premières, vous pourrez surfer ou consulter vos mails. Sur la compagnie française, seulement profiter des accès à des messageries instantanées. Dans tous les cas, le débit n’est souvent pas fantasmagorique. Vous pourrez ensuite payer pour une à trois heures de connexion, voire l’intégralité du vol, avec un débit souvent nettement plus rapide. Comptez de 5-6 euros et jusqu’à 30 euros pour faire ce que vous voulez, et même regarder des films en streaming. Certaines compagnies comme Iberia facturent à la consommation de data (5 dollars pour 4 Mo). Selon votre activité, cela peut vite chiffrer pour peu de temps. 

Pourquoi n’ai-je pas accès à internet en permanence durant le vol ?

Généralement, les appareils proposant la connexion internet attendent d’avoir atteint les 10.000 pieds d’altitude (environ 3.300 mètres) pour ouvrir le signal. Certaines compagnies la proposent dès le décollage (notamment Norwegian), mais c’est assez rare. Il faut aussi savoir qu’en vol, vous pouvez être sujet à des coupures en fonction de la zone de couverture. Certes, la connexion internet est de plus en plus large. Mais il arrive que, si vous vous trouvez très au nord du globe ou très au sud, vous ne soyez pas couverts.

Et si l’avenir, c’était le Lifi ?

Fin 2019, Air France a testé sur un vol Paris-Toulouse la connexion internet via le Lifi, une technologie qui passe par la lumière pour donner accès à une connectivité internet sans fil. L’Airbus A321 concerné était équipé de 12 sièges de Lifi et des joueurs se sont affrontés en ligne sur un jeu vidéo pour montrer la stabilité et la rapidité de la connexion (100 fois supérieure au Wifi). 

Mais le Lifi est aussi plus simple d’installation puisqu’il suffit de faire arriver la connexion dans la lumière -qui va ainsi donner accès à internet à tous les appareils se trouvant dans la zone éclairée- et d’avoir un récepteur sous le siège. Le tout avec moins de câblage et de difficulté à installer. En revanche, en dehors du spectre lumineux, vous n’êtes plus connecté. Le Commissariat à l’Energie Atomique a, de son côté, développé une technologie de continuité de la connexion Lifi qui va pouvoir faire grimper les débits et assurer une connexion encore plus large dans un même espace. Et sans coupure !

En vidéo

Le Lifi, quand Internet passe par la lumière

NOTRE VERDICT

Ces derniers mois, nous avons essayé de nous connecter à plusieurs reprises à internet à bord, sur différentes compagnies à destination notamment des Etats-Unis. Premier constat : peu d’avions proposent donc pour le moment la connectivité internet. Air France et Delta offrent la possibilité de rester en contact avec le sol gratuitement via les messageries. Mais il faut avouer que cela met surtout notre patience à rude épreuve tant la connexion est lente. Il nous est ainsi fréquemment arrivé d’avoir les notifications de message sans pouvoir les lire car ils n’apparaissaient  pas sur Twitter ou iMessage ou d’être déconnecté alors que le décompte du forfait était en cours.... 

Mais dès que vous déboursez quelques euros, votre vie connectée s’améliore, sans pour autant surfer à la vitesse de la lumière. Nous avons notamment réussi à mettre en ligne certains articles de la rubrique Inno à 10.000 mètres du sol en accédant à notre backoffice via un VPN. Sécuriser sa connexion wifi dans l’avion est d’ailleurs une excellente idée pour chiffrer vos échanges car il s’agit d’une forme de hotspot public sans système d’authentification personnelle. Evitez donc d’aller consulter vos comptes en banque ou des données sensibles.

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