The Evil Within : l'héritage de Resident Evil

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JEUX VIDEO - Successeur spirituel du premier Resident Evil, le jeu The Evil Within revient aux origines du "survival horror". Une aubaine pour les joueurs en quête de challenges corsés.

Il faut avoir les nerfs solides lorsque l'on joue à The Evil Within . A plus d'un titre. Tout d'abord parce que cette aventure s'inscrit dans la grande tradition des jeux "suvival horror". Gore, hyper violent par moments clairement angoissant, cet Evil Within sait tirer avec adresse certaines ficelles parfois faciles propres aux films (et jeux) de genre. Pas étonnant lorsqu'on sait que derrière ce jeu se trouve le créateur originel de la saga des Resident Evil que n ous avions rencontré à Paris l'été dernier, le Japonais Shinji Mikami .

Appelé en urgence dans un hôpital psychiatrique, l'enquêteur Sébastien Castellanos découvre un véritable massacre. Une scène crime sanglante qui donne froid dans le dos tout comme les images filmées par les caméras de surveillance qui laissent entrevoir une scène surréaliste pour ne pas dire franchement paranormale. Pas le temps néanmoins de comprendre car agressé, Sébastien s'évanouit et se réveille quelques instants plus tard tête en bas, attaché par les pieds alors qu'un boucher bouffi et sanguinolent équipé d'une tronçonneuse s'apprête à le transformer en kebab façon Mikami. L'aventure peut alors commencer.

A la confluence de l'horreur et de l'angoisse

The Evil Witihin est le fruit de plusieurs influences. Si Shinji Mikami a voulu retranscrire l'atmosphère d'un long-métrage comme Shutter Island, on songe à des films comme Massacre à la tronçonneuse évidemment, ou bien un slashers comme Hostel ou bien encore des jeux comme Silent Hill ou encore Fear. Au carrefour de multiples influences, The Evil parvient à distiller une atmosphère oppressante, franchement gore et ultra violente par instants et résolument appuyée par un gameplay qui, lui aussi, tente de renouer avec les origines d'un genre.

Car le concept même du survival, c'est évidemment la survie si l'on ose la tautologie. Même si l'action y est omniprésente, le titre n'est clairement pas un jeu d'action. Un bon coup de tronçonneuse ou de hache bien placé suffit à faire passer notre héros ad patres. Autant dire qu'on ne la ramène pas lorsqu'on a en main un petit révolver, trois balles et que devant se pressent des hordes de morts-vivants vicieux et assoiffés de sang. Pas question évidemment de foncer dans le tas. Il faut se déplacer discrètement, guetter ses adversaires, ne pas hésiter à se cacher dans des placards ou sous un lit, tenter des éliminations discrètes et furtives, exploiter au mieux les pièges disposés par l'ennemi…

De la contrainte née la créativité

Autant dire que le rythme du jeu est assez lent et que les adeptes des fusillades épiques en seront pour leurs frais. Ici, Shinji Mikami a souhaité renouer avec la peur diffuse que générait un titre comme le tout premier Resident Evil. Jusqu'à pousser le gameplay jusqu'à certaines aberrations parfois agaçantes. Le héros ne peut ainsi que porter un nombre limité d'objets (logique). Mais alors qu'il peut très vite prendre un fusil à pompe ou une arbalète supplémentaire il ne peut ramasser deux allumettes de plus (indispensables pour faire disparaître définitivement les zombies). Si l'on comprend la contrainte de gameplay on ne peut que tiquer.

En ce sens, The Evil Within est un jeu exigeant (pour joueurs extrêmement patients). Sans doute est-ce aussi pour cela que le titre renoue avec les origines d'un genre. Comprenez que les joueurs occasionnels trouveront, même en niveau de difficulté minimum, le challenge suffisamment ardu pour rapidement flirter avec la crise de nerfs. D'autant que le système de sauvegarde, lui aussi très contraignant fait parfois qu'il vous faut recommencer quasiment tout un niveau après une simple erreur, en perdant au passage une partie de l'équipement souvent acquis au péril de votre vie.

Un exercice zen

Difficile parfois de ne pas s'agacer et seuls les plus patients ou les plus férus de gameplay et de challenges "à l'ancienne" s'éclateront à recommencer et recommencer encore un même niveau. D'autant que certaines vues de caméra ne sont clairement pas optimisées dans le jeu et que celles-ci ont tôt fait de complexifier parfois les manœuvres lors de scènes de combat par exemple. Bref, mieux vaut être patient et persévérant, mais ces deux ingrédients sont sans doute essentiels pour ne pas dire consubstantiels au concept même de survie.

Reste que cet Evil Within ne s'adresse clairement pas à tout le monde. Ceux que l'on appelle un facilement les "gamers" seront sans doute ravis de se confronter à un challenge de ce calibre qui n'est pas sans rappeler, en termes de difficulté, certains passages d'un Dark Souls. Apre, l'aventure le sera clairement pour les autres. Au-delà d'une atmosphère, d'une réalisation technique plutôt correcte et de quelques passages à vous donner des frissons dans le dos, The Evil Within permettra à tous ceux qui regrettent que les jeux vidéo aient tenté d'être plus accessibles ces dernières années, de renouer avec leurs premières amours. Il faudra juste pour cela avoir les nerfs solides, quelques heures de jeu devant soi ainsi qu'une bonne dose de control.

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