Très haut débit : quand le Covid accélère la ruée vers la fibre

Très haut débit : quand le Covid accélère la ruée vers la fibre
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À TOUTE VITESSE - Déjà en pleine croissance depuis deux ans, le nombre d'abonnés au très haut débit a explosé pendant le confinement. Là aussi, le Covid a joué les accélérateurs, permettant à la France de s'imaginer 100% fibrée en 2025.

C'est une soudaine accélération qui a poussé le marché du très haut débit depuis le début de l'épidémie de Covid-19, depuis le confinement surtout. En quelques semaines de télétravail et de divertissement à la demande, la fibre est devenue presque comme un produit de première nécessité, un indispensable du "rester chez soi", et les chiffres que publient aujourd'hui les quatre grands opérateurs en témoignent.

Sur le second trimestre 2020, Orange, Free, Bouygues et SFR ont tous recruté de nouveaux abonnés fibre à un rythme bien supérieur à l’avant-Covid, malgré la difficulté qu'il pouvait y avoir à ouvrir de nouvelles lignes en nombre pendant le confinement. Au total, c'est près de 675.000 nouveaux abonnés très haut-débit qui ont été connectés, presque 10% de croissance, en trois mois seulement. Du jamais vu jusque-là.

Clients plus fidèles et budgets de conquête

Une dynamique qui de plus n'aurait rien d'un effet d'aubaine, plusieurs opérateurs rapportent que le mouvement s'est même amplifié depuis l'été. Une croissance qui tient tant à l'arrivée de la fibre sur de nouveaux territoires qu'à une réelle appétence du consommateur : jusque-là, selon les chiffres de l'ARCEP, le gendarme des télécoms, seuls 40% des foyers éligibles à la fibre sautaient le pas. Aujourd'hui, toujours selon l'ARCEP, la moitié des foyers français ont accès à une offre de très haut débit, 11 points de plus que l'année dernière à la même époque.

En accélérant son déploiement, la fibre est devenue le plus grand chantier de travaux public en France. Comme pour le réseau téléphonique en son temps, la fibre optique, c'est beaucoup de travaux de voirie, pour une connexion qu'il faut apporter jusqu'à l'abonné dans l'essentiel des cas, et pas juste jusqu'au pâté de maison ou au pied de l'immeuble. Si le coût réel de ces travaux n'est pas détaillé, on sait qu'en 2019, les opérateurs ont dépensé dix milliards d'euros dans leurs réseaux, dont 7,8 milliards dans l'internet fixe, pour l'essentiel dans la fibre, des montants en hausse constante. Et cela s'explique. 

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Côté abonné, une connexion fibrée a principalement le débit et la fiabilité pour atouts. Mais pour les opérateurs aussi, la fibre affiche des avantages qui expliquent le niveau de leurs investissements en ce moment. Au premier rang d’entre eux, la fidélité des clients fibrés, beaucoup moins enclins à passer d’un opérateur à un autre à la faveur d'une promotion. Surtout, il y a le prix : en moyenne, les abonnés à la fibre payent deux à cinq euros de plus par mois que des abonnés ADSL. Une différence massive quand on la calcule à l’année et sur des millions de clients.  Les nouveaux abonnés gagnés aujourd’hui devraient donc le rester longtemps, on comprend aisément qu’Orange, Bouygues, Free ou SFR alignent sur la fibre des budgets de conquête, et des offres commerciales alléchantes. Bouygues et SFR offrent ainsi des téléviseurs Samsung à leurs nouveaux abonnés, quand Free surfe sur le lancement de sa nouvelle Freebox Pop.

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Si la ruée vers le très haut débit de ce printemps n'était pas prévisible, elle arrive à point nommé pour tenir les promesses d'Emmanuel Macron, et même d'aller au-delà. Lui promettait 80% de la France fibrée en 2022, et cet objectif-là n'a pas bougé. En revanche, l'exécutif promet aujourd'hui un pays entièrement fibré d'ici à 2025, une promesse accompagnée de nouveaux financements, 550 millions d'euros pour déployer la fibre dans les zones rurales, moins rentables pour les opérateurs, néanmoins sous pression pour tenir un calendrier désormais accéléré. Et à terme faire de la fibre un réseau essentiel. Comme l'expliquait sur Sud Radio Cédric O, le secrétaire d'état au numérique, “On veut considérer la fibre comme un service universel. Comme on a déployé les réseaux d’eau et d’électricité, on veut que d’ici à 2025 vous ayez tous le droit à un raccordement.” La fibre n'a pas fini d'être le plus grand chantier de France.

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