Tweets hasardeux, joint, insultes... : après un an de dérapages, Elon Musk sauve de justesse sa place chez Tesla

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FLASH-BACK - Elon Musk, l'iconoclaste patron de Tesla, l'a échappé belle ce week-end. Accusé de fraude par le gendarme de la bourse américaine, le milliardaire de 47 ans reste aux manettes du constructeur Tesla, mais se voit évincé du poste de président du conseil d’administration. Retour sur un an de polémiques en tous genres.

On le dit au bord du burn-out. Il s’était longuement confié sur son état d’intense fatigue et de stress, au mois d’août, lors d’un entretien au New York Times. "L'année écoulée a été l'année la plus difficile et la plus douloureuse de ma carrière [...] C'était atroce", avait alors confessé l'iconoclaste PDG de Tesla, affirmant travailler 120 heures par semaine, ne pas avoir pris plus d'une semaine de vacances depuis 2001, manquer des événements familiaux et prendre des somnifères puissants pour trouver le sommeil. Au cours des semaines précédentes, des salariés de Tesla avaient raconté le trouver souvent endormi à leur arrivée à l’usine, où il passe des nuits pour veiller à ce que le groupe atteigne les objectifs de production du Model 3, le véhicule d’entrée de gamme – 35.000 dollars tout de même – censé transformer Tesla en constructeur de masse. 


Le milliardaire de 47 ans a surtout échappé au pire, ce week-end, en signant un accord à l'amiable avec le gendarme de la bourse américaine ( Securities and Exchange, SEC),  qui voulait l'interdire d’exercer tout mandat social et de dirigeant dans des entreprises cotées. Il reste finalement directeur général de Tesla, en échange de son poste de président du conseil d'administration et d'une amende 20 millions de dollars (environ 17 millions d’euros) pour dédommager les investisseurs lésés par plusieurs tweets hasardeux. La société a en effet vu son action chuter de 43%, soit plus d’un cinquième de sa capitalisation boursière, depuis la série de messages postés le 7 août dernier dans lesquels Elon Musk évoquait un retrait prochain de la cote de Tesla à Wall Street, contre un rachat de 420 dollars l'action. Mais il n’en était rien et aucun financement n’avait été prévu pour cette opération, contrairement à ce qu’il  avait prétendu.


Elon Musk, dont l'attitude s'apparente à celle du président américain Donald Trump, lui aussi habitué à polémiquer violemment sur les réseaux sociaux, voire à insulter quiconque n'est pas d'accord avec lui, se produit alors même que le constructeur de voitures électriques est déjà sous pression. Les interrogations sur sa fragilité mentale sont en effet venues s’ajouter aux doutes des investisseurs sur la capacité de Tesla à remplir ses objectifs de production. Rappelons que le groupe n’a jamais dégagé de bénéfices sur une année entière en quinze ans d’existence et brûle des centaines de millions de dollars chaque trimestre. Retour sur un an de polémiques.

Il fume un joint pendant une interview filmée

En vidéo

Elon Musk : dérapage contrôlé... ou non

Septembre 2018. Dans la nuit du jeudi au vendredi 7 septembre, Elon Musk se confie pendant près de deux heures à l’animateur Joe Rogan lors d’une émission suivie par environ 90.000 personnes sur Internet. Entre deux questions, le patron de Tesla sirote un verre de whisky et tire sur un joint que l’animateur lui propose. "Je ne fume presque jamais d’herbe. Je trouve que ce n’est pas bon pour la productivité, c’est un peu l’inverse d’une tasse de café", explique-t-il.


Même si la consommation de cannabis est légale en Californie, le charismatique PDG de Tesla provoque alors la stupeur et renforce les doutes sur sa capacité à diriger le constructeur de véhicules électriques à un moment crucial de son histoire. 

Il accuse un spéléologue britannique de pédophilie

Juillet 2018. Elon Musk attaque violemment sur Twitter Vernon Unsworth, l’un des secouristes des douze jeunes footballeurs pris au piège dans une grotte en Thaïlande. Le désignant comme un "pédophile", sans le citer nommément, il réagissait en fait aux propos de ce dernier. Ce spéléologue britannique avait auparavant qualifié de "coup de pub" la proposition avortée du milliardaire d'envoyer un sous-marin miniaturisé pour aider au sauvetage des enfants. Elon Musk a ensuite effacé ses tweets et s’est excusé. Mais la sanction des marchés ne s'était pas fait attendre : l’action du groupe avait chuté de près de 3%.

Il soupçonne un employé de Tesla de "sabotage"

Juin 2018 : Elon Musk avait accusé un salarié d’avoir commis un "sabotage important et préjudiciable" aux opérations du groupe, dans un courriel adressé au personnel et relayé par des analystes financiers sur Twitter : "J'ai été consterné d'apprendre ce week-end qu'un employé de Tesla a commis un gros acte de sabotage nuisible sur nos opérations, écrit le milliardaire. "Ceci inclut des changements purs et simples de code du système de fabrication de Tesla en empruntant de faux noms d'utilisateurs et l'exportation de tonnes d'informations ultra sensibles à des parties tierces inconnues", poursuit le dirigeant. Le salarié affirme, quant à lui, être un lanceur d'alerte ayant averti de problèmes de sécurité. A Wall Street, le titre perdait 1,63% lors les premiers échanges.

Noter les médias en fonction de leur crédibilité

Mai 2018 : lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, Elon Musk s'était fait remarquer en qualifiant  "d'ennuyeuses" leurs questions et en refusant de répondre sur les problèmes financiers de Tesla. Le constructeur de véhicules électriques fait les gros titres de la presse depuis plusieurs semaines, soit pour des retards de production de son Model 3, soit pour des accidents, dont certains mortels, impliquant son aide à la conduite automatique Autopilot, soit pour les déclarations intempestives et les bras de fer verbaux de son fondateur avec les milieux financiers. A la suite de la parution de nombreux articles critiques sur sa marque automobile, le milliardaire avait fait part de son intention de créer une plateforme permettant au public de noter les médias selon leur crédibilité. Le nom de l'initiative était particulièrement de mauvais goût : "Pravda" (en russe, la "vérité"), en référence au journal de propagande du Parti communiste sous l'URSS.

La 3e Guerre mondiale pourrait être causée par l'IA

Septembre 2017 : le milliardaire avait posté un tweet dans lequel il affirmait que "la compétition pour la supériorité de l'intelligence artificielle à un niveau national pourrait être la cause de la Troisième guerre mondiale". Elon Musk fait partie des grandes figures de la Tech qui ont exprimé, ces dernières années, leur inquiétude vis-à-vis des progrès de l’intelligence artificielle. Pour lui, l’IA représente pour l’avenir de l’humanité une menace bien plus grande que la Corée du Nord, qui vient pourtant de se targuer d'avoir développé une bombe H. Selon lui, ce n'est pas une vraie menace, puisqu'une réaction militaire de la communauté internationale serait "du suicide" pour Pyongyang, affirmait-il.

Quand Elon Musk tacle publiquement Mark Zuckerberg

Juillet 2017 : Elon Musk s'était fendu d'un tweet dans lequel il taclait publiquement Mark Zuckerberg. Dans une vidéo diffusée en direct sur sa page Facebook , quelques heures auparavant, le PDG et fondateur du premier réseau social au monde se disait "optimiste" quant à l’avenir de l'intelligence artificielle, en affirmant que cette technologie allait  considérablement "améliorer notre vie".

A titre d'exemple, le patron de Facebook citait les voitures autonomes qui seront bientôt "plus sûres que les voitures manuelles", ou encore la possibilité de réaliser de meilleurs diagnostics et de meilleurs traitements médicaux. Selon lui, le scénario apocalyptique décrit par Elon Musk est "irresponsable". Lorsqu’Elon Musk a vu passer la critique du PDG du réseau social, sa réaction n'a pas été des plus tendres : "J'ai parlé à Mark de cela. Sa compréhension du sujet est limitée", a-t-il tweeté. 

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