Twitter, Facebook, Google : comment les plateformes commencent à lutter contre les fausses informations

Le label thématique de recherche sur le Coronavirus dans Google
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DÉFRICHAGE - Devenus la 1re source d’informations pour beaucoup, les réseaux sociaux soufflent cependant souvent le chaud et le froid en termes de fiabilité. La faute au concept même de plateforme d’échanges où chacun est libre de dire ce qu’il veut. Les Twitter, Facebook et autres Google sont donc lancés dans une quête pour valoriser les contenus informatifs et lutter contre la désinformation.

Coronavirus, élections, décès de célébrités, manifestations… Les réseaux sociaux sont devenus autant une source d’informations que de fausses rumeurs, qui se relaient parfois encore plus rapidement. Pour assainir leur plateforme et, surtout, vérifier les informations qui s’y propagent -ou tout du moins faire le tri du mieux possible-, Twitter et Facebook commencent cependant à mettre en place des outils. 

Chez Facebook, l’affaire Cambridge Analytica et l’élection présidentielle américaine 2016 ont indéniablement laissé des traces. Les informations erronées, approximatives ou orientées se sont multipliées, à travers notamment des groupes et des partages d’articles. La firme de Mark Zuckerberg a donc décidé de prendre les choses en mains, notamment en amont des élections municipales qui se tiendront en France les 15 et 22 mars prochains. "Nous faisons un effort permanent pour lutter contre la désinformation sur notre réseau social et appliquer la loi française", explique Anton Battesti, Responsable des affaires publiques de Facebook France. "Nous prenons cette responsabilité très au sérieux. Nous investissons massivement pour lutter contre la désinformation sur nos plateformes et promouvoir un journalisme de qualité", ajoute-t-on du côté de Facebook.

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L’entreprise s’est notamment dotée d’un nouveau leitmotiv : "Retirer, réduire, informer". Pour pouvoir supprimer des contenus qui violent ses règles sans parfois répondre aux standards automatisés de la modération, Facebook peut faire valoir différents aspects (spam, contenus haineux, faux comptes, informations électorales incorrectes…). La branche française est aussi à l’initiative depuis quelques mois dans le cadre d'une collaboration avec des fact-checkers tiers (AFP, Libération, Le Monde, France 24, 20 Minutes). Un partenariat qui a été étendu à  55 médias dans plus de 45 langues  à travers le monde. 

Facebook s’appuie aussi sur une intelligence artificielle entraînée à identifier les articles douteux. Ceux-ci peuvent également être signalés par des utilisateurs. Ces contenus sont ensuite soumis aux fact-checkers. Et en fonction de l’évaluation qu’ils en font, des actions sont prises pour faire en sorte que cette information soit moins visible si elle est partiellement inexacte ou biaisée. "Elle écopera de points de pénalité et apparaîtra beaucoup plus bas dans le fil d’actualité des utilisateurs", avance Anton Battesti. 

L’article s’accompagnera alors d’un encadré de fact-checking expliquant que le contenu est faux. "Cela limite la visibilité de ces fausses nouvelles d’environ 80% en moyenne", ajoute-t-il. Ces résultats servent également à améliorer l’IA et à permettre d’identifier encore plus vite de potentielles fausses nouvelles. Pour autant, Facebook ne retire pas le contenu car il ne viole aucune règle. Mais l’utilisateur sera averti s’il veut vraiment partager un contenu qui s’avère faux. "Les fact-checkers ne peuvent pas tout vérifier et régler", reconnaît-on chez Facebook, tout en justifiant la liberté laissée à chacun de débattre et aux contradicteurs de donner de la voix pour que chacun puisse se faire un avis éclairé.

La cellule fact-checking intervient aussi sur Instagram pour identifier les photos et vidéos qui pourraient s’avérer être des "fake news". "En général, nous les identifions sur Facebook et nous effectuons de la recherche préventive sur Instagram", résume Anton Battesti. "Mais c'est plus difficile sur WhatsApp car la viralité des faux messages se fait en groupe. On ne peut que limiter le nombre de personnes auxquelles va être transmis le contenu simultanément", ajoute Elisa Borry, Responsable des relations avec les politiques et les gouvernements.

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Mieux filtrer et sélectionner les informations : l’exemple du coronavirus

Dernier sujet en date à susciter bon nombre de réactions des internautes et à voir filer des contenus erronés qui se partagent comme des petits pains : le coronavirus. Facebook s’en remet aux organisations sanitaires et à l’OMS pour signaler les contenus de fausses déclarations, des théories conspirationnistes, de faux remèdes ou des mots-clés de désinformation.

Mais comment faire le tri pour bien s’informer ? Google a annoncé le lancement de la fonction "SOS Alert" (Alerte SOS). Si vous tapez dans le moteur de recherche un terme qui fait l’objet d’une alerte activée, cela vous sera proposé dans les résultats et vous basculerez alors vers une page de recherche avec toutes les informations essentielles fournies par Google et ses partenaires (articles, infos pratiques, conseils, sites d’aide…). Et vous pourrez partager le résultat. Ce procédé est utilisé pour toute situation de crise recensée par Google.

Chez Twitter aussi, on sait l’importance de sa plateforme dans la transmission des informations, bonnes ou mauvaises. Rien que sur le coronavirus, le réseau social au petit oiseau a comptabilisé plus de 15 millions de tweets en quatre semaines. "Nous ne voyons pas de tentatives coordonnées importantes visant à diffuser à grande échelle de la désinformation sur ce sujet", relativise cependant Audrey Herblin-Stoop, en chargeur des politiques publiques chez Twitter, sur le blog de l'entreprise. Si la société joue quand même la carte de la vigilance pour "garantir que les tendances, les recherches et les espaces communs de la plateforme soient protégés contre les comportements malveillants", elle a néanmoins pris les devants pour mieux informer.

Au sein de la section #Explorer, Twitter a ainsi mis à jour les informations autour du terme #Coronavirus, dans les pays concernés. En tapant le terme dans la barre de recherche, vous verrez apparaître des informations et des recommandations en lieu avec les sites officiels gouvernementaux et sanitaires. Et la firme américaine a aussi coupé toutes les suggestions automatiques autour du virus qui apparaissaient et étaient "susceptibles d’orienter les personnes vers des contenus non crédibles sur Twitter."

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