Un million d'utilisateurs perdus en Europe : Facebook en crise de croissance

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ESSOUFFLEMENT - Mark Zuckerberg savait depuis longtemps déjà que les arbres ne poussent pas jusqu'au ciel, et les chiffres le confirment : en Europe et aux États-Unis, Facebook ne croît plus. Instagram, Messenger et Whatsapp sont-ils prêts à prendre le relais ?

Votre page Facebook est un business en berne. C'est ce que sont venus confirmer les derniers chiffres de Facebook, publiés ce mardi. Certes, avec près de 2,3 milliards d'utilisateurs dans le monde, l'audience globale et les revenus du réseau social sont toujours en hausse, mais l'audience plafonne aux États-Unis depuis quelque temps déjà, et surtout, pour la première fois, en Europe, le nombre d'utilisateurs actifs mensuels a décroché. Un petit million de moins, un chiffre dont l'impact est d'abord psychologique, pour une entreprise habituée à des courbes qui pointent toujours vers le haut.


On pourrait penser que la croissance de Facebook hors pays occidentaux comblerait la stagnation de son audience chez nous, et on aurait tort. Quand sur le trimestre écoulé un utilisateur américain rapporte en moyenne $27,50 à Facebook, un utilisateur asiatique lui en rapporte péniblement 3,70 dollars. Autre enseignement des derniers chiffres de Facebook : l'entreprise est toute entière tournée vers le mobile, qui tous services confondus représente aujourd'hui 92% de ses revenus publicitaires. Et c'est bien de là que Mark Zuckerberg voit venir l'éclaircie.

Instagram, Whatsapp, et Messenger amortissent le coup

Si Facebook, l'application, bute aujourd'hui sur un plateau d'audience, Facebook, l'entreprise, a elle tout ce qu'il faut comme relais de croissance. "Notre communauté et notre business continuent à croître rapidement, plus de deux milliards de personnes utilisent au moins l'un de nos services chaque jour", a expliqué mardi Mark Zuckerberg. On ne parle plus ici du fil, du wall, ou de l'application Facebook, mais bien de ce que le fondateur de Facebook construit patiemment depuis le début des années 2010, avec l'acquisition d'Instagram, de Whatsapp, et l'investissement massif dans Messenger sur les cinq dernières années. De quoi soutenir l'audience globale, mais reste encore à traduire la fréquentation en revenus : aujourd'hui, aucune des trois applications ne génère le genre de cash que rapporte un utilisateur de Facebook, et si les entrées d'argent de l'entreprise continuent de croître, cette croissance à deux chiffres montre des signes d’essoufflement.

Les gens partagent plus de photos, de vidéos et de liens sur Whatsapp et sur Messenger qu'ils ne le font sur les réseaux sociaux.Mark Zuckerberg, Cofondateur de Facebook

Les chiffres d'usage des applications de Facebook l'expliquent sans fard : "Les gens partagent plus de photos, de vidéos et de liens sur Whatsapp et sur Messenger qu'ils ne le font sur les réseaux sociaux", constate Zuckerberg. Des chiffres qui donnent un peu le tournis : plus d'une centaines de milliards de messages y sont échangés chaque jour, et plus d'un milliard de stories y sont partagées. Au moment où son produit star s’essouffle un peu, Facebook a en fait déjà gagné la bataille suivante, au moins sur les audiences. Snapchat n'arrive plus à endiguer la concurrence d'Instagram et de Messenger. Ne reste en fait que iMessage chez Apple qui fait figure de concurrent sérieux, mais limité aux utilisateurs d'iPhone, en attendant un jour de le voir s'ouvrir au monde Androïd (on peut rêver).

Plus de pubs dans nos apps ?

Conséquence attendue du déplacement de l'audience : Facebook pourrait se mettre à insérer plus de publicités dans ses applications de messagerie instantanée. Si Instagram est déjà fort rentable, les utilisateurs de Messenger voient déjà de la publicité s'insérer au milieu de leur Inbox, avec comme valeur ajoutée de pouvoir démarrer une conversation avec le produit ou la marque. Reste Whatsapp, qui depuis sont acquisition faisait figure de forteresse, ses fondateurs ayant longtemps promis que l'application resterait gratuite et sans publicité. Des fondateurs qui ont depuis quitté l'entreprise, vendue plus de vingt milliards de dollars. Attendons-nous à voir là aussi apparaître un peu de publicité ciblée.

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