Un site de l'Otan attaqué par des hackers ukrainiens

Un site de l'Otan attaqué par des hackers ukrainiens

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INTERNET – Un groupe de hackers ukrainiens a pris pour cible l'Otan. Plusieurs autres site pro-russes ont également été attaqués. Un virus baptisé Snake pourrait avoir été déployé dans ce but, à partir de 2006.

"Nous avons lancé une attaque contre l'Otan. Nous n'admettrons pas sur le territoire de notre patrie la présence de l'Otan". Voilà comment le groupe de hackers ukrainiens CyberBerkout a revendiqué l'attaque du site appartenant à l'Alliance atlantique.

Leur nom fait référence aux "Berkout", les unités de la police antiémeute venues attaquer sur le Maïdan de Kiev les contestataires qui réclamaient la chute du président Viktor Ianoukovitch. Ces unités spéciales ont été démantelées après la chute le 22 février du président. Elles sont accusées d'avoir infligé des pertes considérables aux contestataires lors de la répression qui a fait une centaine de morts.

Pas de conséquence opérationnelle

Selon la porte-parole de l'Otan, Oana Lungescu, les attaques contre l'alliance n'ont pas eu de conséquences opérationnelles même s'il était impossible d'accéder au site de l'Otan pendant plusieurs heures. Un peu plus de 24 heures plus tôt, ce sont les sites internet du Kremlin, du ministère russe des Affaires étrangères, de la Banque centrale russe et de l'agence publique d'information Ria Novosti qui reconnaissaient avoir été victimes du même type d'attaques DdoS (envoi massif de requêtes pour saturer les serveurs).

C'est en fait avant que la crise ukrainienne n'atteigne son paroxysme que des outils informatiques les plus complexes ont été déployés. Selon un rapport du groupe britannique de défense BAE Systems, un virus informatique très puissant a infiltré des ordinateurs en Ukraine, où 22 cas ont été enregistrés depuis 2013. Ce virus baptisé Snake est "l'une des menaces les plus sophistiquées et les plus persistantes que nous étudions", indiquait une filiale de BAE Systems spécialisée dans la lutte contre le cyber-espionnage.

Plutôt un "virus d'espionnage"

Apparu en 2006, Snake semble avoir été déployé de façon plus agressive depuis 2013. Et l'Ukraine en est la principale cible. BAE Systems soupçonnait un "groupe bien organisé et techniquement sophistiqué", sans pouvoir dire qui exactement est derrière cette campagne.

Les experts interrogés récemment par l'AFP relevaient que les Russes, immédiatement montrés du doigt, avaient les moyens d'effacer les traces de leur passage et auraient été plus discrets. Eugene Kaspersky, patron de la société russe de sécurité informatique Kaspersky, rappelait pour sa part qu'il s'agissait plus d'un "virus d'espionnage" que d'une "cyber-arme".

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