VIDÉO - 30 kg de fonte portés sans douleur : on a testé l'exosquelette des Jeux paralympiques de Tokyo

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REPORTAGE - Nous y sommes déjà : l’exosquelette n’est plus un objet de science-fiction. L'une de ces machines d'assistance sera ainsi utilisée aux Jeux Paralympiques de Tokyo cet été. Nous avons pu la tester en exclusivité.

L’homme augmenté entre en action. Il a fallu à peine deux minutes à l’ingénieur pour nous ajuster la "Power Suit", que l’on revêt comme un sac à dos. Conçue au sein des laboratoires d’Atoun, une filiale de la firme japonaise Panasonic, cette combinaison d'assistance de type robotique sera utilisée cet été aux Jeux paralympiques à Tokyo, pour la première fois. Non pas pour "augmenter" les athlètes en compétition, mais pour soulager le personnel chargé de positionner puis d’enlever les poids sur les barres des altères.

Pas besoin d'effectuer de préréglages, contrairement à la plupart des combinaisons robotiques. Une fois sur les épaules, il suffit de presser un bouton pour que l’engin détecte automatiquement les mouvements du corps.  L’ensemble pèse seulement 4,5 kilos, répartis entre les épaules et les jambes. De quoi fournir à son porteur fluidité et aisance lorsqu'il se déplace. Des lanières, enserrant fermement le torse, se rejoignent sur la poitrine. "Dans le même temps, deux petits moteurs, situés au niveau des hanches et couplés à des capteurs, donnent à son utilisateur, lorsqu’il soulève ou repose une charge lourde, une puissance mécanique additionnelle", explique à LCI Keiji Ogishima, ingénieur chez Panasonic.

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Il y a quelques jours, à l’occasion des Mondiaux d’haltérophilie handisport qui se déroulaient à Manchester, nous avons donc pu découvrir -et tester nous-même- en exclusivité l’une de ces machines amenées à se banaliser dans les années à venir. Sur place, à l'entrée du Wythenshawe Forum, un groupe d'athlètes attend alors le début de la compétition. A la clé, une qualification pour les Jeux paralympiques qui auront lieu du 25 août au 6 septembre 2020, juste après les JO.

Mais avant leur passage, dans l'ombre, des membres de l'organisation - qui ne présentent pas de handicap- sont pour leur part chargés de placer les poids sur les barres des altères. A Tokyo, on estime que ces "spotters loaders" manipuleront chacun près d'une tonne de fonte. D'où l'intérêt pour eux de cette combinaison robotique.

"Gzzzt, Gzzzt, Gzzzt"

Pour notre test, direction la salle d'échauffement pour une petite séance de portage de poids. Devant nous, des disques de 20 et 30 kilos qu’il s’agit de soulever. Lors du premier essai, sans l’aide de la machine, une tension se fait immédiatement ressentir au niveau du bas de la colonne vertébrale. Au bout de quelques minutes, une petite douleur commence même à apparaître. 

L’ingénieur appuie (enfin) sur l’interrupteur qui active la "Power Suit". Comme prévu, soulever les poids s'effectue alors quasiment sans effort. Une fois, deux fois (…) six fois, sept fois. La poussée, agrémentée d'un son robotique "Gzzzt Gzzzt Gzzzt", intervient au niveau des cuisses et du haut du tronc. Le mouvement est soudain, un peu brutal, parfois. Mais on s’y habitue rapidement. Au fur et à mesure, on finit presque par oublier l'intervention de la machine. 

A l'issue de la compétition, le personnel chargé de placer les poids sur les altères semble en tout cas ravi d'avoir pu bénéficier de cette aide technologique. "D'habitude, je porte une ceinture dorsale pour protéger mon dos. L'avantage, avec cet exosquelette, c'est qu'il apporte de la puissance en plus de la sécurité", nous explique Justin, l'un des assistants.

En vidéo

Les chercheurs travaillent sur une nouvelle génération d'exosquelettes

Au Japon, elle permet à des gens de travailler plus longtemps, sans pour autant s’abîmer la santé.- Takashi Tsurumaru, responsable vente chez Atoun.

Au Japon, pays le plus "robot friendly" au monde, ces machines d’assistance servent d’ores et déjà pour tout un tas de choses, dans l’industrie, le BTP ou encore l’agriculture. L’archipel mise en effet sur les combinaisons robotiques pour répondre aux besoins d’une société vieillissante et en pénurie de main-d’œuvre -de 127 millions en 2014, le nombre d’habitants devrait passer sous la barre des 100 millions d’ici 2050. 

Sur le marché japonais, Panasonic vend déjà la "Power Suit" pour environ 7.000 euros. "Son prix va diminuer rapidement", assure Takashi Tsurumaru, responsable des ventes. La firme espère maintenant commercialiser l'engin en Europe dès l’été prochain. La plupart du temps, ces dispositifs s'adressent à des personnes ayant un handicap. Ce n’est donc pas un hasard si Panasonic a misé sur les Jeux paralympiques pour offrir une vitrine à son produit.

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