Bug du 6 avril 2019 : comment savoir si mon appareil GPS va survivre ?

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RESET - Ce 6 avril, toutes sortes d’appareils intégrant une puce GPS pourraient bien ne plus fonctionner correctement, voire carrément se retrouver HS. Et comme pour le bug de l’an 2000, tout ici tient à un problème de date. Explications.

Le GPS est partout. Pas juste l’écran de navigation qui trône sur la planche de bord de votre voiture, mais le GPS comme technologie intégrée à tout ce qui de près ou de loin doit pouvoir se localiser, se repérer dans l’espace. Peu importe que l’Européen Galileo et le Russe Glonass aient rejoint dans les airs le pionnier américain, c’est bien ce dernier qui est quasiment devenu un nom commun, une de ces technologies d’évidence, aujourd'hui aussi naturelle -et aussi indispensable- que l’air que nous respirons. 


En trente ans, la technologie s’est démocratisée, à des prix qui en ont fait une commodité. Du coup, des puces GPS, nous en avons partout, dans toutes sortes d’appareils grand public, mais aussi et surtout dans l’industrie, l’agriculture, les transports. Or, le système cache en son cœur une sérieuse vulnérabilité. 

Le 6 avril 2019 remet les compteurs à zéro

Pour se repérer dans l’espace, une puce GPS a en effet besoin de recevoir les signaux d’autant de satellites GPS que possible, des signaux qu’elle va trianguler pour déterminer sa position, en calculant le temps de décalage entre chaque signal par rapport à son horloge. Rappelons que le temps, pour un GPS, est une valeur cruciale. Or, dans cette horloge justement, les semaines ont un numéro, codé sur 10 bits, assez pour aller de zéro à 1023, mais pas plus loin. 


Passé 1023, on repasse donc à zéro. Un millier de semaines, ça laisse le temps de voir venir, n'est-ce pas ? Oui et non, la dernière fois que le compteur est retombé à zéro, nous étions en 1999, époque à laquelle le GPS était encore un outil assez limité, et une option onéreuse pour l’automobile. Et 1024 semaines plus tard, nous voici arrivés au 6 Avril 2019.

Les smartphones pas concernés ?

A priori, nos smartphones d'aujourd'hui ne sont pas des victimes en puissance. Tout d’abord parce qu’ils sont tous capables de recevoir une mise à jour logicielle, mais surtout parce que la date n’y est pas codée de la même façon. Ces engins auraient donc le temps de voir venir, jusqu’à 160 ans entre chaque remise à zéro du calendrier. Assez pour s’assurer que vous ayez changé d'appareil d’ici-là. 


En dehors des smartphones, nombre d’appareils connectés produits depuis 2010 ont d’ailleurs adopté le même standard. Ils ne devraient par conséquent pas souffrir de l’arrivée du 6 avril. C’est pour tous les autres qu’un point d’interrogation demeure.

Seul recours, le constructeur

Si vous utilisez un appareil qui embarque donc une puce GPS, que vous le possédez depuis une dizaine d’années ou au-delà, et qu’il n’est pas régulièrement mis à jour, alors vous entrez dans une zone d’incertitude. Il n’existe pas de liste définitive des produits, des puces ou des marques affectées par le problème. Le seul recours est le constructeur de l’appareil, en espérant qu’il existe encore, et qu’il assure l’après-vente de ses vieux appareils.


On sait que nombre de systèmes de navigation maritimes pourraient ainsi être touchés ainsi que beaucoup de récepteurs GPS utilisés pour donner un temps précis dans des applications industrielles. Certaines puces signées Trimble ou STMicro sont concernées, même si des mises à jour de leur logiciel interne sont possibles. Dans tous les cas, le site du constructeur de l’appareil devrait fournir davantage d’informations. Parmi les spécialistes, Tomtom a publié une page spéciale pour les possesseurs de GPS qui nécessitent une mise à jour.

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