VIDÉO - Ludivine Sagnier dans Call of Duty WWII : "Que les gamers se disent 'il est mortel ce personnage !'"

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INTERVIEW - Ce vendredi 3 novembre, Call of Duty WWII (World War II) débarque sur consoles de salon et PC. Ludivine Sagnier prête sa voix à Rousseau, une figure de la Résistance française. C'est la première fois que l'actrice française double un personnage de jeu vidéo. Rencontrée cette semaine lors de son passage à la Paris Games Week, elle a raconté cette expérience hors du commun à LCI.

Ludivine Sagnier entre en résistance. Pour les besoins du prochain Call of Duty, intitulé sobrement "WWII" (pour Seconde Guerre mondiale, ndlr) et dont la sortie est programmée ce vendredi 3 novembre, l'actrice de 38 ans a doublé un personnage dans trois langues (en anglais, en allemand et en français). Célèbre pour ses rôles dans Huit Femmes et Swimming Pool, deux films de François Ozon, elle incarne cette fois-ici une dénommée Rousseau, une résistante française, figure du mouvement de libération de la France.

À l'occasion de la Paris Games Week, l'événement vidéoludique qui se tient à Paris jusqu'au 5 novembre, LCI a pu s'entretenir avec Ludivine Sagnier. Elle a évoqué son premier contact avec le jeu, son personnage et le travail pendant tout le processus de doublage. 

LCI : Vous incarnez Rousseau dans Call of Duty WWII. Pouvez-vous nous parler d'elle ?

Ludivine SAGNIER : Je joue Rousseau, une figure de la Résistance française, déterminée et brave, que le joueur sera amené à rencontrer dans la peau du soldat américain Red Daniels. Elle va l'aider pour gagner son combat et éventuellement la guerre. Il était important de raconter des faits qui sont véridiques. Les Américains ont sauvé la France, c'est un fait indéniable. Mais il y a eu un travail collectif avec les résistants français. Les développeurs se sont documentés à outrance pour retranscrire tout ça. On raconte une vérité historique, des faits qui sont précis et absolument vrais. On n'est pas du tout dans le fantasme d'un Américain qui raconte qu'il a gagné tout seul la guerre. On est vraiment dans quelque chose de réel. D'ailleurs, si vous vous amusez à comparer le cadastre des villes qui sont décrites dans le jeu avec la réalité, vous vous rendrez compte que c'est complètement calqué sur ce qui a vraiment existé. Je suis impressionnée par la véracité qu'ils ont su donner à ce jeu.

Quand on m'a proposé le rôle, j'ai appelé un ami qui m'a dit : "Fonce !"Ludivine Sagnier

LCI : Comment avez-vous réagi lorsqu'on vous a proposé le rôle de Rousseau ?

Ludivine SAGNIER : Je connaissais Call of Duty comme je connais GTA (Grand Theft Auto, ndlr). Ce ne sont pas des jeux auxquels je joue mais c'est impossible aujourd'hui de ne pas savoir ce qu'est Call of Duty. À moins d'être sur une île déserte. (rires) Je connaissais le prestige de la franchise. Quand on m'a proposé le rôle, j'ai appelé un ami "gamer" (joueur, ndlr) qui m'a tout de suite dit : "Fonce !" Il était hyper impressionné qu'on m'appelle pour ça. Ce qui me fascinait, c'était de pénétrer dans le monde du jeu vidéo, de rencontrer tous les gens, ces artisans numériques, qui le fabriquent et le façonnent. Quand on est acteur, on n'a pas l'occasion de rencontrer tous ces gens-là et de les voir au travail. Là, c'est comme si on me proposait d'aller visiter une sorte d'orfèvrerie, de les voir faire leur dentelle et développer leurs programmes. C'est ce qui m'a motivée au départ quand j'ai accepté.

LCI : Pendant que vous enregistriez votre voix, avez-vous pu "rencontrer" votre personnage pour vous aider à capter toute son essence ?

Ludivine SAGNIER : On m'a montré des petites choses. J'ai pu voir mon personnage mais à l'époque c'était un "zombie" qui n'avait ni yeux ni cheveux. Donc j'ai quand même eu à faire un travail d'imagination assez conséquent. Après on m'a fourni le plus d'informations possibles pour que je puisse interpréter mon personnage de la manière la plus confortable. J'avais un dossier pour m'aider, j'avais lu aussi le scénario. Mais c'était un travail très fastidieux parce que ce n'était pas du tout un produit fini sur lequel je travaillais. En plus de ça, on a doublé en trois langues (français, anglais et allemand, ndlr) donc c'était vraiment éprouvant.

En vidéo

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Dans le jeu vidéo, on a une liberté totale de créationLudivine Sagnier

LCI : Comment se passe un doublage de jeu à la différence du doublage traditionnel ?

Ludivine SAGNIER : Doubler un acteur ou une actrice, c'est super parce qu'on a la chance de doubler quelqu'un d'extraordinaire. Ça nous tire vers le haut, on a envie de l'imiter et d'être à sa hauteur. Il y a quelque chose de très stimulant. En revanche, quand on double un "zombie", qui n'a pas de tête et pas de couleur, la stimulation doit venir d'autre part. On a une liberté totale de création. On n'a pas forcément de référence, du coup on s'inspire de soi-même plutôt que de s'inspirer de l'autre. Dans le jeu vidéo, la difficulté est supplémentaire parce qu'on n'a pas le même confort de travail qu'on peut avoir sur les dessins animés, où on a la bande rythmo avec le texte qui passe et grâce auquel on double quasiment comme du karaoké. C'est très facile de choper (sic) la synchro parce que tout est écrit. Là, on doit se référer à l'onde de la voix-témoin pour essayer de rentrer son paragraphe au même moment et essayer d'avoir une espèce de synchronisation extrêmement aléatoire. On a juste un rythme, avec un temps de départ, un autre d'arrivée et on doit caser son texte dedans. Quand c'est en français, c'est facile d’accélérer ou de ralentir le débit de la parole. Quand c'est en anglais, c'est plus difficile. Quand c'est en allemand, je peux vous assurer que c'est hardcore.

Doubler GTA, ça me tente bienLudivine Sagnier

LCI : Au début de votre carrière, vous doubliez les voix pour le cinéma, sans que l'on sache que c'était vous. Maintenant, les gens vont jouer en entendant votre voix...

Ludivine SAGNIER : (Elle coupe) Je ne suis pas sûre que ça me fasse quelque chose. Les gens qui jouent à Call of Duty ne sont pas forcément familiers de mon travail. Moi, ce qui m'intéresse, c'est que les "gamers" se disent : "Olala, il est mortel ce personnage ! J'ai adoré jouer avec cette femme. C'est cool de jouer avec des femmes." Voilà ce que j'ai envie qu'ils se disent. Après qu'on reconnaisse ma voix ou pas, ce n'est pas un enjeu pour moi.

LCI : Pour quel jeu, seriez-vous prête à revivre l'expérience du doublage ?

Ludivine SAGNIER : GTA, ça me tente bien parce que c'est bling-bling. C'est du genre, en fait. C'est un genre que je ne connais pas et que j'adorerais bien sûr.

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