Des caméras qui détectent si vous utilisez votre portable au volant ? Ce n'est plus de la science-fiction

L'Australie vient de dégainer le premier système de verbalisation automatisée qui fera la chasse à l'usage du mobile au volant.
High-tech

FLAG - Mauvaise nouvelle pour les conducteurs qui ne peuvent se passer d'un coup d’œil régulier sur leur smartphone : ils pourront désormais être "flashés" par des systèmes automatiques. Des caméras dopées à la reconnaissance d'images ont été mises en service en Australie il y a quelques jours. Reste à savoir si le dispositif sera un jour utilisé en France.

Les dangers du smartphone au volant ne font plus débat. Selon la Sécurité routière, le portable serait à la source de 10% des accidents corporels, l'utiliser en conduisant multipliant notamment le risque d'accident par 23.

Si l'usage du mobile au volant est interdit depuis 2003 en France, il a néanmoins fallu attendre 2017 pour que l'infraction n'entre dans le champ de la vidéo-verbalisation. Un agent peut ainsi vous dresser procès-verbal s'il vous voit utiliser votre appareil sur son écran de contrôle. Mais aujourd'hui, la technologie passe à l'étape suivante : comme pour les excès de vitesse, des systèmes automatiques peuvent désormais détecter les conducteurs concentrés sur leur écran plutôt que sur la route.

Une arme de distraction massive

Si des expérimentations autour de ce type de dispositifs existent en Europe et aux États-Unis, c'est l'Australie qui vient de dégainer le premier réseau de verbalisation automatique au monde, dans la région de Sydney. Quarante-cinq caméras y surveillent désormais de grands axes routiers pour combattre le smartphone au volant, arme de distraction massive. 

Ici, les règles sont un peu différentes que dans l'Hexagone : interagir avec son smartphone n'est pas entièrement interdit. On peut par exemple entrer une adresse de destination dans Maps ou Waze, choisir une musique ou répondre à un appel. Mais à une condition : le téléphone doit être fixé au tableau de bord et non pas tenu à la main. Un détail que le système de reconnaissance d'images semble savoir gérer sans souci, lui qui fonctionne 24h/24, de jour comme de nuit, avec des caméras verticales apercevant à la volée ce qui se passe derrière votre planche de bord.

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Les autorités de la région de Sydney croient dur comme fer à la fiabilité du système, assez pour le laisser décerner de lourdes sanctions : cinq points de permis (dans le système australien, le retrait de treize points sur trois ans entraîne un retrait de permis) et un peu plus de 200 euros d'amende par infraction. 

Lors des premiers essais, une caméra avait réussi à détecter 400 conducteurs en faute sur une seule journée. Ses promoteurs promettent que le système est là pour renforcer la sécurité au volant et non pour garnir les caisses de la région. Pour preuve, la mise en service des caméras est accompagnée d'une période-test de trois mois, pendant lesquels les conducteurs pris en flagrant délit ne recevront qu'un avertissement dans leur boîte aux lettres. À terme, ces même caméras pourraient détecter d'autres comportements à risque, comme manger au volant.

En France, la menace du retrait de permis immédiat

Chez nous, l'arrivée de ce type de systèmes ne semble pas encore d'actualité, au moment où les sanctions pour usage du smartphone au volant sont en train de s'alourdir. Dans la nouvelle Loi Mobilités qui vient d'être votée au Parlement, une nouvelle sanction prévoit désormais le retrait immédiat du permis d'un conducteur pris le mobile à la main. Seule condition : que cette infraction en accompagne une autre (stop grillé, franchissement de ligne blanche, refus de priorité...). Un retrait qui ne pourra être prononcé qu'en cas de délit constaté en personne par un gendarme ou un policier. 

Difficile pour autant d'imaginer que le législateur ne regarde pas d'un œil intéressé les tests en grandeur réelle en cours en Australie. À quand le premier retrait de permis 100% automatique ?

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