Lutte contre l'obsolescence programmée : qui sont les bons et les mauvais élèves ?

Lutte contre l'obsolescence programmée : qui sont les bons et les mauvais élèves ?
High-tech

ÉCOLOGIE - Depuis 2015, les fabricants d'électroménagers doivent afficher la disponibilité des pièces détachées sur leurs produits pour lutter contre l'obsolescence programmée. Les pratiques se sont-elles améliorées ? Quels sont les produits les résistent le mieux au temps ? LCI fait le point.

Et si demain, tout le monde pouvait rafistoler son lave-linge sans avoir besoin d’aide ? Réparer plutôt que racheter devient un réflexe pour de plus en plus de consommateurs. Oui, mais voilà : à l’ère de la civilisation du "tout jetable", en dépit de leur bonne volonté, cela n’est pas toujours possible. "Les logiciels sont mis à jour régulièrement et mon ordinateur ne les supporte plus. Au bout d’un moment, quoi qu’il en soi, il faut racheter un nouvel appareil", constate, dans le reportage de TF1 ci-dessus, une cliente venue s’équiper dans un grand magasin d'électroménager et de high-tech. "J’ai dû jeter ma machine à café. Le fabricant m’a dit qu’elle n’était pas réparable", explique un autre. Souvent, le montant de la réparation décourage. Elle "coûte parfois les deux tiers du prix d’un appareil neuf. Ce serait idiot de faire réparer et de découvrir une nouvelle panne dans six mois ou un an", souligne un troisième. 

Mais les choses semblent s'améliorer. Dans son dernier baromètre du SAV, l’enseigne Fnac-Darty constate que la durée de vie des appareils augmente globalement, et surtout qu’ils sont plus facilement réparables. "Il y a des fabricants qui commencent à réfléchir sur la manière de concevoir le produit différemment. Avant, par exemple, on avait beaucoup d’ordinateurs dont les batteries étaient soudées. Maintenant, de plus en plus ont des visses et on peut remplacer facilement la batterie", souligne Régis Koenig, responsable de la politique services Fnac Darty.

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C’est notamment le cas pour le gros électroménager, une catégorie de produits pour laquelle "les marques comme Siemens, Bosch, Miele, Electrolux et Liebherr consentent à un effort significatif pour améliorer la durée de disponibilité de leurs pièces détachées, passant de 7 à 10 ans en moyenne, voire à 11 ou 15 ans pour les plus vertueuses en la matière", souligne l'enseigne dans un communiqué.

Dans l’univers du petit électroménager, le score de durabilité est nettement plus faible, en raison de l’absence de pièces détachées ou par le prix élevé de celles-ci par rapport au prix de l’appareil neuf. "Moulinex Tefal, Magimix et Rowenta agissent cependant pour allonger la disponibilité de leurs pièces détachées, un enjeu majeur pour favoriser la durabilité des produits", constate le distributeur.

Sur le podium des produits les plus durables, on trouve les aspirateurs avec sac, les plaques de cuisson et les lave-linges.  A l'inverse du côté des produits électroniques, les montres connectées, radios et smartphones affichent les scores les plus bas. En cause, encore une fois, la faible disponibilité des pièces détachées. "Si vous cassez votre téléphone ou s’il tombe en panne au bout de trois ans, vous n’êtes pas certain d’avoir la pièce détachée pour le faire réparer", explique Régis Koenig, responsable de la politique services au sein de l’enseigne FnacDarty.

Il faut aller plus loin en obligeant les constructeurs à conserver les pièces détachées plus longtemps et à concevoir les produits pour qu’ils soient réparables.- Marine Foulon, responsable communication de Zero Waste France.

Sur le plan juridique, depuis cinq ans, l'obsolescence programmée constitue un délit, passible d'une amende 300.000 euros et jusqu'à deux ans de prison. Les constructeurs d’électroménager ont désormais l’obligation d’afficher la disponibilité des pièces détachées. Mais les associations de défense de l’environnement jugent la mesure insuffisante. "Il faut aller plus loin en obligeant les constructeurs à conserver les pièces détachées plus longtemps et à concevoir les produits pour qu’ils soient réparables", souligne Marine Foulon, responsable communication de Zero Waste France.

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Pour aider les consommateurs, à compter du 1er janvier 2021, tous les produits électroniques et électroménagers seront dotés d'un "indice de réparabilité", calculé selon cinq critères : la fourniture d'une documentation détaillée par le fabricant, le niveau de démontabilité et de remontabilité de l'appareil, la disponibilité des pièces détachées ainsi que le rapport entre le prix d'achat de la pièce détachée la plus onéreuse et le prix d'achat du produit original. Celui-ci prendra la forme d’une note allant de 1 à 10. De quoi mieux informer le consommateur sur la durabilité du produit qu'il s'apprête à acheter.

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