Enquête : la reconnaissance faciale nous dirige-t-elle vers la fin de l'anonymat ?

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ENQUÊTE - La reconnaissance faciale envahit notre monde et son utilisation fait débat. Faut-il modifier la loi, au risque de moins bien protéger les données personnelles, pour lui permettre de se développer ? Nos journalistes ont enquêté sur le sujet.

Apparue il y a vingt ans, la reconnaissance faciale a pendant longtemps fait penser à de la science-fiction. Depuis, cette technologie a largement envahi notre quotidien. Notre pays a pourtant une législation très stricte sur la surveillance et les libertés individuelles. Mais la pression devient de plus en plus forte pour l'assouplir. Dernier exemple en date, au tribunal correctionnel de Lyon, un certain Hedi H. comparaissait pour vol de marchandise. Il a été reconnu coupable sans aveu, ni empreintes digitales, ni traces ADN, ni aucune preuve classique.

Pour le confondre, les gendarmes ont simplement soumis des images du délit à un logiciel de reconnaissance faciale, et son nom est sorti. Ce délinquant bien connu de la police était fiché au Traitement des Antécédents Judicaires, le TAJ. Au total, 18,9 millions de personnes sont répertoriées dans cette base de données, ce qui en fait le plus important fichier policier de France. Et pour 3 millions et demi d'entre eux, au moins une photo accompagne la fiche. 

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Son usage par la police est illégal dans certaines villes

L'analyse informatique des images tournées par des caméras toujours plus précises et toujours plus nombreuses, c'est le nouveau Graal de la sécurité publique et privée. A Nice, en février dernier, les autorités ont utilisé un dispositif de "reconnaissance faciale" lors du Carnaval, à titre expérimental. Pour le maire de la ville Christian Estrosi, il est temps aujourd'hui de généraliser le dispositif et de faire évoluer un cadre juridique dépassé.

En Chine, le gouvernement a fait le choix de la reconnaissance faciale généralisée. La population est donc en situation de contrôle d'identité permanent. A l'inverse, plusieurs villes californiennes ont interdit les usages policiers de la reconnaissance faciale, au nom de la protection des libertés publiques. 

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