Faut-il avoir peur de la 5G pour notre santé ? Notre enquête

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TECHNOLOGIE - De plus en plus d'inquiétudes s'expriment au fur et à mesure du déploiement de la 5G, notamment sur ses conséquences éventuelles sur la santé. Mais qu'en dit la science exactement ?

La question n'en finit plus d'enflammer les élus et de diviser l'opinion publique : la 5G est-elle dangereuse pour la santé ? Outre les polémiques et les inquiétudes, le déploiement de cette nouvelle technologie de téléphonie mobile alimente aussi beaucoup de fantasmes, donnant corps à de nombreuses intox qui se diffusent sur Internet. Plus largement, plus sérieusement aussi, certains craignent des effets à long terme sur l'organisme.  Passage en revue des questions qui se posent.

Quelles différences entre la 4G et la 5G ?

Bouleversement majeur dans l'industrie des télécoms, la 5G doit offrir un débit beaucoup plus élevé que la 4G actuelle, avec un accès plus rapide aux contenus et la possibilité de faire circuler des milliards de données sans engorgement. Elle permettra à toutes sortes d'équipements électroniques d'être connectés entre eux, ce qui rendra possibles les voitures autonomes, les usines automatisées, la chirurgie à distance, les robots "intelligents"...

Concrètement, pour augmenter le volume de données, la 5G utilisera une bande de fréquences plus haute que la téléphonie mobile actuelle : à partir de 3,5 gigahertz (GHz) d'abord puis, à terme, au-dessus de 26 GHz, contre 1.800 mégahertz (MHz) pour la 4G. Elle est donc dix fois plus puissante.

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Allons-nous être dix fois plus exposés ?

Des tests sont en cours depuis plusieurs mois à Paris. Ils sont menés par l'Agence nationale des fréquences (ANFR), un établissement public. Avec une sonde reliée à une antenne, l'ingénieure Emmanuelle Conil montre, dans la vidéo ci-dessus, comment elle peut mesurer l'exposition. Son résultat sur cette antenne : "Un niveau d'exposition d'1,7 volt par mètre (V/m)". Soit le même niveau que celui de la 4G. "La limite maximale autorisée par l'ANFR est de 61 V/m. C'est très en dessous. C'est ce que nous avons constaté sur toutes nos mesures", ajoute-t-elle.

Même à faible dose, les ondes sont-elles dangereuses ?

Si la 5G constitue une nouvelle norme, les fréquences sur lesquelles elle sera opérée sont bien connues, car déjà mises à profit depuis une quinzaine d'années pour alimenter des réseaux municipaux, comme la boucle locale radio ou le WiMax. Sans effets délétères constatés. Néanmoins, certaines études évoquent "une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables", écrit l'Anses. 

L'Agence nationale de sécurité sanitaire, qui publié en 2013 une évaluation des risques liés aux radiofréquences, prépare pour l'an prochain un nouveau rapport spécifiquement consacré à la 5G. De son côté, l'OMS a classé en 2011 les radiofréquences comme "peut-être cancérogènes pour l'homme".

Y a-t-il un problème spécifique à la 5G ?

Si les bandes de fréquence grâce auxquelles on commence à déployer la 5G, autour de 3,5 GHz, sont proches de celles utilisées actuellement pour la 4G ou le wi-fi, la donne est différente pour les fréquences qui seront utilisées ensuite, à partir de 26 GHz (ce qu'on appelle la "5G millimétrique"). "A partir de 10 GHz, l'énergie électromagnétique ne pénètre pratiquement plus dans le corps mais est concentrée au niveau de la peau. Cela pose des questions différentes en matière d'effets potentiels sur la santé", explique à l'AFP Olivier Merckel, expert de l'agence de sécurité sanitaire Anses.

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5G : le très haut-débit mobile va tout changer

Un centre de recherche universitaire à Rennes se livre actuellement à des expériences pour en savoir plus quant à cet épineux sujet. Le chercheur Yves Le Dréan y teste les effets des ondes millimétriques sur des cellules de peau, exposées six heures durant à une fréquence de 60 GHz (plus de deux fois supérieure à celle de la 5G) pour voir comment elles réagissent. 

"Sur 183.118 cellules testées, on constate qu'il n'y a aucun risque à court terme, sur une exposition de quelques semaines, affirme-t-il. Près d'un téléphone captant la 5G, vous ne risquez strictement rien. Ce qu'on ne connaît pas, ce sont les effets à très long terme. Est-ce un poison très lent ou n'est-ce pas du tout un poison ?" Le mystère demeurera au moins jusqu'au premier trimestre de 2021, date à laquelle l'Anses remettra son rapport au gouvernement.

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