VIDÉO - Hologramme, électro, lasers... On a assisté au concert de Hatsune Miku, la pop-star virtuelle venue du Japon

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REPORTAGE - La Japonaise Hatsune Miku a donné ce week-end son premier concert dans l'Hexagone à La Seine Musicale, près de Paris. L’occasion pour les fans français de voir enfin cette star de sons et de lumières. La chanteuse n'est en effet qu'un personnage virtuel représenté par un hologramme. LCI y était et vous propose notamment de revoir le début du show.

"Miku, Miku, Miku !", scande la foule qui attend la star aux 63 millions de vues sur YouTube. Au Japon, il est difficile de passer à côté du phénomène. Mais en France, rares sont ceux qui l'identifient vraiment, hormis les fans de culture populaire japonaise. C’est pourtant dans l’Hexagone, à La Seine Musicale près de Paris, que Hatsune Miku se produisait samedi soir, première date d’une tournée européenne très attendue.


1m58, 42 kg, deux immenses couettes bleues et 16 ans pour l’éternité : Hatsune Miku est en fait une créature virtuelle. Icône de la "J-Pop" (la pop japonaise), elle apparaît sur scène sous la forme d’un hologramme, aux côtés de cinq musiciens qui sont, eux, de chair et d'os. "Bonsou-ar Paris ! Je sou-is très heureuse d’être enfin avec vous", lance la diva virtuelle, en français, avec sa voix de fillette au délicieux accent japonais, le tout sous le feu des lasers et des hurlements hystériques.


Tous sont jeunes, voire très jeunes (de 10 à 25 ans en moyenne), férus de mangas et de jeux vidéo. Filles ou garçons, ils ont toute la panoplie du fan, à commencer par la perruque bleue, et agitent frénétiquement leur "glowstick", un bâton lumineux qui change de couleur à la demande – 35 euros l'unité, tout le stock a été vendu avant le début du show. La venue de la pop star japonaise ne doit d'ailleurs rien au hasard : la France est le deuxième plus gros consommateur de mangas au monde.

Hatsune Miku a fait sa première apparition sur scène lors d’un concert à Tokyo, en 2009. Sa voix est générée grâce à un logiciel de synthèse vocale développé par la société japonaise Crypton Future Media, qui s’appuie sur un programme informatique lancé par Yamaha en 2004. Cela offre la possibilité de créer, via une combinaison d’algorithmes complexes, une chanson de A à Z à partir d’un simple ordinateur. Non seulement la partie instrumentale (ce qui était possible depuis déjà plusieurs années) mais aussi la partie chantée, qui jusqu’alors nécessitait l’interprète humain.


"La voix de Miku est générée par ordinateur. Mais elle est basée à l’origine sur celle d’une personne humaine, en l’occurrence une actrice et non une chanteuse, dont la voix a été analysée et stockée dans une base de données, confie à LCI Guillaume Devigne, porte-parole de Crypton Future Media. Les chorégraphies, la gestuelle, la façon dont Hatsune Miku dirige son regard vers le public, les pauses quand elle s'adresse au public, tout est minuté et ajusté pour permettre au public de réagir et d'établir une forme d'échange."

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Découverte : des stars virtuelles

La première partie d'un show de Lady Gaga et Pharrell Williams

Et si la chanteuse virtuelle, qui aborde tous les styles musicaux, suscite autant d'engouement, c'est que chacun peut se l'approprier : le logiciel est sous licence "Creative Commons", ce qui permet à tout fan de créer sa propre chanson et de la mettre dans la bouche de Hatsune Miku, faisant ainsi de la star sa créature. Plus de 100.000 titres ont ainsi été écrits, hissant la pop star virtuelle au rang d'oeuvre collaborative.


Au Japon, Hastune Miku est un tel phénomène que des milliers d’hommes l’ont virtuellement épousée. Elle est apparue dans des publicités à la télévision, pour des fleurons de l’industrie nippone comme Sony ou Toyota, ainsi que dans plusieurs jeux vidéos. Mais c’est après avoir effectué en 2016 la première partie d’un show de Lady Gaga et de Pharrell Williams aux Etats-Unis que la notoriété de cet hologramme va dépasser les frontières de l’Empire du soleil levant.

C'était magique ! Je rêvais de voir Miku en concert depuis très longtemps. C'était au-delà de mes espérancesNicolas, 29 ans

Le spectacle parisien de samedi soir était quant à lui organisé dans le cadre de "Japonismes 2018", qui célèbre les liens d'amitiés entre la France et le Japon. Preuve de l'enthousiasme, il a fait salle comble, avec pas moins de 5.000 spectateurs présents, venus de partout dans l'Hexagone. Au bout d'une prestation très spectaculaire de près de deux heures dignes d'un concert d'une super-star internationale - lasers, fumigènes, confettis, lumières vives et décibels élevés-, le public en redemandait. "C'était juste énorme. Miku a même fait un rappel !", s'exclamait à la sortie Corentin, 20 ans, qui avait pris le train depuis Orléans avec sa petite sœur, Joséphine, âgée de 14 ans. Tous les deux ont fait la découverte d'Hatsune sur la plateforme de vidéos YouTube.


"Tout le monde peut aimer Miku parce qu'elle a tous les styles : électro, pop, rock, etc.", renchérissait Lisa, 18 ans, en tenue d'écolière nippone. "La voix d'Hatsune est un peu stridente, c'est à cause du logiciel", nuançait Jules, 26 ans, qui accompagnait sa petite amie, fan d'Hatsune depuis 8 ans. "C'était magique ! Je rêvais de voir Miku en concert depuis très longtemps. C'était au-delà de mes espérances", s'enthousiasmait pour sa part Nicolas, 29 ans, fan de jeux vidéo et DJ à ses heures perdues. Preuve, s'il le fallait, que le succès de Hatsune Miku, lui, est bien réel. Au point même d'avoir donné envie à ses fans d'apprendre le japonais.

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