"Illectronisme" : pourquoi un quart des Français (et pas que les seniors) restent désemparés face au numérique

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FRACTURE NUMÉRIQUE - Si les usages du numérique font partie du quotidien des Français toutes générations confondues, il reste un poignée d'irréductibles. Ni très différents ni moins bien équipés, ils peinent face à leur clavier. Et, détrompez-vous, cela ne concerne pas que les seniors.

Reculer face à une procédure en ligne, se perdre dans l'arborescence d'un site, rester interdit face aux réseaux sociaux... Il est encore un pan de la population pour qui le numérique ne va pas de soi, une population qu'une étude a voulu identifier. Cette enquête CSA, commandée par la Syndicat de la Presse Sociale, visait à établir un panorama des (non-)usages numériques des Français pour comprendre ce qui éventuellement bloque, et chez qui. Principal enseignement : il n'y a pas que les seniors qui décrochent.

Selon l'étude, nous serions 19% à avoir, sur l'année écoulée, renoncé à faire quelque chose parce qu'il fallait utiliser l'internet. Rien à voir avec un défaut d'équipement, ces "abandonnistes" sont à peu près autant équipés que le reste de la population : plus de 60% d'entre eux ont un ordinateur portable ou un smartphone, la moitié un ordinateur fixe, 45% une tablette tactile. Peu d'explications à trouver dans la géographie, on bloque devant le numérique autant dans les villes qu'à la campagne. Seul l'âge est un marqueur plus visible : si les plus de 70 ans sont les moins connectés, "l'abandonnisme" touche 25% des 50-64 ans, contre 15% seulement des moins de 35 ans.

En fait, quand on leur pose la question, 70% des décrocheurs expliquent que tout ça ne les intéresse pas, première raison de leur abandon devant le manque d'utilité ou la complexité à utiliser les outils. Pour autant, tous ne le vivent pas bien. La moitié des "abandonnistes" expliquent avoir déjà ressenti une sensation de décalage avec leur entourage dans l'emploi de certaines technologies, au point de se sentir seuls. 52% ont déjà eu le sentiment d'être limité ou empêché dans leurs activités du fait de l'emploi indispensable d'outils internet. Plus handicapant : quatre sur dix avouent avoir renoncé à une démarche administrative. Surtout, plus de la moitié voudraient pouvoir progresser, et autant seraient prêts à se faire accompagner. 

L’illettrisme numérique - ou "illectronisme - n'est pas chose nouvelle, certains comme Emmaüs en avaient déjà fait le constat. Au travers d'Emmaüs Connect, l'organisation a lancé WetechCare, une association qui apprend l'usage de l'informatique lors d'ateliers pratiques où l'on peut aussi se faire assister dans  la réalisation de démarches, et l'apprentissage des outils de communication. Le tout part d'un site, Lesbonsclics.fr, qui permet d'évaluer en ligne son niveau de compétence numérique, et de s'auto-former grâce à une plateforme pensée par des pédagogues.

Apprendre à remplir un formulaire, à envoyer un mail, s'initier au traitement de texte, les ateliers partent des bases. Emmaüs Connect propose aussi des permanences connectées, pour une aide ponctuelle sur un besoin précis. Autre format d'entraide : les "Appli Hours", une heure pour découvrir des applications sur smartphone. Autant d'ateliers menés par 200 animateurs bénévoles, l'association se disant toujours en recherche de nouveaux volontaires.

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