VIDÉO - Le pilote vient de faire un malaise ? Pas de souci, le bouton "Safe Return" posera l'avion en urgence

High-tech

TERRE FERME - L'Américain Cirrus sort le premier avion qui intègre un système de navigation autonome assez complet pour remplacer intégralement un pilote défaillant et se poser, le cas d'échéant, d'urgence à l'aéroport le plus proche. Il suffit d'appuyer sur le bouton rouge.

C'est un chapitre entier du cinéma-catastrophe qui vient de passer au rayon "vieilleries", du fait de la technologie. Pendant que sur terre, la course à la voiture autonome mobilise des milliards d'investissements, dans les airs, on vient de passer une étape décisive : permettre à un avion de gérer seul un atterrissage d'urgence, sans intervention humaine.

Le système s'appelle "Safe Return", il vient de chez Garmin, qui signe déjà toutes sortes de systèmes de navigation pour avions privés. Premier constructeur à l'intégrer, l'Américain Cirrus Aircraft, dans son petit jet baptisé Vision, le moins cher du marché, à "seulement" deux millions d'euros environ. Logique, dans un appareil qui n'a qu'un pilote, contrairement à l'essentiel des avions de ligne.

Contrôle total

En cas de besoin, il suffit donc d'appuyer sur le gros bouton rouge au plafond du cockpit pour activer "Safe Return". Aucune autre opération n'est nécessaire. À partir de cet instant, le logiciel prend la main sur tous les systèmes de l'appareil, le pilotage, la pressurisation et même la radio. Grâce à sa cartographie intégrée, il peut trouver l'aéroport le plus proche, déterminer quelle piste il devra utiliser, selon sa longueur, la position de l'appareil et l'orientation du vent.

Surtout, il pourra aussi décider du chemin le plus court et le plus sûr, en évitant les montagnes et les phénomènes météo qui pourraient le mettre en danger. Pendant ce temps, il contactera le contrôle aérien et la tour de l'aéroport pour donner sa position et demander un atterrissage d'urgence. Les passagers, eux, n'ont rien à faire, il leur est d'ailleurs demandé de ne toucher à rien, sauf éventuellement à la radio pour communiquer avec la tour. Pendant toute la procédure, l'affichage du cockpit est modifié pour en faire un affichage "passager", montrant l'itinéraire que va suivre l'appareil, le temps restant avant de toucher le sol. Autant d'informations destinées à rassurer les passagers... et surtout à ne pas les pousser à tenter d'intervenir eux-mêmes.

Lire aussi

Si un avion de ligne peut désormais peu ou prou se poser seul ou presque, l'intégration totale de "Safe Return" est impressionnante, en ce qu'elle rend toute intervention humaine superflue, même pour sortir le train d'atterrissage ou sortir les volets. Une fois arrivé au sol et l'appareil immobilisé, le système expliquera comment ouvrir la porte. En cas de besoin, les services d'urgence auront été prévenus à l'avance pour porter secours au pilote ou aux passagers.

Si les crashs d'avions de ligne font toujours l'actualité, l'aviation privée est cependant la plus génératrice d'accidents. Cirrus l'a bien compris : depuis quelque temps déjà, la société intégrait à ses avions un autre système de sécurité, plus rustique, mais toujours efficace : un parachute, capable de ramener au sol un appareil en cas d'avarie grave. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter