VIDÉO - Navire commandé à distance au large de Toulon : les images de cette première mondiale

VIDÉO - Navire commandé à distance au large de Toulon : les images de cette première mondiale
High-tech

TECHNOLOGIE - Un navire commandé à distance a quitté le port de Toulon jeudi matin. Le bateau était dirigé comme un jouet télécommandé depuis la région parisienne.

C’est une première mondiale, et elle est française ! Un bateau sans capitaine ni équipage a quitté le port de Toulon jeudi matin. Le pilote aux commandes du navire se trouvait à 700 kilomètres de distance, confortablement installé dans un cockpit reconstitué, à Palaiseau (Essonne). "Il y a tous les équipements que l’on trouve habituellement dans un navire", explique à TF1 Ludovic Gin, commandant de la marine marchande, dans le reportage en tête de cet article. "En soi, le travail est exactement le même qu’à bord d’un bateau classique. La seule différence, c’est qu’on est sur la terre ferme". 

La soufflerie des ordinateurs a remplacé le bruit des vagues et des moteurs, mais une dizaine d'écrans reconstituent en temps réel le panorama maritime, et des caméras peuvent zoomer pour identifier de potentiels obstacles. Le VN Rebel, un vieux remorqueur de 80 mètres remanié pour ce test, a effectué une courte sortie dans la rade militaire de Toulon, devenant ainsi le premier bateau autonome de l'Histoire à naviguer dans les eaux françaises.

Lire aussi

Un système sécurisé contre le piratage

Pendant la navigation, toutes les données sont transmises par liaisons satellites au pilote, qui dirige le navire comme s’il s’agissait d’un jouet télécommandé. Quand tout va bien, à peine 6 dixièmes de secondes sont nécessaires pour envoyer une commande au navire (et 1,5 seconde pour le retour visuel). Mais cette latence peut augmenter en fonction des conditions météorologiques, qui peuvent affecter la qualité de la transmission.

La mission Ross (pour services maritimes opérés à distance) est la démonstration qu'un navire de cette taille peut naviguer sans équipage en toute sécurité. Si la liaison avec les satellites géostationnaires venait à être coupée, le navire s'arrêterait et se positionnerait face au vent, en attendant d'être secouru. De manière à éviter tout risque de prise de contrôle à distance par des pirates informatiques, par exemple.

Un vingtaine de bateaux d'ici 2028

Le projet, soutenu et financé par l'Agence de la transition écologique (Ademe), Total et Naval Group, est né en 2015. Après ce succès, Seaowl envisage de construire une vingtaine de bateaux d’ici 2028. Les navires utilisés seront plus petits, électriques et dotés d'un robot sous-marin également téléopéré. Ils n'auront pas pour vocation de traverser les océans mais d'intervenir pour des missions de surveillance et d’inspection des fonds marins sur les champs éoliens ou pétroliers, en Afrique ou en Asie. De fait, l’absence d’équipage permet de faire des économies importantes. Mais aussi de minimiser les risques, notamment dans les zones où sévissent des pirates.

Toute l'info sur

Le 20h

Cargos futuristes de Rolls-Royce ou navettes de transport de courte distance comme celles de la startup française SeaBubble, les projets de navires autonomes se multiplient depuis quelques années et pourraient bientôt se concrétiser. Au printemps prochain, le Mayflower de la société Promare, en partenariat avec IBM, devrait rééditer, cette fois sans personne à bord, la traversée mythique des premiers colons anglais en Amérique.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent