VIDÉO - Première mondiale au CEATEC de Tokyo : plus fort que le robot aspirateur, voici le robot qui range

High-tech
REPORTAGE - Depuis que le high-tech japonais se concentre sur le bien-être et la maison connectée, la promesse des robots de service se précise. Dernier en date, celui présenté ce mardi au salon CEATEC de Tokyo. Il sait ranger un salon en désordre et remettre chaque chose à sa place. Une mission simple, qui cache une infinie complexité.

Si les robots sont là pour soulager l’homme des tâches les plus pénibles, alors clairement les robots aspirateurs ou ceux qui passent la serpillière n’avaient effectué que la moitié du travail, souvent dans des conditions imparfaites. Et pour cause : pas facile de passer l’aspirateur dans une pièce en désordre.


C’est ce souci du quotidien -le rangement- auquel une start-up de Tokyo, Preferred Networks,  s’est attaquée avec des développeurs spécialisés dans l’intelligence artificielle et le machine learning. Ou comment la machine peut apprendre à apprendre, à comprendre, à reconnaître, en entraînant ses algorithmes sur des millions d’échantillons.

Rien à voir avec le désordre et tous les objets inattendus que l’on trouve sur le sol d’une maisonJun Hatori, Ingénieur, Preferred Networki

Le résultat, c’est un prototype, qui n’a pas encore de nom, mais des capacités et une ambition dévorante. Le robot, présenté ce mardi au salon CEATEC de Tokyo, est une première mondiale, le premier à savoir ramasser, trier, ranger tout ce qui traîne par terre, en toute autonomie. Des robots couplés à une reconnaissance d’images, ce n’est pas nouveau. Mais pour Jun Hatori, un des ingénieurs qui a développé le système, une étape décisive a été franchie. “Il y avait déjà des robots dans les usines capables de reconnaître un objet, de le prendre, de faire du tri. Mais cela fonctionnait avec des objets déjà connus, dans un environnement contrôlé. Rien à voir avec le désordre et tous les objets inattendus que l’on trouve sur le sol d’une maison", explique-t-il à LCI.


Un chaos dans lequel la machine doit faire le tri, en deux temps. D’abord, une caméra permet de tenter une reconnaissance d’image sur un objet, pour savoir si c’est un stylo, une bouteille, un journal, un mouchoir ou votre smartphone. Cette hypothèse de reconnaissance sera vérifiée et amplifiée par une caméra en 3D qui va envisager l’objet dans toutes ses dimensions pour l’attraper par le bon bout.

Une place pour chaque chose...

Avec un pince pour les objets les plus grands, et un système d'aspiration pour les plus petits, la machine sait soulever tout ce qui traîne, mais sait surtout identifier précisément de quoi il s'agit. Est-ce un mouchoir ou une chaussette, un courrier ou un magazine, un marqueur ou un stick de rouge à lèvre ? Toute l'expertise des ingénieurs de Preferred Networks, c'est justement d'avoir appris à leur logiciel à affiner sa détection et sa reconnaissance à chaque nouvel objet, pris sous un nouvel angle, en faisant fi des conditions de lumière ou des objets qui se chevauchent. 


Le tour de force technologique est là. Et il permet la seconde partie de l'opération : le rangement proprement dit. Pour chaque catégorie d'objet, le robot aura appris une destination, une étagère, un panier. Bref, une place pour chaque chose. En cas d'inconnue ou d'équivoque, le système fera appel à son propriétaire. Ce dernier pourra lui apprendre que non, les torchons vont à la cuisine, et pas dans le panier à linge avec les chaussettes.

Deux ans avant d'affronter le monde réel

Restent encore quelques étapes avant de transformer le prototype en une machine grand public. D'abord, enrichir sa base d'images, améliorer encore la précision de sa détection et la liste d'objets qu'il peut reconnaître. Surtout, il faudra lui apprendre le monde réel, souvent très différent de son salon de démonstration. Par exemple, au choix, lui faire comprendre que le chat n'est pas un objet, que des humains en bas âge peuvent se dresser sur sa route ou vouloir lui serrer la pince et qu'il faudra composer avec des intérieurs mal éclairés, ou, au contraire, des pièces en plein soleil. 


Enfin, il faudra créer la machine proprement dite. Le logiciel tourne aujourd'hui sur un robot industriel signé Toyota. Mais les ingénieurs de Preferred Networks ont déjà leur idée. Le robot final pourrait ainsi faire, pourquoi pas, double emploi et intégrer un aspirateur dans sa base. Si pour le prix, il sait aussi trier et rassembler les chaussettes dépareillées, on est prêt  à dégainer notre carte bancaire pour une précommande immédiate. Et ce même s'il faudra probablement attendre deux ans au moins avant la première livraison.

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