VIDÉO - Les forces spéciales ont désormais leur drone (à 100 000 euros)

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ÉCLAIREUR - Faire la cartographie d'un bâtiment inconnu de l'intérieur, détecter toute présence humaine, vivante ou non : une start-up française a inventé un drone qui intéresse tous les métiers de la sécurité, des pompiers aux forces spéciales.

"Avant, pour reconnaître les lieux, on envoyait un éclaireur. Et il y avait régulièrement des morts", explique Belkacem Rahal. Ingénieur passé chez Thales, c'est en pensant aux besoins de tous ceux qui se mettent en danger qu'il a monté Bird Connected, une start-up qui accouche de son premier bébé, un drone pensé pour les environnements hostiles. Au milieu de tous les géants de l'aéronautique de défense qui exposaient leur drones au salon Eurosatory, Bird Connected détonne : un seul produit, l'un des seuls pensés pour fonctionner en intérieur.

La première mission de Bird, c'est de cartographier l'intérieur d'un bâtiment, de produire en temps réel un plan, de montrer portes et cloisons, mais aussi de détecter toute activité humaine, même cachée, et de recenser d'éventuels corps sans vie. Pour ce faire, le drone embarque une caméra 4K, mais surtout des capteurs rarement vus sur une machine volante : un LIDAR, ce radar au laser déjà utilisé dans les véhicules autonomes, une caméra thermique pour détecter une présence humaine ou des foyers d'incendie, et un capteur CO² également pour détecter une personne cachée derrière un meuble ou une paroi. 


Pour opérer le drone à distance, l'utilisateur a le choix entre une télécommande qui embarque un écran de contrôle ou un gant qui permet de diriger Bird par les mouvements de la main et du poignet.

Voir ce qui se trouve derrière le murUn officiel

Que l'on soit sur un champ de bataille ou dans une habitation, les professionnels croisés sur le salon sont tous d'accord. "Tout le monde voit dans le drone un outil pour prendre de la hauteur, avoir la vue globale d'une situation, mais en fait l'enjeu, le plus souvent, c'est juste de voir ce qui se passe derrière un mur, ou de passer le coin d'un couloir", nous dira un officiel présent au salon. De quoi expliquer pourquoi certains constructeurs proposent des drones à usage unique. 


Bird, lui, est construit pour durer, il peut résister à des chocs à 50km/h, il suffira de changer ses hélices pour repartir. Parmi les publics intéressés, il y a le monde de la sécurité au sens large, la surveillance d'entrepôts ou de datacentres, mais aussi les pompiers, les militaires, et toutes les forces spéciales et d'intervention. Tous ceux en fait qui pourront justifier d'un prix d'achat qui le met bien loin des drones grand public : autour de cent mille euros.

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