VIDÉO - Un robot-chien qui patrouille aux côtés de la police : aux Etats-Unis, ce n'est plus une fiction

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MONDE DE DEMAIN - Aux Etats-Unis, la police de l'État du Massachusetts emploie depuis plusieurs mois un robot-chien dans le cadre d'exercices en conditions réelles. Pour l'heure, le rôle de cette nouvelle recrue se limite à s’introduire dans des lieux suspects.

A l’exception des poils, il a tout d’un vrai chien, ou presque. Spot, le célèbre robot-canin de l’entreprise américaine Boston Dynamics, a rejoint les rangs de la police. Aux côtés des forces de l’ordre, il a effectué en avril dernier sa première patrouille. L’expérimentation, menée en toute discrétion, a eu lieu dans l’Etat du Massachussetts, aux Etats-Unis, où le robot quadrupède a participé à des interventions lors d'exercices en conditions réelles, rapporte l’Aclu, l'Union américaine des libertés civiles.

Mesurant pas loin d'un mètre de haut pour un poids d'environ 30 kilogrammes, Spot peut se déplacer de manière autonome, de jour comme de nuit, en utilisant ses capteurs et des caméras. Alimenté par une batterie rechargeable, l'engin dispose d'une autonomie de 90 minutes. De ce fait, Spot servira principalement pour des missions de courte durée. N’étant pas équipé d’une arme à feu, son rôle se limite, pour l’heure, à s’introduire dans des lieux suspects, piloté à distance par les agents de police via une manette inspirée de la Xbox de Microsoft. 

La prochaine étape sera sûrement de mettre des armes sur ces robots. - Marc Raibert, le PDG de Boston Dynamics.

Rien ou presque n’arrête ce robot quadrupède. Monter des escaliers, éviter des obstacles, supporter des températures extrêmes (entre – 20 et 45 degrés Celsius), ou encore supporter une charge de 14 kilogrammes sur le dos. Seul inconvénient, peut-être, sa lenteur : 5 kilomètres par heure. Personnalisable, ce robot-chien peut être équipé, par exemple, d’un bras articulé pour ouvrir les portes ou saisir de petits objets. Autre atout, sa vision à 360 degrés lui permet de fournir une vue d'ensemble lors d'une intervention à risque.

Dans une note confidentielle, le lieutenant Robert G. Schumaker, qui a initié cette expérimentation, décrit Spot comme un "outil précieux pour les opérations tactiques" et indispensable pour le maintien de la "stratégie de sécurité intérieure" de l’Etat. Tout comme Marc Raibert, le PDG de Boston Dynamics, qui pense déjà aux futures fonctionnalités de Spot. "La prochaine étape sera sûrement de mettre des armes sur ces robots. La question est de savoir si les Américains accepteront l’idée que des robots armés soient déployés dans les rues", a-t-il déclaré auprès du site américain Gizmodo. 

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D'autres, en revanche, s'inquiètent de voir ces dispositifs faire peu à peu leur apparition. "Le déploiement de ces technologies se produit plus rapidement que ne le font les systèmes sociaux, politiques ou juridiques", déplore Kade Crockford, directeur du programme Technology for Liberty, cité par Gizmodo. Pour ce défenseur des libertés individuelles, "les agences gouvernementales doivent être plus transparentes et informer davantage le public de leur intention de tester et de déployer ces nouvelles technologies". 

Toutefois, comme le rappelle le média américain Wbur News, ce ne serait pas la première fois qu'un robot équipé d'une arme à feu est utilisé par les forces de l'ordre dans le cadre d'une intervention. En 2016, toujours aux Etats-Unis, la police de Dallas avait neutralisé un tireur isolé en envoyant un robot bourré d'explosifs. A l'époque, plusieurs médias avaient demandé à accéder aux images vidéo, mais elles avaient toutes été refusées. Preuve que la transparence, dans ce genre d'affaire, est loin d'être la règle.

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