Vivatech : le moteur de recherche français Qwant s'allie à Microsoft, pour grandir plus vite

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PARTENAIRES PARTICULIERS - Pour faire face à sa croissance, le moteur de recherche français va s'appuyer sur les infrastructures de Microsoft, sans compromettre ses engagements sur la vie privée. En ligne de mire : devenir pour l'Europe un "moteur de recherche souverain"

Ce n'est pas l'alliance de la carpe et du lapin, mais l'annonce avait de quoi surprendre. D'un côté, Qwant, le moteur de recherche français qui depuis ses débuts se présente comme l'anti-Google, un moteur qui ne cible pas ses publicités selon votre profil, qui ne conserve pas vos données personnelles, un flibustier de la vie privée. De l'autre, Microsoft, qu'on ne présente pas et qui avec Bing est numéro deux des moteurs de recherche. 


Là où leurs chemins se croisent, c'est sur l'infrastructure. "Aujourd'hui, on indexe en tout vingt milliards de pages web.", explique Éric Léandri,  fondateur de Qwant. "Pour passer à deux cent milliards, il faudrait que j'achète 1500 serveurs de plus, un investissement de vingt millions d'euros, qu'il faut maintenir, et que la technologie poussera rapidement vers l'obsolescence." L'infrastructure, au travers du Cloud Azure entre autres, c'est l'un des grands métiers de Microsoft, pour ses propres services, mais aussi pour les autres. Désormais, c'est l'essentiel de ses fonctions d'indexation et de stockage que Qwant va faire héberger chez Microsoft

Un partenariat, mais chacun chez soi

Si Qwant cherche plus de capacités technologiques, c'est pour faire face à sa croissance. Le petit moteur a grossi, tant dans le nombre de pages qu'il indexe qu'en nombre d'utilisateurs. Vendredi, le moteur de recherche annonçait qu'il allait devenir le moteur de recherche par défaut préconisé à toutes les directions informatiques de l'administration française. Il sera aussi proposé comme l'un des moteurs par défaut dans Edge, le navigateur... de Microsoft.


Pour autant, le patron de Qwant le sait : pour certains fans du service, la poignée de mains peut surprendre. Éric Léandri veut être clair : le marché tient plus du partenariat que de l'alliance, Qwant et Bing continueront à coexister sur le marché. L'ambition du premier, c'est d'utiliser sa nouvelle infrastructure pour gagner l'Europe, pays par pays, comme une alternative plus locale à Google. Pour autant, l'entreprise restera maîtresse de ses algorithmes, de ses données, ce qui ne choque personne, côté Microsoft. "On a aujourd'hui une plateforme qui peut aider toutes sortes d'entreprises à se développer plus vite", explique Carlo Purassanta, Président de Microsoft France, "On peut même souvent être concurrents de certains produits. L'offre de Qwant est différente de Bing, elle est plus locale, et on va moins loin qu'eux sur la vie privée, mais c'est un partenaire à qui on donne les mêmes moyens que ceux auxquels on a accès."

Pour l'instant, les deux entreprises accordent leurs pianos, côté technique. Il va falloir adapter les algorithmes de Qwant aux fermes de serveurs et aux processeurs que Microsoft utilise, et dont certains - Bing oblige - sont spécialisés dans l'indexation des données. La migration de Qwant vers le Cloud de Microsoft devrait débuter dans le courant de l'été. Pour l'utilisateur, la première promesse, c'est que l'opération sera transparente. Dans tous les sens du terme.

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