Vous voulez traduire facilement des hiéroglyphes ? Cela sera bientôt possible

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CULTURE - Mêler technologie et histoire, jeu vidéo et connaissances. C'est le but de "The Hieroglyphics Initiative", le nouveau projet de Google et Ubisoft qui vise à créer une base de données facilitant la traduction des hiéroglyphes. L'initiative intervient alors que l'éditeur français s'apprête à offrir une plongée dans l'Egypte ancienne avec son jeu "Assassin's Creed Origins."

Si pour vous les hiéroglyphes ne sont qu'une succession d'images les unes au-dessus des autres sans queue ni tête, alors le projet "The Hieroglyphics Initiative" pourrait vous être très utile. Mercredi soir, au célèbre British Museum de Londres, l'éditeur de jeux vidéo Ubisoft et Google ont en effet annoncé le lancement officiel d'un site internet qui va permettre d'en savoir davantage sur l'écriture égyptienne.


"Nous voulons aider les historiens dans leur travail, mais aussi créer un outil accessible à tous, qui soit gratuit et collaboratif, afin de mieux comprendre cette écriture", résume Maxime Durand, historien chez Ubisoft Montréal, le studio auquel on doit notamment la saga Assassin's Creed.

Un appel aux historiens du monde entier pour concocter la base

C'est d'ailleurs en parallèle de la préparation du prochain opus, Assassin's Creed Origins, qui se déroule en Egypte ancienne (sortie le 27 octobre sur PS4, Xbox One et PC), qu'Ubisoft a mis au point The Hieroglyphics Initiative. Basé sur le "machine learning"  (l'intelligence artificielle accumule des connaissances, les analyse pour élaborer un outil qui apprend par lui-même et évolue), le projet doit être capable à terme de déchiffrer tous les hiéroglyphes et proposer un outil façon "Google Traduction" aux scientifiques comme aux curieux. 


Dans cette optique, il faut pour cela mutualiser les connaissances sur l'Egypte ancienne, les images traduites, etc. afin de rassembler toutes les données possibles. "C'est pour cela que nous lançons un appel à la communauté des égyptologues," annonce Maxime Durand." Nous voulons mettre au point une base de données collaboratives à travers le site internet." Un premier dictionnaire en ligne avait vu le jour il y a quelques mois avec le même objectif. Mais à la différence de celui-ci, le projet porté par Ubisoft sera gratuit.

Le projet est élaboré à l'aide de Google TensorFlow, un outil d'apprentissage collaboratif automatique mis au point par le géant américain et basé sur l'intelligence artificielle. Ubisoft a eu l'idée d'approcher la firme de Mountain View lors du travail autour d'Assassin's Creed Origins, qui offrira donc une plongée au cœur de l'Egypte ancienne. Lors de la conception du jeu et de son univers, il est apparu essentiel aux développeurs et créatifs de s'approprier la langue millénaire pour mieux embrasser l'univers et surtout ne pas commettre d'impairs de traduction. Ainsi est née The Hieroglyphics Initiative.

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Assassin's Creed Origins : le trailer

Des outils de traduction qui n'ont pas évolué en 200 ans

Quelque 200 ans après la découverte de la pierre de Rosette par Champollion, tous les secrets des symboles d'écriture égyptiens ne sont pas percés. "Déchiffrer les hiéroglyphes dépend beaucoup aussi du bas-relief qui l'accompagne, de ce qu'il raconte du personnage, de son attitude, son rang, du message qu'il passe…", nous explique l'un des enseignants présents de l'Institut Kheops d'égyptologie. "Il faut prendre tout cela en compte dans la traduction car déchiffrer est un processus manuel et contextuel." 


Le projet doit prendre le relais de la pierre de Rosette utilisée depuis 200 ans, en profitant des technologies modernes et notamment du "machine learning". Cela passera par des images analysées et décryptées, ce que maîtrise totalement Google. Et la force de ce dernier est de pouvoir "reconnaître" des hiéroglyphes, qu'ils soient sculptés dans la pierre, reproduits sur l'arrondi d'un vase ou dessinés sur un temple.

Ubisoft et Google comptent désormais sur la communauté internationale des historiens pour fournir une matière première indispensable, les traductions déjà réalisées et des échantillons en cours d'identification. Le traducteur ainsi en préparation pourra être enrichi en permanence. "Pour le moment, il faut extraire, identifier et traduire les hiéroglyphes en notre possession", rappelle Maxime Durand. "Nous devons ensuite travailler sur des outils et algorithmes qui peuvent apprendre à reconnaître automatiquement les hiéroglyphes individuels et les faire correspondre à des séquences pour en découvrir la signification", souligne Alex Fry, directeur technique du projet. 


Dans un premier temps, ce sont les écritures de l'Egyptien ancien du Moyen Empire (utilisé du 2e millénaire avant JC au 4e siècle après) qui est au cœur de l'étude. Bien souvent, les hiéroglyphes de ces temps reculés sont endommagés en partie ou avec des portions manquantes. Le "machine learning" doit permettre de surmonter ces difficultés.

Tous les chercheurs et historiens intéressés peuvent s'inscrire sur le site. Les curieux et fans du jeu peuvent déjà commencer à le consulter. 

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