Wendie Renard : "Le jeu vidéo n'est pas fait que pour les garçons"

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INTERVIEW - Mardi se tenait à Paris la conférence de présentation d'Ares eSport. La structure internationale a pour but de détecter et recruter de nouveaux talents de la scène e-sportive afin de rivaliser avec les meilleurs joueurs à moyen terme. Tout cela en s'appuyant sur des acteurs du monde du sport, dont Wendie Renard. LCI a pu interroger la capitaine de l'équipe de France, seule femme ambassadrice du projet.

Pratique geek, mal perçue il y a quelques années, l'e-sport (ou sport électronique pour les amoureux de la langue française) est aujourd'hui un phénomène culturel. Bien que son poids sur le marché français du jeu vidéo demeure encore faible en termes de chiffres, son potentiel de développement apparaît sans limites. En 2015, plus "d'un Français sur trois" nourrissait un intérêt pour l'e-sport selon une étude du Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs.

Mahrez, Kanté et... Renard ambassadeurs de prestige

Logiquement, les acteurs de la culture et du numérique se bousculent au portillon pour avoir leur part du gâteau.  Après plusieurs jours de teasing sur les réseaux, une nouvelle entité "Alpha Republic of Esport" - Ares Esport pour les intimes - a été dévoilée mardi après-midi au public présent sur place et sur le stream. Ce projet d'envergure internationale a pour objectif de sélectionner via des tournois mondiaux, organisés par ses soins, les meilleurs joueurs et les intégrer en son sein. La compétition s'articulera autour de plusieurs jeux majeurs à la dimension e-sport reconnue, dont Hearthstone, Counter Strike Global Offensive, Dota 2 et League of Legends. Deux autres jeux (FIFA et Overwatch ?) vont venir se greffer dans les semaines à venir.

Une fois désignés, les membres de l'écurie Ares Esport se verront offrir un contrat de trois ans, un logement, une "gaming house" et les services d'une équipe managériale, qui sera aux petits soins avec eux. Mais si on a l'habitude de voir tout cela ailleurs, ici ce qui impressionne c'est la visibilité offerte aux compétiteurs. L'entité est en effet représentée par une dizaine d'ambassadeurs venant en grande partie du monde du foot et détenant des "fanbases" colossales. On y retrouve ainsi Riyad Mahrez, N'Golo Kanté, Yannick Ferreira Carrasco, Moussa Sissoko, Sofiane Feghouli mais aussi une touche plus féminine avec Wendie Renard. Et d'autres footballeurs faisant partie du" Top 4 ou 5 européen" qui seront annoncés très prochainement. 

Interrogée par LCI, la capitaine de l'équipe de France de football et de l'Olympique lyonnais a accepté de revenir sur son choix de rejoindre cette entreprise naissante, et de dévoiler son amour intime du jeu vidéo. 

LCI : Vous voilà au cœur de l'aventure Ares Esport. Pourquoi avoir accepté ce défi ?

Wendie RENARD : Quand Badr Slassi (ndlr : l'un des quatre partenaires à l'origine du projet Ares Esport) est venu me proposer de les rejoindre, j'ai trouvé ça super intéressant, donc j'ai accepté. C'est un projet mondial qui va prendre de l'ampleur en peu de temps. Et puis en me demandant de venir, cela démontre aussi leur grande confiance vis-à-vis de moi et de mon parcours professionnel. C'est une évolution d'avoir une femme présente dans l'équipe, car non le jeu vidéo n'est pas fait que pour les garçons.

LCI : Justement, vous êtes la seule femme dans le rôle d'ambassadeur. Était-ce aussi une volonté de représenter les gameuses, de plus en plus nombreuses à jouer ?

Wendie RENARD : C'est vrai qu'il y en a beaucoup. Le fait d'être là parmi ces footballeurs qui aujourd'hui sont des stars et qui ont gagné énormément, ça peut vraiment faire avancer les choses. Ça rappelle aux gens qu'il n'y a pas que les garçons qui s'intéressent au jeu vidéo. Moi, je suis une grande fan. Ça m'a plu et c'est pour ça que j'ai donné mon accord lorsqu'on m'a demandé de participer à ce projet.

LCI : Êtes-vous vous même une gameuse assidue ?

Wendie RENARD : Ça m'arrive de jouer mais pas tous les jours. J'ai une PlayStation à la maison, avec FIFA, Call of Duty et d'autres jeux un peu hardcore. Mais je ne joue pas en ligne, juste avec mes amis. Ça reste "amical".

LCI : Et vous jouez beaucoup avec les filles de l'équipe de France ?

Wendie RENARD : Ça nous arrive de faire quelques parties de PlayStation quand on part faire nos mises au vert. J'insiste mais c'est important de montrer que, même si on peut entend des choses comme "c'est fait pour les hommes", nous aussi on sait y faire. On y prend en tout cas beaucoup de plaisir à jouer.

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