Grand Prix d'Amérique : Bold Eagle, Ourasi, Oyonnax... les légendes de cette course mythique

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HIPPISME - Plus grande course de trot du monde, le Prix d’Amérique Opodo a une Histoire faite de plein de petites histoires. Sa légende continue de s’écrire, d’année en année et dimanche, c’est notamment Bold Eagle qui va tenter de poursuivre son rêve américain, dans les pas d’illustres aînés. Voici quelques-uns des héros de l’Amérique.

Ourasi, le recordman du Prix d’Amérique

Qui dit trotteur dit Ourasi. Le crack, surnommé le Roi Fainéant, faisait se déplacer des milliers de personnes dans les années 80. Pourtant, rien ne pouvait prédire que le cheval deviendrait une légende. Il est né dans un petit haras normand et son début de carrière n’est pas enthousiasmant. Pour Ourasi, tout a changé en 1983 lorsqu’il rejoint l’entraînement de Jean-René Gougeon. Ourasi se révèle, avec son flegme qui fera sa légende : il ne fait que le minimum mais, lorsqu’il est temps de lutter, il devient un lion. Ourasi remporte son premier Prix d’Amérique en 1986. Il conserve sa couronne en 1987 et 1988 : avec ces trois victoires, il égale des chevaux de la trempe d’Uranie, Roquépine et Bellino II. 


Dans le Prix d’Amérique 1989, tout le monde est persuadé qu’Ourasi sera imbattable et qu’il écrira un nouveau record dans l’Amérique. C’est une star, de celles qui font la Une du journal de 20h, et même le président de la République, François Mitterrand, est présent à Vincennes pour assister à ce moment historique. C’est d’ailleurs la dernière fois qu’un président s’est rendu sur un hippodrome. 


Mais Ourasi est malade, souffrant d’un problème aux reins : il n’a pas uriné avant la course, ce qui était signe d’un problème, et il conclut troisième. En 1990, il décrochera son quatrième Prix d’Amérique. Avant la course, la tension est à son comble. Tout Vincennes se pose la question : Ourasi va-t-il uriner ? Va-t-il courir si ce n’est pas le cas ? Finalement, tout se passera bien et il part au haras suite à sa victoire, où il s’est avéré infertile. Le Roi Fainéant nous a quittés le 12 janvier 2013, à l’âge de 33 ans, au haras de Gruchy, où ses fans venaient lui rendre visite pour lui apporter les pommes qu’il aimait tant. Ourasi est le seul cheval à avoir sa statue à Vincennes.

Helen Johansson, une femme au palmarès

Les courses hippiques étaient et restent un sport majoritairement masculin, même si les femmes y sont de plus en plus présentes. En 1995, Helen Johansson est au départ du Prix d’Amérique, associée à Ina Scot. Âgée de 33 ans, elle est reconnue dans son sport en Suède mais sa présence à Vincennes en surprend plus d’un. La stupéfaction est encore plus grande lorsque le duo remporte la course, venant prendre à la fin le meilleur sur Vourasie, la petite sœur d’Ourasi. L’exploit reste et Helen Johansson a une course à son nom, qui se dispute le jour du Prix d’Amérique. 

Bold Eagle, le jeune recordman

Au trot, les records s’établissent sur la réduction kilométrique. Le record du Prix d’Amérique est tout récent, puisqu’il a établi en 2016 par la nouvelle star du trot, Bold Eagle, présent dimanche à Vincennes pour défendre sa couronne. Bold Eagle s’est imposé dans un chrono de 3’12’’65 pour les 2.700 mètres, soit 1’11’’4 pour un kilomètre (la réduction kilométrique), soit une moyenne d’un peu plus de 50km/h. Ce n’est pas un mince exploit, d’autant plus que Bold Eagle n’était alors âgé que de 5 ans, ce qui est jeune pour un trotteur. Dans un Prix d’Amérique, la fougue de la jeunesse ne suffit pas : il faut savoir lutter et se montrer dur face à des chevaux rompus à l’exercice et au combat. 


Le Prix d’Amérique a été disputé pour la première fois en 1920 et il était remporté par Pro Patria. Il se courait alors sur un peu plus court (2.500 mètres) et Pro Patria s’imposait en 1’31’’4. Entre Bold Eagle et Pro Patria, il y aurait eu plus de 750 mètres à l’arrivée. La race du trotteur français est relativement jeune et elle a beaucoup évolué durant le XXe siècle, tout comme les matériaux (pistes, sulkies plus légers, déferrage des chevaux…), ce qui explique en partie cette différence. Avant Bold Eagle, le précédent record était lui-aussi récent, remontant à 2013 où Royal Dream, sur une piste détrempée, s’imposait en 1’11’’9. 

172/1, Le record d’Oyonnax

L’édition 2010 du Prix d’Amérique a été celle de toutes les surprises. Personne n’attendait Oyonnax dans cette épreuve où le grand favori était Meaulnes du Corta, le tenant du titre. Mais il conclura troisième. Pour les première et deuxième places, ce sont les gros outsiders qui se sont taillé la part du lion : Oyonnax a fini très fort en pleine piste pour venir battre sur le poteau Quaker Jet, pas attendu à pareille fête. Résultat des courses : Oyonnax s’impose à un astronomique 172/1, devant Quaker Jet qui fait afficher 108/1 ! Le tiercé ordre (les trois premiers dans l’ordre) rapporte 8.978 € pour un euro de mise. 

Une de Mai, six Prix d’Amérique, zéro victoire, mais un Dali

Une autre légende du trot français est la championne Une de Mai, qui a vu le jour en 1964. La jument aux 74 victoires n’a pourtant jamais remporté le Prix d’Amérique, bien qu’ayant tenté sa chance à six reprises dans cette épreuve : elle s’y est classée deuxième en 1969, troisième en 1971 et quatrième en 1973 et 1974. Elle était sous la responsabilité de Jean-René Gougeon, l’homme d’Ourasi, Roquépine et Bellino II. Une de Mai reste comme une championne hors norme et elle a impressionné Salvador Dali, qui a réalisé un portrait d’elle en 1972 en mélangeant photographie et lithographie.

L’exploit de Ténor de Baune

En 1991, le Prix d’Amérique revient au champion Ténor de Baune, alors âgé de 6 ans. Avant même de passer le poteau en tête, Ténor de Baune a réalisé un exploit unique pour un cheval au départ du Prix d’Amérique : il arrive invaincu sur cette épreuve, ayant remporté trente courses pour ses trente sorties auparavant. Ténor de Baune a en effet décroché sept victoires à l’âge de 3 ans, neuf à l’âge de 4 ans et douze à l’âge de 5 ans. Il remporte le Prix d’Amérique et perdra son invincibilité lors de sa sortie suivante, dans le Prix de France, considéré comme la revanche de l’Amérique, où il est troisième. Après cette défaite, il ne sera plus le même, même s’il repassera le poteau en tête à quatre reprises.

L’Amérique de l’Italie et Varenne, ô capitaine

Depuis quelques années, les courses italiennes vont mal, ayant subi de plein fouet la crise économique ayant frappé le pays. Mais, que ce soit en trot ou en galop, l’Italie a été un très grand pays de courses, capable aujourd’hui encore de sortir de très bons chevaux. Les chevaux français dominent largement le palmarès du Prix d’Amérique et l’Italie arrive en deuxième position, avec treize victoires. Les deux dernières sont l’apanage du crack Varenne, nommé ainsi en référence à la rue de Varenne à Paris où se trouve l’ambassade d’Italie, et surnommé "Il Capitano". Varenne est tout simplement la référence chez les trotteurs. Il a gagné tout ce qu’il y avait à gagner sur toutes les pistes européennes. Cheval dur, explosif, qui ne lâche rien, son style tranche avec la nonchalance d’un Ourasi. Varenne est toujours vivant, coulant des jours heureux en Italie où, régulièrement, il va à la rencontre de son public. Ils sont nombreux à venir l’applaudir et lui rendre hommage. 

Le Prix d’Amérique Opodo se dispute dimanche à Vincennes Hippodrome de Paris. Un événement à suivre en direct sur LCI à partir de 15h15 et sur la page Facebook Au coeur de la course.

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