Immobilier : les vendeurs gardent le moral malgré la crainte d'une baisse des prix

Immobilier : les vendeurs gardent le moral malgré la crainte d'une baisse des prix
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PROJET - La moitié des vendeurs potentiels d'un bien immobilier s'attend à une baisse des prix au sortir du confinement, selon une étude de SeLoger publiée ce mercredi. Alors que les taux d’intérêt remontent légèrement, ils se disent prêts à négocier avec les acheteurs pour que leur projet aboutisse au plus vite. 

La parenthèse pendant laquelle le marché immobilier a quasiment été gelé va bientôt se rouvrir. Mais avec quel dynamisme ? Les vendeurs potentiels, qui ont dû provisoirement renoncer à l'idée de trouver preneur pendant le confinement, restent pourtant "très confiants" à l'idée que leur projet va bel et bien se réaliser. C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude* menée en plein confinement et dévoilée ce mercredi 6 mai par le site d'annonces immobilières SeLoger.

Si 93% des vendeurs déclarent que le coronavirus a un impact sur leur projet, 73% restent néanmoins confiants dans son aboutissement. C'est 9 points de plus qu'en février, avant le confinement : leur optimisme s'est donc renforcé, même si 84% disent avoir différé leur projet. A noter qu'à peine 2% déclarent l'avoir tout bonnement abandonné. 

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Dans la plupart des cas, les vendeurs potentiels estiment avant tout que la crise sanitaire a un impact  opérationnel. Il s'agit par exemple, aux yeux de la moitié d'entre eux (49%), de retard dans les démarches, note encore SeLoger. Ainsi, 120.000 ventes n'ont pas été réalisées en raison du confinement, calculait de son côté le spécialiste de l'estimation en ligne Meilleurs Agents dans son dernier baromètre publié le 29 avril. Au-delà des questions logistiques, la question du prix semble davantage crisper les vendeurs. Un sur deux pense en effet que ceux-ci vont baisser dans les six prochains mois, partant du principe qu'il y aura davantage de biens sur le marché et que la loi de l'offre et la demande va donc tirer les prix vers le bas. 

Ils anticipent alors une baisse plutôt progressive, de l'ordre de 5% à 10%. Ils restent cependant relativement nombreux (38%) à parier sur une stabilité, tandis que la hausse ne se profile plus qu'aux yeux de 10% d'entre eux. La moitié des vendeurs (51%) se disent en tout cas prêts à relancer la machine pour reprendre le cours de leur projet dès le 11 mai. Quelques uns attendront juin (7%) ou l'été (7%). Ne voulant pas se précipiter, les autres comptent surtout s'en occuper à la rentrée de septembre (21%) voire en 2021 (14%).

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Légère hausse des taux de crédit restant cependant très bas

Un autre paramètre, l'augmentation des taux d'intérêt des crédits, pourrait se mêler des conditions de reprise du marché immobilier. Or ceux-ci, bien qu'encore extrêmement bas, évoluent légèrement à la hausse depuis le confinement. Ils se situaient ainsi en moyenne à 1,17% (toutes durées confondues) au mois d'avril, contre 1,15% en mars, annonçait ce mardi de son côté l'Observatoire Crédit Logement CSA, qui s'appuie sur les données des principales banques. 

Au début du confinement, différents courtiers avaient rapporté que les établissements de prêt durcissaient nettement les conditions d'emprunt, notamment pour faire face aux risques liés à la crise. Sans oublier qu'ils avaient de toute façon commencé à resserrer leurs critères d'octroi dès le début de l'année à la demande des autorités financières (taux d'endettement de 33% maximum et durée d'emprunt limitée à 25 ans). 

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"Si le durcissement des conditions de crédit vient faire obstacle à la reprise du marché, les vendeurs feront leur maximum pour que leur projet aboutisse au plus vite", assure pour sa part Olivier Le Gallo, porte-parole de SeLoger. Cela pourra passer par une négociation du prix avec les acheteurs potentiels : 93% des vendeurs se disent en effet disposés à y consentir.

*Sondage "Confinement et immobilier", tiré de l'Observatoire du Moral immobilier SeLoger, mené le 7 avril auprès de 667 porteurs de projet de vente d'un bien immobilier dans les douze prochains mois.

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