En Île-de-France, l'immobilier ignore la crise... surtout lorsqu'on sort de Paris

En Île-de-France, l'immobilier ignore la crise... surtout lorsqu'on sort de Paris
Immobilier

AU VERT - Si le confinement a largement freiné le marché immobilier, la reprise témoigne de deux tendances fortes : un inextinguible amour de la pierre, et une prévisible envie d'espace.

Mis en pause au printemps, l'immobilier se remet plus vite que prévu. C'est ce qui ressort des chiffres publiés jeudi 10 septembre par les Notaires du Grand Paris, une vue d'ensemble sur le marché immobilier d'Île-de-France, qui ici aussi dessine la tendance du marché français tout entier.

Si les ventes de logements anciens ont bien reculé de 70% au mois d'avril, à une période où agences et notaires avaient fermé boutique, la reprise a été forte, dès la fin du confinement. Avec 13% de ventes en moins par rapport à l'année dernière, il est un peu tôt pour parler de sortie de crise, mais le secteur est de ceux qui reviennent le plus rapidement à une activité normale. Normale, ou presque. Car ce que le volume des transactions ne traduit pas, c'est un changement, une petite révolution, presque.

Des maisons plutôt que des appartements

Ceux qui s'attendaient à voir plonger le prix du mètre carré en sont pour leurs frais : il reste en hausse, tous biens confondus. Alors, certes, les vendeurs semblent moins gourmands, et les biens mis à la vente attendent un peu plus longtemps de trouver preneurs, mais les chiffres sont là : sur 2020, le mètre carré parisien devrait voir son cours augmenter de 6,6%, un léger ralentissement, mais pas de récession ni de stagnation. 

Surtout, si le confinement avait donné à beaucoup des envies d'espace inenvisageables au cœur de Paris, on attendait de voir ces aspirations se traduire dans les chiffres, et c'est déjà le cas. Selon les avant-contrats signés entre mai et juillet, les prix de vente des maisons franciliennes ont connu une hausse de 8%, soit plus que celle des appartements, ce qui n'était pas arrivé depuis 2007.

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Une embellie dont bénéficient les biens de la petite couronne, désormais assimilée à des extensions de la capitale, avec des hausses de prix de proportions comparables, et des bonus pour certaines villes bien desservies, +15% pour les appartements à Saint-Denis, et même 20% d'augmentation à Montreuil. Mais ce sont les maisons en grande couronne qui semblent les plus recherchées, avec des prix qui dépassent même presque partout les records constatés en 2011. Certaines villes desservies par le RER ont fait des bonds, comme Sartrouville, dans les Yvelines, qui affiche plus de 20% de hausse sur un an.

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Pour autant, les notaires restent prudents. S'ils sont revenus à 95% de leur niveau d'activité d'avant-Covid,  ils disent craindre une reprise qui pourrait ne pas durer, sous l'influence de la crise économique et de la difficulté des ménages les plus fragiles à accéder au crédit. À l'inverse, les taux de ces crédits, toujours au plus bas, encouragent les acquisitions et n'incitent pas à l'attentisme. Surtout, comme le relèvent les notaires, "le confinement a montré l'importance d'être bien logé."

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