Crédit immobilier : taux, durée, apport personnel... les banques n'ont jamais prêté aussi facilement

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PROPRIÉTÉ - "L'accès aux crédits immobiliers n'a jamais été rendu aussi facile par les établissements bancaires", selon les résultats de l'Observatoire du Crédit Logement / CSA présenté ce mardi 16 avril. Taux d'intérêt et taux d'apport extrêmement bas, durée d'emprunt inédite... voici cinq chiffres qui vous aideront à savoir à quoi vous attendre.

Les taux d'intérêts des crédits immobiliers semblent vouloir solidement s'installer en dessous de 1,5%. Ce seuil franchi il y a plus d'un an, en janvier 2018, n'est en effet pas près d'être de nouveau dépassé, à en croire les résultats observés au cours du premier trimestre dans le cadre de l'Observatoire Crédit Logement / CSA  présenté ce mardi 16 avril. 

A noter que les moyennes calculées incluent les prêts immobiliers accordés non seulement pour l'achat d'un logement dans l'ancien ou dans le neuf mais aussi pour réaliser des travaux. Voici cinq chiffres qui se dégagent de cet Observatoire.

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Taux d'intérêt moyen à 1,42%

1,42% : c'est le taux d'intérêt moyen des crédits immobiliers sur l'ensemble des marchés et de toutes durées confondues souscrits au premier trimestre. Ces taux, déjà très bas depuis deux ans (plancher à 1,38% en décembre 2016 avant de faibles remontées), marquent une légère baisse depuis le début de l'année 2019 (1,45% en janvier, 1,44% en février, 1,39% en mars). Les toutes dernières données indiquaient même 1,36% au 11 avril. "Nous n'avions jamais vu cela. Les résultats de cet Observatoire sont époustoufflants. Il se dessine quelque chose de nouveau. Nous ne savons cependant pas encore s'il s'agit d'un épisode, d'une embellie ou d'une tendance longue", indique Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris Ouest.

En détails, pour le seul mois de mars, le taux s'affichait en moyenne à 1,15% sur 15 ans, 1,32% sur 20 ans et 1,55% sur 25 ans. Ces chiffres sont d'autant plus exceptionnels que "comme le rythme de l'inflation s'est redressé en 2018, les taux d'intérêt réels sont négatifs pour le 10e mois consécutif, une situation inédite depuis 1974", soulignent les auteurs de l'Observatoire. En mars toujours, ce taux s'établissait à 1,41% sur le marché de l'ancien, à 1,42% sur celui du neuf et à 1,33% sur celui des travaux. 

Durée d'emprunt de 19 ans et 1 mois

19 ans et 1 mois : c'est la durée moyenne des crédits immobiliers accordés au premier trimestre. Les prêts à l'accession dans le neuf courent en moyenne sur 20 ans et 8 mois et ceux dans l'ancien sur 20 ans et 4 mois. La durée moyenne, qui n'a jamais été aussi élevée, s'est accrue de 3 mois depuis début 2019. 

Concernant les seuls prêts bancaires à l'accession, la part des contrats sur 25 ans a atteint 41,9% en mars. Celle des contrats sur 20 ans et plus s'est établie pour sa part à 71,8%. Cet allongement a été rendu possible par la baisse des taux d'intérêt, ayant elle-même permis de compenser la hausse des prix de l'immobilier, note l'étude.

4 ans et 4 mois de revenus du ménage

4 ans et 4 mois : c'est le coût exprimé en années de revenus des opérations réalisées par les ménages au premier trimestre. Celui-ci s'est accru de 5% au premier trimestre 2019 par rapport au premier trimestre 2018 (4 ans et 1 mois), après avoir déjà progressé à un rythme soutenu depuis trois ans. Dans le marché du neuf, ce coût s'élève actuellement à 5 ans et 2 mois de revenus des ménages. Dans l'ancien, il s'établit à environ 4 ans et 10 mois.

Encore une fois, il s'agit des niveaux les plus élevés constatés jusqu'ici. Et pour cause, analysent les auteurs : "Les revenus des ménages qui réalisent ces opérations n'augmentent que doucement depuis le début d'année (+0,3% pour le premier trimestre 2019 par rapport au premier trimestre 2018), bien en deçà de la hausse du coût des opérations".

Taux d'apport de 14,4%

14,4% : c'est le taux moyen de l'apport personnel exigé par les établissements prêteurs au premier trimestre. Celui-ci n'a jamais été aussi bas depuis 1978, indique l'étude, affirmant ainsi que "l'accès aux crédits immobiliers n'a jamais été rendu aussi facile par les établissements bancaires".

En détails, pendant les trois premiers mois de l'année, le taux d'apport moyen a été de 14,6% dans le neuf et de 14,7% dans l'ancien.

Capacité d'achat en baisse dans 68% des grandes villes

68% : c'est le pourcentage de villes de plus de 100.000 habitants dans lesquelles le pouvoir d'achat immobilier s'est  malgré tout réduit dans le marché de l'ancien au premier trimestre 2019 par rapport au premier trimestre 2018. Tenant compte de la surface achetée, de la variation des prix et des conditions d'octroi des crédits, la surface achetable a diminué par exemple à Lyon (-1,2m²), Bordeaux (-1,6 m²), Strasbourg (-1,9 m²) ou Paris (-3,7 m²). 

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Pouvoir d'achat immobilier : les villes gagnantes, les villes perdantes

A l'inverse, la surface achetable s'est accrue à Tours (10,1 m²) Aix-en-Provence (+5,6 m²), Saint-Etienne (3,1 m²) ou Marseille (+1,7 m²) notamment.

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