Crédits immobiliers : vous voulez acheter ? Attention, les taux remontent

Crédits immobiliers : vous voulez acheter ? Attention, les taux remontent
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LOGEMENT - Les taux des prêts immobiliers ont légèrement augmenté en février, en raison des recommandations du Haut conseil de stabilité financière visant à resserrer le robinet du crédit, selon une analyse publiée ce jeudi par le courtier Vousfinancer. Des chiffres qui n'aident pas à éteindre la polémique sur les potentiels 100.000 ménages désormais exclus du crédit.

Le début d'année est compliqué pour certains emprunteurs. Le durcissement des règles d'octroi des crédits immobiliers voulu par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) - qui rassemble notamment le ministère de l'Économie et la Banque de France - est en effet en train de changer la donne pour certains profils, selon une analyse dévoilée ce jeudi 6 février par le réseau de courtiers Vousfinancer. Une remontée des taux d'intérêt se fait ainsi sentir dans les barèmes envoyés par les banques, prévient-il. En moyenne en hausse de 0,05 point par rapport au mois dernier, les taux s'établissent donc actuellement à 1,15% sur 15 ans, 1,35% sur 20 ans et 1,55% sur 25 ans.

Ces majorations s'appliquent en priorité à ceux qui empruntent sur les durées les plus longues. "On constate d’ores et déjà que les banques cherchent à limiter les prêts même sur 25 ans et qu’elles demandent de l’apport, notamment aux ménages aux revenus modestes. On voit se renforcer ce critère d’apport comme déterminant de l’accord ou non du prêt, ou du taux d’intérêt obtenu avec des écarts qui vont de 0,20 jusqu’à 0,55 point dans certaines banques", observe Sandrine Allonier, la porte-parole de Vousfinancer

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Exemple réel rencontré en agence et typique de ces nouveaux refus de financement : un couple (33 et 29 ans) avec 3 enfants, 1.550 euros de revenus pour l'un et 1.100 euros pour l'autre mais sans apport. Ce ménage, qui aurait eu accès à des offres dans au moins deux banques en 2019, n'a pas pu emprunter en ce début d'année alors qu'il aurait été endetté à 33% sur 25 ans [conformément aux recommandations des autorités financières françaises : NDLR]

D'une façon plus générale, "certaines banques ont d’ores et déjà fait passer des messages demandant de privilégier les prêts sur 20 ans (avec un objectif de 60 % de la production contre maximum 40 % pour les prêts sur 25 ans). D'autres ne veulent absolument plus dépasser les durées de 25 ans, même dans le cas d'une vente en l'état de futur achèvement (Vefa) [appartement neuf acheté sur plan, NDLR] ou de la construction d’une maison individuelle pour lesquelles elles pouvaient aller au-delà avec un différé de 2 ans (25 + 2 ans) pour tenir compte du délai de construction", rapporte encore le réseau.

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La Chronique éco : Crédit immobilier, 100.000 ménages exclus ?

Pour rappel, le HCSF avait recommandé mi-décembre aux banques d'appliquer des règles plus strictes pour accorder des crédits immobiliers consistant à limiter ceux d'une durée supérieure à 25 ans et de ne pas dépasser un taux d'endettement de 33%. Objectif : éviter une surchauffe du marché immobilier dans un contexte de taux extrêmement bas accompagnés d'un essor du crédit sans précédent. 

Des restrictions susceptibles de priver "100.000 ménages" modestes de prêts immobiliers, selon des déclarations formulées fin janvier par le responsable de l'Observatoire des crédits aux ménages. Ces chiffres, qui ont immédiatement affolé le monde du crédit, ont toutefois été jugés "sans fondement" par la Banque de France. Celle-ci assure que "l'accès au crédit immobilier sera maintenu, sans le moindre doute". 

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