Immobilier : le prix de vente monte-t-il si un logement est bien isolé ?

Immobilier : le prix de vente monte-t-il si un logement est bien isolé ?
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PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE - Dans la plupart des grandes villes, moins un logement consomme, plus il se vend cher, selon une étude publiée ce mercredi. Mais lorsque le marché de l'immobilier est tendu, le phénomène inverse peut se produire.

L'étiquette énergie peut largement influencer le prix. Techniquement appelé diagnostic de performance énergétique (DPE), ce classement qui figure sur les annonces immobilières, permet d'estimer la consommation d'un bien. Un logement classé A (consommant moins de 50 kWh par mètre carré par an) se vend en effet plus cher que son équivalent classé E (231 à 330 kWh/m²/an) dans 85% des villes de plus de 100.000 habitants, selon une étude publiée ce mercredi 30 septembre par le site d'annonces SeLoger.

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A Saint-Etienne, Perpignan ou Strasbourg, jouer la carte de la rénovation apporte un réel atout- Séverine Amate, porte-parole chez SeLoger

"Dans de nombreuses villes comme Saint-Etienne, Perpignan ou encore Strasbourg, jouer la carte de la rénovation apporte un réel atout. Sur Saint-Etienne par exemple, un appartement de 56 m² classé E revient en moyenne à 66.000 euros alors qu'un bien similaire avec un DPE A est valorisé à 111.000 euros, soit un delta de près de 45.000 euros pour absorber les coûts des travaux, hors éventuelles aides à la rénovation dont l'acheteur pourrait bénéficier", explique Séverine Amate, porte-parole chez SeLoger.

Autrement dit, à Saint-Etienne, un logement énergétiquement vertueux coûte en moyenne 68% plus cher qu’un logement plus gourmand en énergie (1.983 euros/m² en classe A contre 1.177 euros/m² en classe E). A Perpignan, on passe de 2.630 euros/m² à 1.652 euros/m². Ou encore à Strasbourg de 4.470 euros/m² à 2.851 euros/m². Finalement, dans presque deux-tiers des villes étudiées, les écarts de prix vont de 10% à 68%.

Lorsque le marché est tendu la performance énergétique passe au second plan

Dans un petit quart de ces communes, les écarts sont certes présents mais relativement réduits : par exemple 1,6% à Paris, 2,8% à Annecy ou encore 8,4% à Nantes. Dans ces villes, où le marché de l'immobilier est tendu (la demande est importante comparé à l'offre), la performance énergétique passe en effet au second plan, voire ne compte pas. Car même avec un mauvais DPE, l'annonce a de bonnes chances de trouver preneur rapidement et souvent au prix affiché.

A l'inverse, dans une poignée de villes, les biens classés E sont quand même moins chers que ceux classés A. C'est par exemple le cas de Rennes (-26,7%), Caen (-12%) ou Angers (-10,7%). "Aussi surprenante puisse-t-elle sembler, la différence de prix au profit des logements énergivores peut s'expliquer par le fait que les biens qui consomment le plus sont, bien souvent, ceux qui sont les plus mal isolés et dont le système de chauffage est le moins performant. Il s’agit  en effet de l’immobilier ancien, voire très ancien, généralement situé dans le cœur historique et c’est précisément dans l'hyper-centre que sont relevés les prix de vente les plus élevés" explique Séverine Amate.

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