Immobilier : "Nous anticipons une stabilité voire une baisse de prix dans les grandes villes"

Une carte de France scrutée à la loupe / Photo d'illustration
Immobilier

INTERVIEW - Les agents immobiliers commencent à constater, dans les dix plus grandes villes, une hausse de la demande et une baisse de l'offre. Si cette tendance se confirme, les prix pourraient arrêter leur course à la hausse voire baisser. Le président de la Fnaim nous explique ce qui pourrait éventuellement retourner le marché à l'avenir.

La reprise constatée depuis le 11 mai dans les agences immobilières va-t-elle se maintenir ? L'activité a certes redémarré sur les chapeaux de roues pour rattraper les transactions qui n'ont pas pu être réalisées pendant deux mois. Mais, déjà, dans les dix plus grandes villes de France, les choses semblent se calmer. 

Au point que 45% des agents anticipent même une baisse des prix, selon un sondage effectué au sein de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) en collaboration avec le Figaro et publié ce mardi 30 juin. Nous avons interrogé son président Jean-Marc Torrollion afin de connaître les raisons de cette baisse envisagée.

Lire aussi

LCI :  L'offre est-elle devenue supérieure à la demande dans les dix plus grandes villes de France ?

Jean-Marc Torrollion : Les professionnels sur le terrain estiment, pour 43% d'entre eux, que la demande de logement est en baisse dans les dix plus grandes villes alors qu'à l'échelle de la France entière ils sont encore 65% à penser que la demande est légèrement en hausse. Ils considèrent en revanche, pour 55% d'entre eux, que l'offre disponible est en hausse dans ces villes, alors qu'ils la voient encore légèrement en baisse dans les autres parties de la France. Le facteur de stabilité voire de baisse des prix est donc plus important dans ces grandes villes que dans le reste du territoire. Ainsi, 45% des confrères anticipent une baisse des prix dans les grandes villes alors qu'ils ne sont que 31% à la pressentir sur l'ensemble de la France.

Certains acheteurs potentiels sont dans une position attentiste, d'autres sont freinés par la difficulté d'accès au crédit - Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim

S'agit-il d'une volonté de s'éloigner des centres-villes pour partir au vert ?

Il est un peu tôt pour le constater sur le terrain. Toutefois, un autre sondage mené cette fois auprès des consommateurs, 18% d'entre eux ont exprimé une volonté de changer de logement directement liée à la période de confinement. La part monte à 27% lorsque l'on regarde uniquement l'agglomération parisienne. Pour les deux-tiers d'entre eux, il s'agirait alors d'acquérir une maison et pour un tiers un appartement. Mais quand on demande une échéance, ils sont en réalité peu nombreux à répondre vouloir le faire dès 2020. Prévoir un mouvement des grandes villes vers la campagne semble donc encore prématuré.

Toute l'info sur

Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

"On s’attend à un raz- de-marée" : comment Pôle emploi peut faire face à la vague de chômeurs ?

Quels éléments pourraient confirmer la tendance à la baisse pressentie par les professionnels ? 

L'évolution va dépendre du chômage et de la situation économique globale. Quatre Français sur dix ont en effet affirmé avoir reporté leur projet d'achat prévu en 2020 et, pour une grande partie d'entre eux, en attendant d'être confortés dans leur situation personnelle, en termes d'emploi et de revenus. Certains sont dans une position attentiste par rapport au marché. D'autres sont freinés par la difficulté d'accès au crédit voulue par le Haut conseil de sécurité financière [NDLR : taux d'endettement maximum de 33% sur une durée maximum de 25 ans]. Les courtiers constatent d'ailleurs une chute du nombre de dossiers acceptés et un temps de réponse bancaire rallongé. Ces directives des autorités financières appliquées à la lettre ne sont évidemment pas sans conséquence sur la demande immobilière. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent