Immobilier : où habitent les 58% de propriétaires que compte la France ?

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LOGEMENT - Le taux de Français possédant leur domicile stagne à 58% depuis 10 ans. Cette moyenne cache de fortes disparités selon les communes, d'après une enquête dévoilée ce mardi par l'association de propriétaires Unpi et le courtier Vousfinancer.

La France, pays de propriétaires ? Tout dépend de la ville. Si, à l'échelle du pays, 58% des ménages sont propriétaires de leur résidence principale, cette moyenne cache en réalité de grandes disparités d'une localité à l'autre. Ce taux passe ainsi de 41% en moyenne dans les communes de plus de 10.000 foyers à 78% dans celles en comptant moins de 1.000, selon une étude réalisée par le cabinet CM Analytics et présentée ce mardi 16 juillet conjointement par l'Union nationale des propriétaires immobiliers (Unpi) et le réseau de courtiers Voufinancer.


Les auteurs de l'enquête établissent en effet une corrélation entre le taux de propriétaires et la tension du marché immobilier local, c'est-à-dire le rapport de force entre le nombre d'acheteurs et de vendeurs. Ainsi, en zone A (agglomération de Paris, Côte d'Azur, partie française de l'agglomération genevoise), où l'offre est considérée comme très insuffisante, le taux n'est en moyenne que de 46%. En zone B1 (grandes métropoles régionales et grande couronne parisienne), il atteint 50%. En zone B2 (villes périurbaines), il monte à 57%. Et en zone C (campagne), il culmine à 72%.

Les multiples freins à la propriété

Le prix du mètre carré joue, bien sûr, sur la capacité des ménages à acheter leur résidence. Mais cette logique a ses limites lorsqu'on se concentre sur les 50 communes les plus peuplées : dans l'intégralité d'entre elles, moins de la moitié des ménages est propriétaire alors que les prix y varient du simple au quintuple. D'autres facteurs comme la proportion de maisons individuelles, l'âge de la population, l'importance des familles, le niveau de revenu et la présence d'une population étudiante jouent en effet également un rôle.  


Prenons comme exemples Paris (33%) et Saint-Denis (23%), deux villes où le taux de propriétaires est particulièrement faible. Ces taux s'expliquent de manières tout à fait différentes. Pour la capitale, le principal frein est bel est bien le prix au mètre carré (9.700 euros au 1er juillet, selon MeilleursAgents). Pour sa commune limitrophe, où les prix sont trois fois moins élevés (3.800 euros pour les appartements, 2.900 euros pour les maisons), la faiblesse des revenus (14.340 euros de revenu disponible par unité de consommation) et le poids du parc HLM (40% des ménages y habitent) sont notamment invoqués. 


Un autre exemple, incarné par Angers, répond à une tout autre mécanique : son faible taux de propriétaires (32%) s'explique surtout par le poids de la population étudiante (48%) et non par la tension immobilière ni par les prix (2.000 euros pour les appartements, 2.200 euros pour les maisons), tous deux modérés. 

La Bretagne enregistre le plus fort taux de propriétaires

Les disparités sont également fortes à l'échelle des régions, comme le montre la carte (ci-dessous) issue de cette enquête. Dans le trio de tête, la Bretagne (66,3%), le Pays de la Loire (64,3%) et le Centre-Val de Loire (64%) comptent sur leurs terres près de deux tiers de propriétaires. A l'autre extrémité, il y a quasiment autant de ménages possédant leur domicile que de ménages le louant en Île-de-France (47,3%), Provence-Alpes-Côte d'Azur (54,4%) et Corse (54,4%).

Les auteurs de l'étude rappellent également que le taux de propriétaires stagne depuis 10 ans au niveau national, après avoir pourtant progressé au cours des 50 dernières années (43% en 1968). Afin de soutenir l'accession à la propriété des classes moyennes, ils préconisent le maintien du Prêt à taux zéro pour acheter dans le neuf en zone B2 alors que les pouvoirs publics ont prévu de l'exclure à partir de 2020. Cette zone comporte plusieurs grandes villes comme Angers, Brest ou Saint-Etienne.  

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