SONDAGE LOGIC-IMMO/LCI : comment les réformes fiscales influencent-elles les futurs acheteurs ?

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Impôts et prélèvement à la source : le grand basculement

EXCLUSIF - Quels sont, pour les acquéreurs potentiels d'un bien immobilier, les effets du prélèvement à la source et de la fin progressive de la taxe d'habitation ? Selon des données exclusives dévoilées par LCI à l'occasion de la présentation ce mercredi du 27e Observatoire du moral immobilier Logic-Immo, cette nouvelle fiscalité aura finalement un impact modéré. Explications.

Il est déjà loin, pour les futurs acheteurs immobiliers, le temps des couacs de communication et des craintes de bug massif. Selon une étude* Logic-Immo dévoilée ce mercredi par LCI à l'occasion de la publication de la 27e vague de son Observatoire du moral immobilier, les grandes réformes fiscales mises en oeuvre sous la présidence d'Emmanuel Macron ne perturbent en effet pas réellement les candidats à l'achat. 

"D'après leur propre ressenti, le prélèvement à la source, tout comme la fin progressive de la taxe d'habitation, n'ont pas un fort impact sur les projets d'achat en cours. Plus globalement, la fiscalité a un impact modéré sur la psychologie de l'achat immobilier car elle ne se substitue, en aucun cas, à l'urgence d'achat", explique Mathilde Voegtlé, responsable des études chez Logic-Immo.

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66% estiment que le prélèvement à la source n'aura pas d'impact sur leur projet immobilier

Selon cette étude exclusive, 66% des candidats à l'achat estiment ainsi que la mise en place du prélèvement à la source  de l'impôt sur le revenu n'est donc pas susceptible d'impacter leur projet immobilier. Il faut dire qu'une fois passée la peur de l'inconnu, les réserves concernant cette réforme ont été largement levées à l'épreuve des faits. Au point que, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé fin mars pour France Info et Le Figaro, 63% des Français la qualifient de "succès" et 81% déclarent que "cela s'est bien passé dans leur foyer".

Malgré tout, les courtiers, à l'instar de ceux du réseau Vousfinancer, ont cependant dû faire face à "un début d'année compliqué avec une baisse du nombre de crédits de 30% en janvier 2019 par rapport à janvier 2018, avant une stabilisation en mars", détaille à LCI sa porte-parole Sandrine Allonier. La faute à qui ? Difficile à ses yeux d'isoler des causes : les "annonces contradictoires du gouvernement" qui a hésité jusqu'au dernier moment à reporter la mise en place du prélèvement à la source, ne sauraient occulter "le contexte lié au mouvement social des Gilets jaunes".

Même si cela est difficilement quantifiable, il est donc probable que ces incertitudes aient conduit les futurs acquéreurs à "décaler leur projet", estime pour sa part Cécile Roquelaure, directrice des études d'Empruntis, également jointe par LCI.  Mais dans ces tout premiers mois de l'année, ceux qui étaient inquiets que leur capacité d'emprunt soit grignotée par ce nouveau mode de collecte de l'impôt ont finalement constaté que leurs craintes n'avaient pas de fondement réel : "Les banques prennent toujours en compte le net avant impôt", explicite-t-elle. A noter cependant que selon notre étude, une petite minorité (16%) des candidats à l'achat considère néanmoins que la mise en place du prélèvement à la source est défavorable à un projet immobilier.

Un contexte fiscal flou compensé par les taux de crédit au plus bas

Les futurs acquéreurs ont également été interrogés, dans le cadre de cette étude Logic-Immo pour LCI, sur les conséquences éventuelles de la fin progressive de la taxe d'habitation. Une courte majorité d'entre eux (56%) pense que cette réforme fiscale n'aura pas d'impact sur leur projet immobilier, bien qu'une part non négligeable (29%) estime qu'elle leur sera favorable. À terme, cette suppression représentera en effet un gain moyen de 783 euros par an (montant moyen de cet impôt local pour les foyers qui le payaient avant la première vague de suppression, selon les calculs de l'Observatoire français des conjonctures économiques). 

Pour autant, le poids des impôts locaux est-il un sujet pour les acheteurs au moment de monter leur dossier ? Pas tant que cela, à en croire la directrice des études d'Empruntis : "Les primo-accédants, en tout cas, ont rarement en tête la question du montant des taxes d'habitation ou foncière (pas plus que celle des charges de copropriétés). Ces aspects du projet immobilier sont rarement un frein à l'acquisition. En revanche, pour les investisseurs, les différentes réformes fiscales, à commencer par celle de l'Impôt sur la fortune immobilière, suscitent de l'inquiétude".

"Ce contexte fiscal flou est de toute façon compensé par un niveau bas des taux d'intérêt des crédits immobilier", observe de son côté la porte-parole de Vousfinancer. Dans ce réseau, par exemple, les taux moyens sont actuellement à 1,50 % sur 20 ans avec des taux planchers à 0,85 % pour les meilleurs profils. En effet, non contents d'afficher des barèmes extrêmement concurrentiels, les banquiers cèdent actuellement à des "négociations incroyables", signale pour sa part Meilleurtaux.com, dans son Observatoire présenté mi-mars.

*Enquête réalisée par Logic-Immo pour LCI auprès de 5.291 particuliers ayant l'intention d'acheter un bien immobilier dans les douze prochains mois et interrogés du 31 janvier au 15 février 2019.

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