"Une précaution pour le futur" : ils ont réalisé un investissement locatif en pensant à leur retraite incertaine

"Une précaution pour le futur" :  ils ont réalisé un investissement locatif en pensant à leur retraite incertaine
Immobilier

TÉMOIGNAGES - Qu'ils soient poussés par leur prudence ou l'envie d'entreprendre, la majorité des investisseurs locatifs sont motivés par un sentiment d'insécurité financière quant à la retraite. Après avoir acheté en province ou à Paris, Rita, Thomas, Dominique et Jonathan nous expliquent les raisons de leur choix.

Face à l'incertitude qui plane au dessus du système des retraites, ils ont préféré prendre les devants. Rita*, 43 ans et mère de deux jeunes enfants, a misé il y a huit ans déjà sur un investissement locatif. "C'était surtout une volonté de mon compagnon, en vue principalement de la retraite", confie à LCI cette locataire d'un 80 m² à Paris. "Nous avons choisi d'acheter un deux-pièces et de le mettre en location dans le but de le garder et de nous assurer un revenu supplémentaire pour plus tard. Nous n'aurions de toute façon pas les moyens d'acheter l'appartement dans lequel nous vivons actuellement". 

Comme elle, 66% des porteurs de projet d'investissement locatif ont un sentiment d'insécurité financière lié à la retraite. Et pour 33%, financer cette période de leur vie est même le premier but invoqué pour se lancer dans un tel achat. C'est en tout cas ce qui ressort d'un sondage publié ce mercredi 11 décembre et réalisé par le courtier Empruntis auprès d'un échantillon de personnes ayant demandé un financement entre janvier 2018 et octobre 2019.

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Constituer quelque chose par moi-même et être plus détendu quant à la fin de vie "- Dominique, 56 ans, investisseur locatif en Gironde

"On sait qu'on perdra au moins 30% de notre salaire une fois à la retraite", affirme Thomas, 28 ans, et sur le point de réaliser son deuxième investissement locatif en province. Entre le rendement de l'assurance vie en chute libre (1,8% pour les fonds en euros en moyenne en 2018 et sans doute moins de 1,5% en 2019) et l'aversion des Français pour les risques des placements boursiers, l'immobilier semble avoir la préférence de ceux qui souhaitent assurer leurs arrières. D'autant que les taux d'intérêt des crédits immobiliers n'ont quant à eux jamais été aussi bas : ils sont tombés en moyenne  à 1,2% (toutes durées confondues) en octobre, selon le dernier Observatoire Crédit Logement / CSA, qui fait référence dans le domaine. 

Mais si s'assurer un train de vie pour les vieux jours reste une préoccupation, cette raison cependant rester secondaire. Pour Dominique, Bordelais de 56 ans, la première motivation consistait par exemple à créer un patrimoine : "Je voulais constituer quelque chose par moi-même et être plus détendu quant à la fin de vie. Parce que déjà à l'époque [ndlr : en 2010 lors de son premier investissement], je ne me posais pas la question de ce que le système de retraites allait me rapporter concrètement. Cela ne me parlait pas". 

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Dans son cas, c'est un changement de vie qui a provoqué un premier investissement locatif lorsqu'il avait 47 ans. "Je venais d'être licencié et de divorcer. Ayant toujours eu envie de m'intéresser à l'immobilier, j'ai profité de la période de chômage et de l'apport issu de la vente de la maison pour me lancer à fond", explique ce cadre ayant entre temps retrouvé un poste. 

Ce Girondin, dont l'âge de départ à la retraite devrait passer de 63 à 64 ans avec la réforme, a alors acquis aux enchères dans son département successivement deux lots de trois maisons dont la construction n'était pas achevée. Cet investissement lui procure ainsi "50.000 euros de revenus locatifs par an avec une rentabilité [ndlr : loyer annuel ramené au prix d'achat] de 12% à 15%". 

Je m'attends à au moins une ou deux réformes d'ici à ce que je prenne ma retraite- Thomas, 28 ans, investisseur locatif à Troyes

Comme Dominique, Thomas, installé à Paris depuis le début de sa vie active, est lui aussi bien parti pour multiplier les investissements locatifs. Le jeune homme a acquis il y a quatre ans un appartement de 50 m² à Troyes (Aube), d'où il est originaire. Il s'apprête désormais à signer un acte de vente en janvier pour un projet équivalent. Pour l'heure, son premier bien, dont il a entièrement confié la gestion à une agence, lui apporte 300 euros par mois. 

Un complément de revenu sans lequel il aurait difficilement eu les moyens de louer un studio dans la capitale à son arrivée lorsqu'il gagnait 1.500 euros par mois. "C'est dans ma nature de prendre cette précaution, non seulement pour m'assurer pour le moment un train de vie confortable mais aussi pour le futur. Car, outre le manque de lisibilité ces derniers mois sur le prochain système de retraites, je m'attends à au moins une ou deux réformes d'ici à ce que je la prenne", explique-t-il. 

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Si je veux avoir une retraite, il faut que j'assure mes arrières"- Jonathan, 34 ans, investisseur locatif à Montreuil

Poursuivant une démarche tout aussi rationnelle, Jonathan, contrôleur de gestion de 34 ans, dispose quant à lui d'une capacité d'emprunt plus importante. Il vient d'acheter sur plan à Montreuil, en petite couronne parisienne, à deux pas d'une future bouche de métro. Première raison invoquée par cet investisseur éclairé, qui dispose déjà d'une assurance vie particulièrement rentable rapportant 3,5% à 4% par an : "Diversifier mes placements tout en bénéficiant d'une défiscalisation via la loi Pinel", ce dispositif qui permet de d'obtenir une réduction d'impôt sur le revenu de 12% à 21% à condition de s'engager à louer à un loyer plafonné pendant 6 à 12 ans. 

Mais derrière cet objectif de défiscalisation poursuivi par seulement 32% des investisseurs locatifs, selon Empruntis, ce Parisien reconnaît, lui aussi, également penser à la retraite : "Je pense que, demain, si je veux en avoir une, il faut que j'assure mes arrières". 

*Le prénom a été changé

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